+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

Visite notre site internet : http://devenirpretre.org/

Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome II-Partie-4-Chapitre 7
L'âge spirituel des parfaits, leur union à Dieu

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
Tome II-Partie-4-Chapitre 7
L'âge spirituel des parfaits, leur union à Dieu

Après la douloureuse purification passive dont nous venons de parler, il y a comme une résurrection de l'âme et comme une vie nouvelle, c'est ce qu'éprouvèrent les Apôtres lorsque, après avoir été privés de la présence de l'humanité de Jésus le jour de l'Ascension, ils furent à la Pentecôte transformés, éclairés et fortifiés par le Saint- Esprit, confirmés en grâce, pour prêcher l'Évangile jusqu'aux extrémités du monde connu des anciens et sceller leur prédication de leur sang.

Nous voudrions ici noter les principaux caractères de l'âge des parfaits en tant qu'il se distingue de celui des commençants et de celui des progressants.

Il convient de noter surtout ce qui caractérise leur connaissance de Dieu et d'eux-mêmes et aussi leur amour de charité.

Connaissance aussi expérimentale  et presque continuelle de Dieu

Après la purification passive de l'esprit, qui est comme une troisième conversion et transformation, les parfaits connaissent Dieu d'une façon aussi expérimentale, non pas transitoire, mais presque continuelle. Non seulement pendant les heures de la messe, de l'office divin ou de l'oraison, mais, au milieu des occupations extérieures, leur àme reste tournée vers Dieu; ils ne perdent pour ainsi dire pas sa présence et gardent l'union actuelle avec lui.

La chose est assez facile à comprendre par opposition à l'état d'âme de l'égoïste. Celui-ci pense constamment à lui-même, et, sans y prendre garde, ramène tout â soi; il s'entretient continuellement avec lui-même de ses convoitises, de ses tristesses, ou de ses joies superficielles; sa conversation intime avec lui-même ne cesse pour ainsi dire pas, mais elle est vaine, stérile et stérilisante pour 'tous. Au contraire, le parfait, au lieu de penser continuellement à soi, pense constamment à Dieu, à sa gloire, au salut des âmes et v fait comme d'instinct tout converger. Sa conversation intime n'est plus avec lui-même, mais avec Dieu, et les paroles de l'Évangile lui reviennent très souvent à l'esprit pour éclairer d'en haut les moindres faits agréables ou pénibles de la vie quotidienne. Son âme chante la gloire de Dieu, et d'elle rayonnent la lumière et la chaleur spirituelles, qui constamment viennent d'en haut.

La raison en est que le parfait ne contemple plus seulement Dieu, comme le commençant, dans le miroir des choses sensibles ou des paraboles évangéliques, auxquelles on ne saurait penser constamment. Il ne le contemple plus seulement, comme le progressant, dans le miroir des mystères de la vie du Christ, ce qui ne peut durer tout le long du jour; mais dans la pénombre de la foi, il contemple la bonté divine elle-même, un peu comme nous voyons constamment la lumière diffuse qui nous entoure et qui éclaire d'en haut toutes choses.

C'est, selon les expressions de Denys le Mystique, conservées par saint Thomas (1), le mouvement de la contemplation circulaire, au-dessus du mouvement droit et de celui en spirale. Le mouvement droit, comme le vol de l'alouette, s'élève d'un fait sensible rappelé dans une parabole à une perfection divine, de la vue de l'enfant prodigue à l'infinie miséricorde. Le mouvement en spirale s'élève, par exemple, des mystères de l'enfance de Jésus à ceux de sa Passion, à ceux de sa gloire, et finale­ment à l'Amour infini de Dieu pour nous. Le mouvement dit circulaire est semblable au vol de l'aigle, qui, après s'être élevé très haut, aime à décrire plusieurs fois le même cercle, puis à planer comme immobile dans la lumière du soleil en scrutant les profondeurs de l'horizon.

Il s'agit ici d'une connaissance de la bonté rayonnante de Dieu ; on voit maintenant d'une façon quasi expérimentale que Dieu a tout fait, dans l'ordre de la nature et dans celui de la grâce, pour manifester sa bonté, et que s'il permet le mal, comme une dissonance, c'est pour un bien supérieur, parfois entrevu et qui apparaîtra au dernier jour.

Cette contemplation, à raison même de sa simplicité supérieure, peut être pour ainsi dire continuelle, et, loin d'empêcher de voir la suite des événements, elle les voit d'en haut, un peu à la manière même de Dieu, comme l'homme placé sur une montagne voit ce qui se passe dans la plaine. C'est comme le prélude ou l'aurore de la vision de la patrie, bien que l'âme soit encore dans l'obscurité de la foi.

