+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome I-Partie 2-Chapitre 7

Purification active des sens
ou de la sensibilité

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.

CHAPITRE VII

La purification active de sens ou de la sensibilité

" Si oculus taus denier scandalizal le, crue eum et profice es te »  (Matth., y, 29.)

Après avoir parlé des péchés à éviter, de leur suite à mortifier et des passions à discipliner, il convient de traiter de la purification active des sens et d'e la sensibilité, puis de celle de l'intelligence et de la volonté. Nous parlerons ensuite de la purification de l'âme par les sacrements et par la prière, et enfin de la purification passive des sens, qui, selon saint Jean de la Croix, est au seuil de la voie illuminative.

Les principes à appliquer

En traitant plus haut (1) de la mortification en général, selon l'Évangile et selon saint Paul, nous avons vu qu'elle s'impose à nous pour quatre motifs principaux :
1° à cause des suites du péché originel, surtout de la concupiscence;
2° à cause des suites de nos péchés personnels;
3° à cause de l'élévation infinie de notre fin surnaturelle (Dieu vu comme il se voit), qui demande la soumission, non pas seulement des sens à la raison, mais de la raison à l'esprit de foi et à la charité;
4° enfin à cause de la nécessité de porter la croix pour suivre Jésus mort pour nous.

Il faut maintenant appliquer ces principes et voir d'abord ce que doit être la mortification ou purification active des sens et de la sensibilité ou appétit sensitif.

Saint Thomas a traité longuement ce sujet, à propos des passions en général et en particulier, à propos aussi des sept péchés capitaux et de leurs suites, enfin en parlant des vertus qui ont leur siège dans la sensibilité, comme la tempérance, la chasteté, la force, la patience, la douceur, etc.

Parmi les grands maîtres de la vie spirituelle, saint Jean de la Croix a traité ce même sujet dans la Montée du Carmel (1. I, ch. 1v-xii), et au début de la Nuit obscure (I. I, ch. 11 ss.), où il est question des défauts des commençants, ou des sept péchés capitaux transposés dans l'ordre des choses spirituelles : l'orgueil spirituel, la gourmandise spirituelle, la paresse spirituelle, etc.

Il faut se rappeler ici quelle est la nécessité d'observer les préceptes, surtout les préceptes suprêmes de l'amour de Dieu et du prochain, par suite d'éviter tout péché mortel, et aussi de mieux en mieux le péché véniel plus ou moins délibéré. Bien qu'on ne puisse pas, sans un secours très spécial que reçut la Sainte Vierge, éviter continuellement tous les péchés véniels pris ensemble, on peut éviter chacun d'eux en particulier. On doit aussi travailler à supprimer de plus en plus l'imperfection, qui est un moindre bien, une moindre générosité dans le service de Dieu. Le moindre bien n'est pas un mal; mais, dans l'ordre du bien, il ne faut pas s'arrêter à l'échelon inférieur, au moindre degré de lumière et de chaleur. Le juste milieu de la vertu acquise de tempérance, décrite par Aristote, est déjà un bien, sans doute, mais il faut aspirer plus haut : au juste milieu de la tempérance infuse, lequel, du reste, s'élève au fur et à mesure que cette vertu grandit, unie à celle de pénitence, surtout lorsque les dons du Saint-Esprit, comme celui de crainte, nous portent à une générosité plus grande pour mieux nous vaincre et avancer d'un pas plus rapide (2). Il y a, du reste, encore bien des degrés dans cette plus grande générosité, suivant, par exemple, qu'on monte vers le sommet de la perfection par le chemin en spirale, qui est plus facile, ou par le chemin direct tracé par saint Jean de la Croix (3), qui arrive plus vite et plus haut.

Pour éviter le péché et l'imperfection, il faut ici se rappeler que les péchés capitaux disposent à d'autres qui, souvent, sont plus graves, comme la vaine gloire à la désobéissance, la colère au blasphème, l'avarice à l'en­durcissement, la gourmandise à l'impureté, la luxure à la haine de Dieu. Nous ne saurions trop demander à Dieu la lumière pour voir la gravité du péché et avoir une plus grande contrition de nos fautes. C'est là, avec la charité fraternelle, un des plus grands signes du progrès spirituel.

