Tome II-Partie 3-Chapitre 24
Le sacrifice de la messe et les progressants
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Nous avons parlé plus haut, à propos de la purification de l'âme des commençants (1), de Passistance à la messe comme source de sanctification, il convient de traiter ici du sacrifice de la messe clans la voie illuminative des progressants.
L'excellence du sacrifice de la messe, avons nous dit plus haut (2), vient de ce que c'est en substance le même sacrifice que celui de la croix, parce que c'est le même prêtre principal qui continue actuellement de s'offrir par ses ministres, c'est la même victime réellement présente sur l'autel qui est réellement offerte ; seule la manière de l'offrir diffère : tandis qu'il y eut sur la croix une immolation sanglante, il y a à la messe une immolation sacramentelle, par la séparation, non pas physique, mais sacramentelle du corps et du sang du Sauveur, en vertu de la double consécration. Cette immolation sacramentelle est le souvenir de l'immolation sanglante passée et le signe de l'oblation intérieure toujours vivante au coeur du Christ, (I qui ne cesse, dit saint Paul, d'intercéder pour nous » (Hébr., vil, 25). Cette oblation intérieure de Jésus, qui fut comme l'âme du sacrifice de la croix, reste l'âme du sacrifice de la messe, qui perpétue en substance celui du Calvaire.
On ne peut progresser dans la vie intérieure sans pénérer chaque jour un peu plus en ce qui fait la valeur infinie du sacrifice de l'autel.
Comme le disait saint John Fischer en Angleterre aux luthériens qui supprimaient le sacrifice eucharistique : « La messe est comme le soleil qui éclaire et réchauffe chaque jour toute vie chrétienne. »
On peut approfondir la doctrine chrétienne et catholique du sacrifice de la messe de façon abstraite et spéculative; on peut aussi l'approfondir de façon concrète et vécue, en s'unissant à l'oblation du Sauveur d'une façon personnelle.
Les progressants doivent ainsi vivre de plus en plus des quatre fins du sacrifice, adoration, réparation, supplication, action de grâces; le Bx. P. Eymard a beaucoup insisté sur ce point. Et pour le faire de façon plus profonde, il convient que le progressant, en union avec Notre-Seigneur, offre tout ce qu'il peut V avoir chaque jour et tout ce qu'il y aura de pénible en sa vie jusqu'à la mort, et même jusqu'à l'entrée au ciel. Il convient qu'il fasse d'avance le sacrifice de sa vie pour obtenir la grâce d'une sainte mort. Le progrès spirituel est, en effet, essentiellement ordonné au dernier acte d'amour ici-bas, qui, s'il était bien préparé par toute notre existence et très bien fait, nous ouvrirait aussitôt les portes du ciel.
Pour entrer dans les profondeurs de la messe, il faut se mettre à l'école de la Mère de Dieu. Plus que personne au monde, Marie a été associée au sacrifice de son Fils, en participant à toutes ses souffrances dans la mesure de son amour pour lui.
Des saints, en particulier des stigmatisés, ont été exceptionnellement unis aux souffrances et aux mérites du Sauveur, un saint François d'Assise et une sainte Catherine de Sienne, par exemple ; mais si profonde qu'ait été cette union, elle fut pourtant peu de chose en comparaison de celle de Marie. Par une connaissance expérimentale des plus intimes et par la grandeur de son amour, Marie au pied de la Croix est entrée dans les profondeurs du mystère de la Rédemption, plus que saint Jean, plus que saint Pierre, plus que saint Paul. Elle y est entrée dans la mesure de la plénitude de grâce qu'elle avait reçue, dans la mesure de sa foi, de son amour, des dons d'intel- ligence et (le sagesse qu'elle avait à un degré propor tionné à sa charité.
Pour entrer un peu nous-mémes dans ce mystère et en tirer les leçons pratiques qui nous permettent de nous préparer à une bonne mort, pensons au sacrifice que nous devons faire de notre vie en union avec Marie au pied de la Croix.
On exhorte souvent les mourants à faire le sacrifice de leur vie, pour donner une valeur satisfactoire, méritoire et impétratoire à leurs dernières souffrances. Souvent les Souverains Pontifes, en particulier Pie X, ont invité les fidèles à offrir d'avance ces souffrances, peut-être très grandes, du dernier instant pour se bien disposer à les offrir d'un cœur plus généreux à l'heure suprême.