Cette vue surnaturelle très simple, dès ici-bas, était constante en Marie, à un degré moindre en saint Joseph; elle permettait aussi aux Apôtres, après la Pentecôte, de voir dans la lumière divine ce qu'ils avaient à faire pour la prédication de l'Évangile et la constitution des premières Églises.

Ce regard spirituel d'ensemble se remarque chez tous

les saints; loin d'exclure les détails significatifs, il en perçoit admirablement le sens profond; avec cela il écarte les imperfections qui proviennent de l'empressement naturel, de la recherche inconsciente de soi, du manque de recueillement habituel.

Il suit de là que les parié:ils se connaissent eux-mêmes, non plus seulement en eux-mêmes, mais en Dieu, leur principe et leur fin. En lui ils voient leur indigence, l'in­finie distance qui les sépare du Créateur, ils se sentent pour ainsi dire conservés dans l'être par son Amour souverainement libre; ils expérimentent constamment quel besoin ils ont de sa grâce pour le moindre acte salutaire; ils ne se découragent pas de leurs fautes, mais en tirent une humilité plus vraie ; lorsqu'ils s'examinent, c'est en pensant à ce qui est inscrit de leur existence au livre de vie. Ils se considèrent sincèrement comme des serviteurs inutiles, qui par eux-mêmes ne peuvent rien, mais dont le Seigneur daigne se servir pour faire de grandes choses, celles qui préparent la vie de l'éternité.

S'ils voient les fautes du prochain, ils pensent qu'il n'est pas de péché commis par un autre homme qu'ils ne soient capables de commettre eux-mêmes s'ils avaient la même hérédité et s'ils étaient placés dans les mêmes circonstances, devant les mêmes tentations.

S'ils voient les grandes vertus d'autres âmes, ils s'en réjouissent pour le Seigneur et pour ces âmes, en se rappelant que, dans le Corps mystique du Christ, nul ne grandit sans que tous les autres membres en profitent.

Cette contemplation infuse procède d'une foi vive, éclairée par le don de sagesse, (lui, sous l'inspiration spéciale du Saint-Esprit, montre que rien n'arrive sans que Dieu le veuille, si c'est un bien, ou sans que Dieu le permette, si c'est un mal, condition d'un bien supérieur. Cette vue éminente, à raison de sa simplicité et de son universalité, peut être presque continuelle, parce que les faits quotidiens viennent s'y ranger, comme les leçons de choses du bon Dieu, et comme l'application de l'Évangile à la vie de chacun. C'est l'Évangile continué qui s'écrit dans les âmes jusqu'à la fin des temps.

Alors le chrétien, dans sa connaissance des perfections divines et des vertus à pratiquer, est passé du concept confus, non seulement au concept distinct des théologiens, mais au concept vécu, riche de toute l'expérience de la vie, et qui revient au concret en l'éclairant d'en haut pour le bien des âmes. On parvient alors au concept vécu de l'infinie bonté, à celui de la simplicité parfaite, comme à celui de l'humilité vraie, qui porte à aimer d'être rien pour que Dieu soit tout.

Aimer Dieu de tout son esprit

Le parfait arrive par suite à l'intimité profonde avec le Seigneur, vers laquelle tend la charité ou amitié divine. C'est vraiment la bienveillance réciproque avec ce convivere, cette vie à deux, qui est une communion spirituelle prolongée.

Comme l'égoïste, pensant toujours à soi, s'aime mal lui-même à propos de tout, le parfait, pensant presque toujours à Dieu, l'aime constamment, non plus seulement en fuyant le péché, ou en imitant les vertus de Notre- Seigneur, mais tt en adhérant à Lui, en jouissant de Lui; et, comme le dit saint Paul, il désire mourir pour être avec le Christ (2) ». Cette adhésion à Dieu est un acte direct, simple, transforme notre vouloir foncier, et qui est au principe des actes discursifs et réfléchis. Cette adhésion à Dieu aimé, par-dessus tout, non seulement comme un autre nous-même, mais plus que nous,, contient la solution du problème de l'amour pur de Dieu concilié avec un légitime amour de soi, car vraiment le parfait s'aime en Dieu en l'aimant plus que soi, et il désire le ciel moins pour son bonheur personnel que pour glorifier éternel­lement la bonté divine, source de tout bien créé. Il tend plus vers Dieu même que vers la joie qui lui viendra de Dieu (3).