Il faut se rappeler aussi que le péché véniel, surtout s'il est réitéré, dispose au péché mortel, car celui qui commet facilement le péché véniel perd la pureté d'intention et, si l'occasion est donnée, il lui arrive de pécher mortellement. Le péché véniel est ainsi sur une pente dangereuse, comme un mur qui nous empêche d'arriver à l'union à Dieu. Sur la voie de Dieu, qui n'avance pas, recule.

De même l'imperfection, ou la moindre générosité, nous dispose au péché véniel; les actes trop faibles (remissi) de charité et des autres vertus, bien qu'ils soient encore méritoires, nous disposent indirectement à redescendre, car ils n'excluent pas autant qu'il conviendrait les inclinations désordonnées qui peuvent nous faire tomber. Nous parlerons surtout de la mortification de la sensualité et de la colère.nous dispose prochainement à un autre plus grave encore; c'est mettre le doigt dans un engrenage où le bras tout entier sera pris.

Il s'agit là d'éviter un péché capital qui conduit à l'inconsidération, à l'inconstance, à l'aveuglement de l'esprit, à l'amour de soi jusqu'à la haine de Dieu et au désespoir (4).

Aussi saint Paul rappelle-t-il fortement la nécessité de cette mortification, dont il donne l'exemple lorsqu'il écrit (1 Cor., lx, 27) : « Je châtie mon corps et je le liens en servitude, de peur qu'après avoir préché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé. » Il s'agit là de la mortification des sens et du corps pour assurer la liberté de l'esprit, pour que le corps n'appesantisse pas l'âme et la laisse vivre d'une vie supérieure (5).

Mortification de la sensualité

Rappelons-nous ici la parole de Notre-Seigneur : « Si Ion oeil droit est pour loi une occasion de chute, arrache- le; la main, coupe-la; car il vaut mieux pour loi qu'un seul de les membres périsse et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne (6). » C'est ce que la morale chrétienne explique en disant au sujet du sixième commandement : en dehors du mariage, la délectation charnelle directement voulue avec pleine délibération est un péché mortel. Il n'y a pas ici de matière légère. Pourquoi? Paice qu'un tel consentement direct

Saint Thomas (7) enseigne qu'on évite la luxure plutôt par la fuite des occasions que par la résistance directe, qui fait trop penser à la chose à combattre. Au contraire, l'acedia ou paresse spirituelle est vaincue plutôt par la résistance, car, pour y résister, nous pensons aux biens spirituels, et, plus nous y pensons, plus ils nous attirent.

Nous devons aussi être attentifs à éviter le plus possible les mouvements de sensualité même indirectement volontaires, surtout lorsqu'il y a péril prochain de consentement. Il convient ainsi, pour plusieurs, d'éviter certaines lectures (d'ouvrages de médecine, par exemple) qui pourraient devenir dangereuses pour eux à cause de leur fragilité, surtout s'ils font ces lectures par curiosité et non pas par devoir d'état (8)

De ce point de vue, il faut aussi veiller sur certaines affections qui pourraient devenir par trop sensibles et même sensuelles. L'auteur de l'Imitation (1. 1, ch. vi et viii) nous dit qu'il faut éviter la trop grande familiarité avec les personnes pour jouir de celle de Notre-Seigneur, et que certaines affections trop vives et trop sensibles font perdre la paix du coeur. Sainte Thérèse dit aussi dans le Chemin de la Perfection (ch. iv), que amitiés particulières sont de véritables pestes qui, peu à peu, font perdre la ferveur, puis la régularité, qui engendrent parfois les divisions les plus profondes dans les communautés et compromettent le salut (9).

La mortification du coeur n'est pas moins nécessaireici que celle du corps et des sens.

Enfin, il faut veiller à ne pas rechercher dans la prière les consolations sensibles pour elles-mêmes par une sorte de gourmandise spirituelle (10). Celui qui aime Dieu on pour lui-même, mais pour les consolations sensibles qu'il reçoit ou qu'il attend, n'est pas dans l'ordre. fi s'aime lui d'abord et Dieu ensuite, comme on aime un fruit inférieur à soi. C'est l'ordre renversé et, par suite, la perversion plus ou moins consciente. On abuse alors de ce qu'il y a de plus saint et l'on donne prise à toutes les tentations.