Mais pour bien faire dès maintenant ce sacrifice de notre vie, il faut le faire en union avec le sacrifice du Sauveur perpétué sacramentellement sur l'autel pendant la messe, en union avec le sacrifice de Marie, Médiatrice et Corédemptrice. Et pour bien voir tout ce que cette oblation doit comporter, il convient de se rappeler ici les quatre fins du sacrifice : l'adoration, la réparation, la supplication et l'action de grâces. Nous les considérerons successivement en voya d les leçons qu'elles comportent.
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Jésus sur la Croix a fait de sa mort un sacrifice d'adoration. Cc fut l'accomplissement le plus parfait du précepte du Décalogue :« Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et lu ne serviras que lui seul » (Deutér., 13). C'est par cette parole divine que Jésus avait répondu à Satan qui lui disait : « Je te donnerai tous les royaumes du monde si tu te prosternes devant moi pour m'adorer, si cadens adoraveris me. »
L'adoration est due à Dieu seul, à cause de sa souveraine excellence de Créateur, parce que lui seul est l'Etre même, éternellement subsistant, la Sagesse même, l'Amour même. L'Adoration, qui lui est due, doit être à la fois extérieure et intérieure, inspirée par l'amour; elle doit ètre une adoration en esprit et en vérité.
Une adoration d'une valeur infinie a été offerte à Dieu par Jésus à Gethsémani, lorsqu'il se prosterna la facé contre terre en disant : « Môn Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ; cependant que votre volonté soit faite et non la mienne » (Match., xxvI, 10). Cette adoration reconnaissait pratiquement et profondément la souveraine excellence de Dieu, maître de la vie et de la mort, de Dieu qui, par l'amour du Sauveur, voulait faire servir la mortm, peine du péché, à la réparation du péché et à notre salut. Il y a dans ce décret éternel de Dieu, qui contient toute l'histoire du monde, une excellence souveraine, reconnue par l'adoration de Gethsémani.
Cette adoration du Sauveur continua sur la Croix, et Marie s'associa à elle, dans la mesure de la plénitude de grâce qu'elle avait reçue et qui n'avait cessé de grandir. Au moment de la crucifixion de son Fils, elle a adoré les droits de Dieu, auteur de la vie, qui allait faire servir la mort de son Fils innocent à la réparation du péché, pour le bien éternel des âmes.
En union avec Notre-Seigneur et sa sainte Mère, adorons Dieu et disons de tout coeur, comme nous y invitait S. S. Pie : « Seigneur, mon Dieu, dès aujourd'hui, d'un coeur tranquille et soumis, j'accepte de votre main le genre de mort qu'il vous plaira de m'envoyer, avec toutes ses angoisses, toutes ses peines et toutes ses douleurs. »
Quiconque une fois dans sa vie, un jour à son choix, aura récité cet acte de résignation après la confession et la communion gagnera une indulgence plénièré qui lui sera appliquée à l'heure de la mort, suivant la pureté de sa conscience. Mais qu'il serait bon de refaire chaque jour ce sacrifice, pour nous préparer ainsi à faire de notre mort, au dernier instant, en union avec le sacrifice du Christ continué en substance sur l'autel, un sacrifice d'adoration, en pensant au souverain domaine de Dieu, à la Majesté et à la Bonté de Celui « qui conduit à toute extrémité et qui en ramène — Dominus mortificat et vivifical, deducil ad inferos et reducil » (Deut., x xxii, 39; Tobie, 2; Sagesse, xvi, 13). Cette adoration de Dieu, maître de la vie et de la mort, peut se faire de manières assez différentes, suivant que les âmes sont plus ou moins éclairées : en est-il une meilleure que de s'unir ainsi chaque jour au sacrifice d'adoration du Sauveur?
Soyons dès maintenant des adorateurs en esprit et en vérité; que cette adoration soit si sincère et si profonde qu'elle rejaillisse vraiment sur notre vie et nous dispose à celle que nous devrons avoir au coeur au dernier instant.
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Une seconde fin du sacrifice est la réparation de l'offense faite à Dieu par le péché, et la satisfaction pour la peine due au péché. Nous devons faire de notre mort un sacrifice propitiatoire; l'adoration doit être à proprement parler réparatrice.