C'est le pur amour de Dieu et des âmes en Dieu, c'est le zèle apostolique, plus ardent que jamais, mais humble, patient et doux.

On saisit ici le,. sens profond de la gradation contenue dans l'énoncé du précepte de l'amour selon le Deutéronome (vt, 5) et selon saint Luc (x, 27) : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit. » Déjà le commençant aime Dieu de tout son coeur en recevant parfois des consolations sensibles dans la prière; il l'aime ensuite sans consolation de toute son âme, en mettant toutes ses activités à son service; plus tard le chrétien avancé aime Dieu de toutes ses forces, en particulier dans les épreuves de la nuit de l'esprit; enfin, au sortir de ces épreuves, il l'aime de tout son esprit. Le parfait ne s'élève plus seulement de loin en loin à cette région supérieure de l'âme, il y est établi; il est spiritualisé et surnaturalisé; il est devenu vraiment « un adorateur en esprit et en vérité ».

Par suite, ces âmes gardent presque toujours la paix au milieu mène des circonstances les plus pénibles et les plus imprévues et la communiquent assez souvent aux plus troublés. C'est ce qui fait dire à saint Augustin que la béatitude des pacifiques correspond au don de sagesse, qui, avec la charité, domine définitivement chez les parfaits. Leur exemplaire éminent, après la sainte âme du Christ, est la bienheureuse Vierge Marie.

On voit ainsi ce qui caractérise l'âge spirituel des parfaits : une conversation intime presque continuelle avec Dieu, aimé purement par-dessus tout, avec le vif désir de le faire connaître et de le faire aimer.

L' habitation de la Sainte Trinité dans l'âme purifiée

On voit dès lors ce qu'est l'habitation de la Sainte Trinité dans l'âme parfaite. Au ciel, les trois Personnes divines habitent en l'âme béatifiée comme en un temple, où elles sont clairement connues et aimées; la Sainte Trinité est vue à découvert au plus intime de l'âme béatifiée qu'elle conserve dans l'existence et dans la grâce consommée et inamissible. Chaque bienheureux est ainsi comme un tabernacle vivant, comme une hostie consacrée, douée de connaissance surnaturelle et d'amour.

Le prélude normal de cette vie du ciel est réalisé ici- bas dans l'âme parfaite arrivée à l'union transformante, que nous décrirons plus loin avec saint Jean de la Croix. Nous voulons seulement noter ici que celle union très intime n'est pas de soi extraordinaire, bien qu'elle soit rare; mais qu'elle est la suite du mystère de l'habitation de la Sainte Trinité en toute âme juste (4).

La vie de la grâce, qui est le germe de la gloire, est la même en son fond que la vie du ciel. Et si, au ciel, la Sainte Trinité est présente en l'âme du bienheureux, où elle est vue sans aucun voile, elle doit déjà habiter dans le juste ici-bas en l'obscurité de la foi, et cette divine présence est d'autant mieux connue expérimentalement que Pâme est plus purifiée.

Comme l'âme est présente à elle-même et se connaît expérimentalement en tant que principe de ses actes, ainsi il lui est donné de connaître Dieu comme Le principe d'actes surnaturels qu'elle ne saurait produire sans son inspiration spéciale.

Et plus l'âme est pure, plus elle distingue en soi ce qui vient d'elle avec le concours général de Dieu et ce qui ne peut venir que de l'inspiration du Saint-Esprit. Jésus a dit : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole; et mon Père l'aimera, et nous viendrons en lui, et nous ferons en lui notre demeure » (Jean, xiv, 23). « Le consolateur, que mon Père vous enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera ce que je vous ai dit (Ibid., 26). Saint Jean dit aussi à ses disciples : « L'onction du Saint-Esprit vous enseigne sur toutes choses » (I Jean, n, 27). Et saint Paul écrit aux Romains (viii, 14): « Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. En effet, vous n'avez point reçu un Esprit de servitude pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, en qui nous crions : Abba! Père t Cet esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Saint Thomas, en commentant ces paroles, dit que le Saint- Esprit nous rend ce témoignage par l'affection toute filiale qu'il nous inspire pour lui. Il se fait ainsi parfois sentir comme l'âme de notre âme et ta vie de notre vie.