Les jouissances spirituelles, recherchées pour elles- mêmes, vont éveiller les passions endormies dans notre coeur de chair, et, au lieu de prendre la route qu'ont suivie les saints, on glisse insensiblement sur la pente où se sont laissé entrainer les faux mystiques, notamment les quiétistes. Corruptio opimi pessima, la pire des corruptions est celle qui s'attaque en nous à ce qu'il y a de meilleur, à l'amour de Dieu, pour le défigurer et le fausser. Il n'y à rien de plus élevé ici-bas que la vraie mystique, qui est l'exercice éminent de la plus haute vertu, la charité, et des dons du Saint-Esprit qui l'accompagnent; mais, par contre, il n'y a rien de pire que la fausse mystique, que le faux amour. de Dieu et du prochain, qui n'a du vrai que le nom, et qui lui ressemble comme le faux diamant imite le véritable (11). Saint Jean nous dit (I Joan., iv, 1) : « Mes bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit, mais voyez par l'épreuve si les esprits sont de Dieu. »

Pour éviter l'illusion, il faut ici l'humilité et la pureté du coeur. Nous pouvons même dire que tout l'enseignement de Notre-Seigneur sur la mortification de la sensualité se résume en cette parole : « Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu. »

Mais il y a une autre mortification sur laquelle l'Évangile insiste beaucoup, c'est celle de l'irascibilité, qui est l'autre forme du dérèglement de la sensibilité, qui se divise, nous l'avons vu, en appétit concupiscible et appétit irascible.

La mortification de l'irascibilité

Nous lisons dans le sermon sur la Montagne (Matth., y, 21) : « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point... Et moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni... Si donc, lorsque tu présentes ton offrande à l'autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. Accorde-toi au plus tôt avec ton adversaire, pendant que vous allez ensemble au tribunal.

Un peu plus loin (Matth., v, 38) : « Je vous dis de ne pas tenir lête au méchant; mais si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui encore l'autre. Et à celui qui veut t'appeler en justice pour avoir ta tunique, abandonne encore ton manteau. n En agissant ainsi, le chrétien ne défend pas âprement ses droits, il pense plus à ses devoirs qu'à ses droits, et il gagne souvent à Dieu l'âme de son frère irrité; il le calme par sa patience et sa douceur. Ainsi ont agi les saints, et souvent ils ont gagné à Dieu les violents qui s'opposaient à eux.

C'est au même endroit que Notre-Seigneur nous dit (Matth., y, 44) : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous per­sécutent... Si vous, aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous?... Les païens même n'en font- ils pas autant? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Et, bien sûr, si l'on agissait vraiment ainsi à l'égard des adversaires (même extérieurement, là où il n'y a pas des intérêts supérieurs à sauvegarder), on arriverait très certainement à la sainteté, à cette perfection surnaturelle, qui est une participation, non pas seulement de la vie angélique, mais de la vie intime de Dieu, à une perfection qui est du même ordre que celle de notre Père des cieux.

Pour y arriver, il faut cette mortification de l'irascibilité qui nous fait acquérir la vertu de mansuétude, non pas la douceur de tempérament, ni la douceur de ceux qui laissent tout couler parce qu'ils n'ont pas d'énergie, ou parce qu'ils ont peur de réagir, mais la vertu de mansuétude qui est une grande force pour se vaincre soi même, pour posséder son âme, la garder dans le calme, dans la main de Dieu, et pour faire ainsi un vrai bien à ceux-là même qui s'irritent contre nous, à ceux qui sont comme le roseau à demi rompu et qu'il ne faut pas briser, tout à fait en leur répondant sur le même ton irrité.

Cette mortification de l'irascibilité est d'autant plus nécessaire que les suites de la colère sont plus graves; car elle porte elle-même à d'autres péchés, parfois jusqu'à l'imprécation et au blasphème.