Notre-Seigneur a satisfait surabondamment pour nos fautes, parce. que, dit saint Thomas (III", q. 48, a . 2), en offrant sa vie pour nous, il a fait un acte d'amour qui plaisait plus à Dieu que tous les péchés réunis ne lui déplaisaient. Sa charité fut beaucoup plus grande que la malice de ses bourreaux ; elle avait une valeur infinie qu'elle puisait en la personnalité du Verbe.
Il a satisfait pour nous, qui sommes les membres de son Corps mystique. Mais comme la cause première ne rend pas inutiles les causes secondes, le sacrifice du Sauveur ne rend pas inutile le nôtre, mais le suscite et lui donne sa valeur. Marie nous a donné l'exemple en s'unissant aux souffrances de son Fils; elle a ainsi satisfait pour nous, au point de mériter le titre de Corédemptrice.
Elle a accepté le martyre de son Fils non seulement chéri, mais légitimement adoré, qu'elle aimait avec le coeur le plus tendre depuis qu'elle l'avait virginalement conçu.
Plus héroïque encore que le patriarche Abraham prêt à immoler son fils Isaac, Marie offrant son Fils pour notre salut le vit réellement mourir dans les plus atroces souffrances physiques et morales. Un Ange ne vint pas arrêter l'immolation et dire à Marie, comme au patriarche, au nom du Seigneur : « Je sais maintenant que lu ne m'as pas refusé ton fils, Ion unique » (Genèse, xxii, 12); Marie vit se réaliser effectivement et pleinement le sacrifice de réparation de Jésus, dont celui d'Isaac n'était qu'une figure commencée. Elle souffrit alors du péché dans la mesure de son amour pour Dieu que le péché offense, pour son Fils que le péché crucifiait, pour nos âmes que le péché ravage et fait mourir. La charité de la Vierge dépassait incomparablement celle du patriarche, et en elle, plus encore qu'en lui, se réalisèrent les paroles qu'il entendit : « Parce que lu ne m'as pas refusé Ion fils, Ion unique, je le bénirai el le donnerai une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel » (Genèse, xxii,
Or, comme le sacrifice de Jésus et de Marie a été un sacrifice de propitiation ou de réparation pour le péchée de satisfaction pour la peine due au péché, en union avec eux, faisons du sacrifice de notre vie une réparation de toutes nos fautes; demandons dès maintenant que nos derniers moments aient une valeur à la fois méritoire et expiatoire, et demandons la grâce de faire ce sacrifice avec un grand amour qui en augmentera la double valeur. Soyons heureux de payer cette dette à la justice divine pour que l'ordre soit pleinement rétabli en nous. Et si, en cet esprit, nous nous unissons intimement aux messes qui se célèbrent tous les jours, si nous nous unissons à l'oblation toujours vivante au Coeur du Christ, oblation qui est l'âme de ces messes, alors nous obtiendrons la grâce de nous y unir de même au dernier moment. Si cette union d'amour au Christ Jésus est chaque jour plus intime, la satisfaction du Purgatoire sera notablement abrégée pour nous; il se pourrait même que nous recevions la grâce de faire totalement notre Purgatoire sur la terre en méritant, en grandissant dans l'amour, au lieu de le faire après la mort sans mériter.
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Le sacrifice quotidien, comme celui de la dernière heure, ne doit pas être seulement un sacrifice d'adoration et de réparation, mais aussi un sacrifice impétratoire ou de supplication, en union avec Notre-Seigneur et avec Marie.
Saint Paul écrit aux Hébreux (v, 7) : « Jésus, ayant oeil avec larmes ses supplications..., a été exaucé à couse de sa piété el de son obéissance, et il sauve tous ceux qui lui obéissent.» Rappelons-nous la prière sacerdotale du Christ après la Cène et avant le sacrifice de la Croix : Jésus y a prié pour ses Apôtres et pour nous... et " toujours vivant il ne cesse d'intercéder pour nous »
(Hébr., vii, 25), en particulier au sacrifice de la messe, dont il est le prêtre principal.