C'est surtout par le don de sagesse que nous avons la connaissance quasi expérimentale de cette divine présence. Ce don, comme l'explique saint Thomas (5), nous fait en effet juger des choses divines par une certaine connaturalilé avec ces choses, par une sorte de sympathie surnaturelle, fondée sur la charité, et par l'inspiration du Saint-Esprit, qui se sert de cette sympathie suscitée par lui pour se faire sentir à nous. Nous goûtons ainsi les mystères du salut et la présence de Dieu en nous un peu comme lorsque les disciples d'Emmaüs se dirent : « Est-ce que notre coeur ne brûlait pas en nous, lorsque le Maître nous parlait sur le chemin ? »(Euc, xxiv, 32). C'est là une connaissance quasi expérimentale, supérieure au raisonnement, analogue à celle que l'âme a d'elle-même comme principe de ses actes Dieu, auteur de la grâce et du salut, est plus intime à nous que nous-mêmes, et il nous inspire les actes les plus profonds auxquels de nous-mêmes nous ne saurions nous porter ; c'est ainsi qu'il se fait en quelque sorte sentir à nous comme le principe de notre vie intérieure (6).

Cette connaissance est dite quasi expérimentale pour deux raisons :
1° parce qu'elle n'atteint pas Dieu de façon absolument immédiate, comme il arrive dans la vision béatifique, mais dans l'acte d'amour filial qu'il produit en nous, et
2° parce que nous ne pouvons discerner avec une absolue certitude ces actes surnaturels d'amour des élans naturels du coeur qui leur ressemblent. Aussi ne pouvons-nous avoir sans révélation spéciale ou une faveur équivalente la certitude absolue d'être en état de grâce.

L'habitation de la Sainte Trinité est permanente tant que dure l'union habituelle avec Dieu, du fait de l'état de grâce ; c'est ainsi qu'elle dure pendant notre sommeil. Mais cette union habituelle est manifestement ordonnée à l'union actuelle dont nous venons de parler, et même à la plus intime, à l'union transformante, prélude de celle du ciel.

On voit dès lors que dans l'âme purifiée apparaît de plus en plus l'image surnaturelle de Dieu (7). Déjà, par sa nature, l'âme est à l'image de Dieu, en tant que substance spirituelle, capable de connaissance intellectuelle et d'amour. Par la grâce habituelle, principe des vertus théologales, l'âme est capable de connaissance et d'amour surnaturels de Dieu. Plus la grâce habituelle et la charité grandissent, plus elles nous séparent de ce qui est inférieur et nous unissent à Dieu. Finalement, au ciel, la grâce consommée nous permettra de voir immédiatement Dieu comme il se voit et de l'aimer comme il s'aime. Alors l'image surnaturelle de Dieu en nous sera achevée ; la charité inamissible nous assimilera au Saint-Esprit, amour personnel, la vision béatifique nous assimilera au Verbe, qui, étant la splendeur du Père, nous rendra sem­blable à Lui. On peut juger ainsi de ce que doit être dès ici-bas l'union parfaite, qui est la disposition immédiate à recevoir la vision béatifique, sitôt après la mort, sans avoir à passer par le purgatoire. C'est le secret de la vie des saints (8).

Les signes de l'habitation de la Sainte Trinité dans l'âme purifiée

Ces signes sont longuement exposés par saint Thomas dans le Contra Gentes, l. IV, ch. xxi et xxn, et plus brièvement dans sa Somme Théologique, I• q. 112, a . 5, là où it se demande si l'homme peut savoir s'il est en état de grâce. Sans en avoir une certitude absolue, il en a des indices qui lui permettent, par exemple, de s'approcher de la sainte Table sans crainte de faire une communion sacrilège.

Ces signes peuvent être exposés selon cette gradation ascendante, où se trouvent notés les principaux.

Le premier signe est le témoignage d'une bonne conscience, en ce sens que nous n'avons conscience d'aucun péché mortel. C'est le signe fondamental, supposé par les suivants qui le confirment.

Un second est la joie d'entendre prêcher la parole de Dieu, non seulement pour l'écouter, mais pour la mettre en pratique. Cela se remarque en plusieurs pays où se conserve, avec une vie simple, une grande foi chrétienne qui porte les fidèles à écouter volontiers leur pasteur lors­qu'il explique les grandes vérités de l'Évangile.

Un troisième signe, qui confirme les précédents, est le goût de la divine sagesse, qui porte à lire soi-même l'Évangile, à y chercher l'esprit sous la lettre, à s'en nourrir, même lorsqu'il s'agit du mystère de la croix et de la croix que nous devons porter tous les jours.