Par contre, la mansuétude est la fleur de la charité et elle en protège les fruits, car elle fait passer les conseils et même les reproches,. Un reproche fait avec une grande bonté est souvent bien reçu, tandis que fait avec aigreur il ne produit aucun résultat. Ainsi Notre-Seigneur nous a-t-il dit : Recevez ma doctrine, car je suis doux et humble de coeur. »

Il convient de dire ici quelques mots de cette colère qui est le zèle amer dont parlent les auteurs spirituels, et spécialement saint Jean de la Croix, à propos des défauts des commençants (Nuit obscure, 1. I, ch. v).

Quelques-uns, dit-il, se montrent impatients dès qu'ils sont privés de consolations :« Quand le goût et la saveur que donnent les choses spirituelles viennent à manque leur nature est décontenancée, une mauvaise humeur les envahit, ils font sans bonne grâce ce qui leur incombe, se fâchent pour un rien et se rendent parfois insupportables.» Ils ressemblent, dit le saint, au nourrisson mécontent parce qu'on lui enlève le lait (11). Ils tombent aussi parfois alors dans la paresse spirituelle.

D'autres fois, « on s'en prend aux défauts d'autrui sous l'impulsion d'un zèle peu modéré. On blâme les autres, on se laisse entraîner à les morigéner avec aigreur... comme si l'on avait le monopole de la vertu. Il est clair que par là on pèche contre la mansuétude spirituelle ». Et il y a de l'orgueil. On voit la paille qui est dans l'oeil du prochain et non pas la poutre qui est dans le nôtre.

« D'autres, en découvrant leurs imperfections, oublient l'humilité en s'emportant contre eux-mêmes, et ces impatiences montrent bien qu'ils comptaient être saints d'un coup. »

Le saint note que « chez certaines personnes à grands projets et à intrépides résolutions, mais qui ont plus de présomption que d'humilité, la guérison de l'irritation par retour à la douceur spirituelle ne peut venir que de la nuit obscure » ou de la purification passive des sens, dont nous parlerons plus loin.

Enfin le saint remarque : « Il est pourtant à noter aussi qu'une soi-disant vertu de patience n'est parfois qu'un simple manque d'énergie dans la voie du progrès; la lenteur à marcher chez quelques-uns de ceux-là est telle que le bon Dieu juge peut-être que, en fait de patience, ils en ont trop. »

La purification active de la sensibilité ou la mortification que nous nous imposons à nous-mêmes doit faire disparaître ce double désordre de la sensualité et de l'irritabilité; mais elle ne peut complètement le supprimer; pour achever son travail, il faut une purification plus profonde : celle qui vient directement de Dieu même, lorsqu'il met la sensibilité dans une aridité spéciale et prolongée, où il nous communique une lumière supérieure, celle du don de science, science de la vanité de toutes les choses terrestres, qui est une grâce non sen­sible, mais toute spirituelle. C'est la purification passive des sens, dont nous parlerons plus loin, et qui est une des formes de la croix salutaire que nous devons porter pour arriver à la vraie vie de l'esprit, qui domine les sens et nous unit à Dieu.