Jésus, qui a prié pour ses bourreaux, prie pour les mourants qui se recommandent à lui. Avec lui, la Vierge Marie intercède en se rappelant que nous lui avons souvent dit : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. »
Le mourant doit s'unir aux messes qui se célèbrent en cette minute près de lui ou loin de lui; il doit demander par elles, par la grande prière du Christ qui continue en elles, la grâce de la bonne mort ou de la persévérance finale, la grâce des, grâces, celle des élus. Il convient qu'il la demande non seulement pour lui-même, mais pour tous ceux qui meurent au même moment.
Et, pour nous disposer dès maintenant à faire cet acte de supplication à la dernière heure, prions souvent, en assistant à la sainte messe, pour ceux qui vont mourir dans la journée. Et, selon la recommandation de S. S. Benoît XV, faisons dire quelquefois une messe pour obtenir, par ce sacrifice de supplication d'une valeur infinie, la grâce de la bonne mort ou l'application des mérites du Sauveur. Faisons aussi célébrer quelques messes pour ceux de nos parents et amis qui nous donneraient des inquiétudes sur leur salut, pour leur obtenir la grâce dernière, pour ceux aussi que nous aurions scandalisés.et éloignés peut-être de la voie de Dieu.
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Enfin chacun doit se préparer chaque jour à faire de sa mort, en union avec Notre-Seigneur et avec Marie, un sacrifice d'action de grâces pour tous les bienfaits reçus depuis le baptême, en pensant à tant d'absolutions et de communions qui nous ont remis ou gardés dans la voie du salut.
Jésus fit de sa mort un sacrifice d'action de grâces, quand il dit : « Consunzmalum est — Tout est consommé » (Jean, xix, 30); Marie dit ce « Consummalum est » avec lui. Et cette forme de prière, qui continue à la messe, ne cessera pas, même quand la dernière messe aura été dite à la fin du monde. Lorsqu'il n'y aura plus de sacrifice proprement dit, il y aura sa consommation, et en elle il y aura toujours l'adoration et l'action de grâces (les élus qui, unis au Sauveur et à Marie, chanterons le Sanctus avec les Anges et glorifieront Dieu en le remerciant.
Cette action dé grâces est admirablement exprimée par les paroles du rituel que dit le prêtre au chevet des mourants, après leur avoir donné une dernière absolution et le saint viatique : « Proficiscere, anima chrisliana, de hoc mundo... : Sortez de ce monde, âme chrétienne, au nom de Dieu le Père tout-puissant, qui vous a créée, au nom de Jésus-Christ, Fils (lu Dieu vivant, qui a souffert pour vous, au nom de la glorieuse et sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, au nom du bienheureux Joseph, son époux prédestiné, au nom des Anges et des Archanges, au nom des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres, des Martyrs, au nom de tous les Saints et de toutes les Saintes de Dieu. Qu'aujourd'hui votre habitation soit dans la paix et votre demeure dans la Jérusalem céleste, par Jésus-Christ otre-Seigneur. »
Pour conclure, redisons souvent, pour lui donner toute sa valeur, l'acte recommandé par S. S. Pie X et demandons à Marie la grâce de faire de notre mort un sacrifice d'adoration, de réparation, de supplication et d'action de grâces. Quand nous assistons les mourants, exhortons les à faire ce sacrifice en s'unissant aux messes qui se célèbrent alors. Et dès maintenant, à l'avance, faisons-le nous-mêmes, renouvelons-le, souvent, chaque jour, comme s'il devait être le dernier; nous nous disposerons ainsi à le faire très bien au moment suprême : alors nous saurons que « si Dieu conduit à toute extrémité, il en ramène »; notre mort sera comme transfigurée; nous appellerons le Sauveur et sa sainte Mère pour qu'ils viennent nous prendre et nous accordent la dernière des grâces qui assurera définitivement notre salut, par un dernier acte de foi, de confiance et d'amour (3).
Ce que nous venons de dire du sacrifice de notre vie en union avec le sacrifice de la messe, doit être entendu par une âme intérieure de cette façon réaliste et pratique, qui lui fasse vivre la parole de saint Paul (I Cor., xv, 31): « quolidie morior, je meurs tous les jours ». Il s'agit d'accepter d'avance avec patience et avec amour non seulement les souffrances des derniers instants de la vie, mais toutes celles, physiques et morales, que Dieu, de toute éternité, nous a préparées pour nous purifier et pour nous faire travailler au salut des finies. Ces souffrances sont de toutes sortes, manques d'égard, contradictions, dénigrements; et combien elles sont peu de choses en comparaison de celles que Jésus a portées par amour pour nous. Cependant, à cause de nos faiblesses, elles nous paraissent parfois bien. lourdes . Acceptons-les à la sainte messe, avant la sainte communion, au moment de la fraction de l'hostie qui symbolise le brisement de toutes les meurtrissures que Jésus a portées pour nous.