Un quatrième signe est l'inclination qui nous porte à la conversation intime avec Dieu, et à la reprendre constamment dès qu'elle a été interrompue. Tout homme, on ne saurait trop le redire, a une conversation intime avec lui-même, et parfois dans un sens qui n'est point bon ; la vraie vie intérieure commence, avons-nous souvent remarqué, lorsque cette conversation intime n'est plus seulement avec nous-mêmes, mais avec Dieu. Saint Thomas dit (9) : « L'amitié porte l'homme à vouloir converser avec son ami. La conversation de l'homme avec Dieu se fait par la contemplation de Dieu, selon ces paroles de saint Paul (Phil., iv, 20) : Pour nous, notre cité est dans les cieux. Et comme le Saint-Esprit nous donne l'amour de Dieu , il nous porte aussi à le contempler. C'est pourquoi l'Apôtre dit aussi (II Cor., in, 18) : Pour nous tous, le visage découvert, réfléchissant comme dans un miroit la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de plus en plus resplendissante, comme par l'Esprit du Seigneur. ).

C'est un des textes de saint Thomas qui montre le mieux que pour lui la contemplation infuse des mystères de la foi n'est pas quelque chose d'extraordinaire, mais quelque chose d'éminent dans la voie normale de la sainteté.

Le saint Docteur dit, au chapitre précédent (10), que cette conversation intime avec Dieu est comme la révélation des pensées les plus secrètes, en ce sens que nous n'avons rien de caché pour le Seigneur et que lui-même nous rappelle ce qui dans l'Évangile doit éclairer tout ce que nous avons à faire à chaque minute. C'est là, dit saint Thomas (ibid.), un effet de l'amitié, « car elle réunit en quelque sorte deux coeurs en un seul, et ce que nous révélons à un véritable ami ne paraît pas être dit au dehors de nous-même. »

Un cinquième signe est de se réjouir en Dieu en consentant pleinement à sa volonté, même dans l'adversité. Quelquefois au milieu de l'abattement nous est donnée une joie très pure et très haute, qui fait sombrer toute tristesse. C'est un grand signe de la visite du Seigneur. Aussi Jésus, en promettant le Saint-Esprit, l'a appelé le Paraclet ou le Consolateur. Et normalement nous nous réjouissons d'autant plus dans le Seigneur que nous accomplissons davantage ses préceptes, car ainsi nous faisons de plus en plus comme un seul coeur avec lui.

Un sixième signe se trouve dans la liberté des enfants de Dieu. Saint Thomas dit à ce sujet (11) : « Les enfants de Dieu sont conduits par le Saint-Esprit, non comme des esclaves, mais comme des créatures libres... Le Saint- Esprit, en effet, nous fait agir en portant notre volonté libre à vouloir, car il nous donne d'aimer Dieu et nous incline à agir par amour pour lui, et non pas par crainte, de façon servile. C'est pourquoi saint Paul nous dit ( Rom. , vin, 15) : « Vous n'avez point reçu un Esprit de servitude pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, en qui nous crions : Abba! Père! Cet Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (12). » L'Apôtre dit aussi (II Cor., ni, 17) : « Là où est l'Esprit du Seigneur, là aussi est la liberté », la délivrance de l'esclavage du péché, et ( Rom. , vin, 13) : «Si par l'Esprit vous faites mourir les oeuvres (et affections) de la chair, vous vivrez. » — C'est là vraiment la délivrance ou la sainte liberté des enfants de Dieu qui règnent avec lui sur les convoitises déréglées, sur l'esprit du monde et l'esprit du mal.

Enfin un septième signe de l'habitation en nous de la Sainte Trinité, selon saint Thomas (13), est dans le fait de parler de Dieu ex abundanlia cordis, de l'abondance du coeur. En ce sens se réalise ce que dit ailleurs le saint Doc­teur, que « la prédication doit dériver de la plénitude de la contemplation des mystères de la foi » (14). Ainsi, à par­tir de la Pentecôte, saint Pierre et les apôtres prêchèrent le mystère de la Rédemption. Ainsi prêcha saint Étienne, premier martyr, avant d'être lapidé. Ainsi prêchait saint Dominique, qui ne savait parler qu'avec Dieu ou de Dieu.

Ainsi le Saint-Esprit apparaît de plus en plus comme une source de grâces toujours nouvelles, source inépuisée et inépuisable, « source d'eau vive jaillissant en vie éternelle », source de lumière et d'amour, Tons lacis el amoris.