Que ce brisement nous fasse penser à celui qui doit être en nous, à celui d'une fervente contrition. Alors plus conscients de nos fautes, de la nécessité de les réparer, nous accepterons mieux d'avance les souffrances physiques et morales que la Providence nous réserve. Nous les accepterons en demandant un sérieux commencement de l'amour de la croix ou de l'amour de Jésus crucifié. Ne devons-nous pas lui rendre amour pour amour?
Il faut relire ce que d'après L'Imitation I,III, ch. XLVIII, Jésus (lit à son serviteur fidèle :« Mon fils que les travaux que vous avez entrepris pour moi ne brisent pas votre courage et que les afflictions ne vous abattent pas entièrement; mais qu'en tout ce qui arrive ma promesse vous console et vous fortifie. Je suis assez puissant pour vous récompenser au-delà de toute mesure... Faites ce que vous avez à faire, travaillez fidèlement à ma vigne et je serai moi-même votre récompense. Une heure viendra prochainement où le travail et le trouble cesseront. Travaillez, chantez mes louanges, gémissez, gardez le silence, priez, souffrez courageusement l'adversité : la vie éternelle esi digne de tous ces combats et de plus grands encore. Il y a un jour connu du Seigneur où la paix viendra. . Oh! si vous aviez vu dans le ciel les couronnes immortelles des saints! de quel glorieux éclat resplendissent ces hommes que le monde méprisait et regardait comme indignes de vivre! Vous ne désireriez point les jours heureux de cette vie, niais plutôt vous vous réjouiriez de soullrir pour Dieu, et vous regarderiez comme le plus grand profit d'être compté pour rien parmi les hommes. pro nihilo inter honzines compulari maximum lucrum »
En assistant au sacrifice de la messe ou eu le célébrant, unissons ainsi notre oblation personnelle à celle du Sauveur, offrons-lui les contrariétés, les tribulations qui vont venir, en .pensant qu'elles peuvent devenir ainsi très fructueuses pour nous; les obstacles peuvent être ainsi transformés en moyens, la croix fut le plus grand obstacle qu'on voulut dresser contre Jésus, il en a fait le plus grand instrument de salut; et si dans le Corps mystique chaque membre fait surnaturellement son devoir, tous les autres en bénéficient, comme dans notre organisme, si chaque petite cellule fonctionne comme il faut, l'organisme tout entier en profite. Par là, si peu que nous puissions faire, c'est déjà beaucoup, si c'est accompli en esprit d'amour de Dieu et du prochain, en union avec Jésus prêtre pour l'éternité. Dans les plus grandes calamités, on fait.prier les petits enfants, dont la supplication, unie à celle du Sauveur, ne peut pas ne pas être entendue Dieu.
Pour mieux saisir ce que doit être la messe pour les progressants, il convient de considérer que ses différentes parties correspondent à l'amour qui purifie (Confiteor, Introït, Kyrie, Gloria), à l'amour qui s'éclaire et qui s'offre (Collecte, Épître, Évangile, Credo, Offertoire), et à l'amour qui s'immole eI s'uni! à Dieu (Consécration, Communion, Action de grâces). Cela nous rappelle la voie purgative des commençants, la voie illuminative des progressants et la voie unitive des parfaits. Ce sont les phases normales de l'élévation de l'âme vers Dieu.
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— (I) 11' Partie, ch. xiv
— (2) Ibidem.
— (3 ) Pour vivre profondément de la messe, nous recommandons le livre de l'abbé Ch. Grimaud : Messe (chez Téqui, 17' édition), qui montre comment nous devons nous unir pratiquement au sacrifice de Notre-Seigneur perpétué sur l'autel, en nous rappelant les quatre fins du sacrifice, et qui expose longuement quels sont les fruits de messe tant pour les vivants que pour les défunts.
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