C'est notre consolation au milieu des tristesses de l'exil, comme disent les saints. Dans la crise mondiale actuelle, il reste une grande espérance, car la main da Seigneur n'est pas raccourcie, on.voit que le Très-Haut est toujours riche en miséricorde par les nombreux saints qu'il envoie toujours au monde, comme le montrent les dernières canonisations. Ce sont de grands serviteurs de Dieu qui nous donnent les plus grands exemples, et souvent des exemples très imitables, de foi, de confiance et d'amour. Il suffit de lire les vies de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, de la B''' Gemma Galgani, de saint Jean Bosco, de saint Joseph Cottolengo, du B' Antoine-Marie Claret, de la B" Catherine Labouré, de Louise de Marillac, de saint Conrad de Parzham, l'humble frère convers capucin en qui se réalise si admirablement la parole du Sauveur : « Je te rends grâces, ô Père, de ce que tu as caché ces choses aux prudents et aux sages et les a révélées aux petits. »

En cet esprit, il convient aux âmes intérieures de se consacrer au Saint-Espril pour se mettre plus profondément sous sa direction, sous son emprise, et ne pas laisser passer inaperçues tant d'inspirations qui nous viennent de lui.

Les bons chrétiens se consacrent à la Sainte Vierge pour qu'elle les conduise à Notre-Seigneur. Ils se consacrent au Sacré-Coeur pour que Jésus les conduise à son Père. Il convient aussi, en particulier au temps de la Pentecôte, de se consacrer au Saint-Esprit pour mieux discerner et mieux suivre ses inspirations.

Dans cet esprit redisons la belle prière :

0 Lux beatissima,
Reple cordis intima
Tuorum fidelium.
O Lumière bienheureuse,
Remplissez jusqu'au plus intime
Le coeur de vos fidèles
Sine tuo nurnine,
Nihil est in homine,
Nihil est innoxium.
Sans votre secours,
Il n'est rien en l'homme,
Rien qui soit innocent.
Da utiles meritum,
Da salutis exitum,
Da perenne gaudium.
Donnez-nous le mérite de la vertu,
Donnez-nous une fin heureuse.
Donnez-nous l'éternelle joie.
Amen.
Ainsi soit-il.

RÉFÉRENCES
— (I) IP 11—, q. t8o, a. 6.
(2 ) Cf. SAINT THOMAS , H' 11—, q. 2•, a• 9.
— (3 )) Dieu, béatitude objective,. doit être évidemment aimé pour lui- même, plus que la béatitude subjective, qui est créée et finie.
— (4 )Cf, saint Thomas , I', q. t13, a. 3. Nous avons exposé cette doctrine dans la I" partie de cet ouvrage. ch. iv.
— (5) ll• Il•, q. 45, a ., et 2.
— (6) Nous dirions en termes d'école : « Artus amoris filialis. procedens ab inspiratioue speciali Spiritus Sancti, est simul id quod cogaoscitur, et id quo cognoscitur absque discursu Deus habitons et vivificans. Ainsi nous « goûtons ), le mystère révélé de l'habitation de la Sainte Trinité dans les justes
— (7)Cf. S. TROUAS , q. 93, a . 3-8.
— (8)Quelquefois cotte image surnaturelle de Dieu et aussi de Notre-Seigneur dans l'âme des saints se manifeste sensiblement. C'est ainsi qu'un jour que le Bx Raymond de Capoue, directeur de sainte Catherine de Sienne, se demandant si elle était vraiment conduite par l'Es­prit de Dieu, vit les traits de sa fille spirituelle se changer en ceux de Notre-Seigneur ; c'était un signe sensible de l'union transformante dont parte les grands mystiques. De mème saint Benoit-Joseph Labre en adoration devant le Saint-Sacrement avait quelquefois les traits de Notre-Seigneur; un peintre, qui cherchait depuis longtemps comment représenter la figure du Christ, en fut très frappé, et prit l'esquisse de ses traits.
— (9)Contra Gentes, 1. 1V , ch. 'au.
— (10) Ibid., ch. xxi
— (11) IV C. Gentes, ch. xxn, ri et 5.
— (12) L'Esprit-Saint, qui opère en nous, excite ce mouvement d'amour filial et nous rend ainsi témoignage immédiat de notre amitié avec Dieu et de notre filiation 'divine. Cf. saint Thomas in Ep. ad Rom. ,
— (13) IV C. Gentes, ch. 'XI. 5 6.
— (14 ) 11", q. 188, a . 6.

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre

1
12
2
13
3
14
4
15
5
16
6
17
7
18
8
19
9
20
10
21
11
22