RÉFÉRENCES

— (_ II' partie, chap il et lig
— (2) Nous avons traité ailleurs longuement de l'imperfection en tant qu'elle est distincte du péché véniel, cf. L'Amour de Dieu et la Croix de Jésus, t. I, IP p., ch. vi, pp. 36o-390 : « Le moindre bien n'est pas un mal, mais chacun selon sa condition doit tendre à la perfection de la charité. » Cf. SA.LMANTICENSES, Cursus theol., de Peccatis, disp. ig, dub. I, n" 8, 9; de Incarnatione, in Ill "' P., S. Thomae, q. i5, a. 1. Ils montrent bien qu'en Notre-Seigneur, il n'y a eu ni péché véniel, ni imperfection, et à ce sujet ils distinguent bien l'un de l'autre.
— (3) Cf. Montée du Carmel, image que saint Jean de la Croix a mise au début de l'ouvrage : Le sentier étroit de perfection, puis à côté le chemin de l'esprit imparfait, et le chemin de l'esprit égaré.
— (4) Matth., y. 2g, 3o,
— 5) SAINT THONIAS, Il•, q. t53, a. 5.
— (6) Dans ce but l'Église prescrit certains jours le jeûne et l'abstinence, et les fondateurs d'Ordres religieux ont dans le même but établi certaines austérités spéciales : comme le maigre perpétuel, des veilles, la discipline Les saints ne se privent pas de ces moyens pour conserver ta perfection de la chasteté absolue; saint Dominique se flagellait trois fois la nuit, une lois pour expier ses propres fautes, une autre fois pour celles des pécheurs, une troisième fois pour les âmes du purgatoire. La nuit était consacrée par lui à la prière'et à la pénitence : il dormait peu, rarement avant l'heure des Matines, et ne se recouchait pas après. Il allait, dans l'église, d'un autel à l'autre, priant tantôt à genoux, les bras en croix ou levés en flèche au-dessus de sa tête, tanti.t incliné ou étendu à terre. Quand le sommeil appesantissait ses paupières, il s'étendait sur une dalle ou s'appuyait la tète contre un autel. Cette immolation personnelle était dans sa vie accompagner du sacrifice de la messe où continue de façon sacramentelle l'imolation du Sauveur.
Cela suppose sans doute des graces exceplionnelles; mais il est certaines austérités que tous nous pouvons pratiquer, au lieu de rechercher nos aises. L'habitude, par exemple, de se donner la discipline préserve de bien des fautes, entretient en nous l'amour de l'austérité, expie bien des négligences et nous aide à délivrer des âmes des liens qu'elles se sont formés. Les observances dans un Ordre religieux sont un peu ce qu'est l'écorce de l'arbre : si sur un chêne vigoureux on enlève toute l'écorce, la sève se monte plus, l'arbre se dessèche et meurt. Les saints disent : « Si on mitige les observances, on mitigera les esprits », qui n'auront plus l'élan voulu pour courir dans la voie de la perfection
— —(7) I• I•, q. 35, a . i, ad 4.
—(8) Cependant on admet généralement que, si par devoir d'état on doit faire certaines études qui peuvent produire quelque mouvement désordonné de la sensualité, on peut les faire pour un motif honnête, tout en prévoyant quelque désordre en quelque sorte matériel, qu'on ne veut pas en lui-même directement. Les théologiens enseignent en effet : Delectatio venerea indirecte tantun voluntaria aut voluntaria non in se sed solum in causa, non est semper peccatum. Etenim saepe abest perlculum proximum ulterioris consensus, quando ponitur actio ex se honesta et rationalis (ut operatio chirurgies, vel lectio libri medicinse) ex qua praevidetur quidem, sed non intenditur aligna delectatio venerea, »
—(9) SAINT JEAN DE LA CROIX, Nuil obscure, 1.1, : « Une affection s'inspire plus de la sensualité que de la piété, quand le souvenir de cette affection n'augmente ni le souvenir de Dieu, ni son amour, mais a comme effet un remords de conscience. »

SAINT FRANÇOIS DE SALES, Vie dévote, ch. xxi, dit, au sujet des amitiés frivoles et dangereuses, qu'il faut des mesures radicales pour en triompher : « Taillez, tranchez, rompez; il ne faut pas s'arrêter à découdre ces folles amitiés, il les faut déchirer; il n'en faut pas dénouer les liaisons, il les faut rompre ou couper. » — Pour mieux y réussir, il faut faire diversion en s'absorbant dans ses devoirs d'état.

A prepos des amitiés où il y a un mélange de naturel et de surnaturel, saint François de Sales dit encore, Ibid , ch. xx : « On commence par l'amour vertueux, mais si on n'est fort sage, l'amour frivole s'y mêlera, puis l'amour sensuel, puis l'amour charnel; ouy même il y a danger' en l'amour spirituel, si on n'est fort sur sa garde, bien pur qu'en cestuy-ci il soit plus difficile de prendre le change, parce que sa eté et blancheur rendent plus connaissables les souillures que Satan y veut rneler; c'est pourquoi, quand il l'entreprend, il fait cela plus et essaye de glisser les iiiipuretés insensiblement. » — Si, dans un le amitié de ce genre, c'est l'élément surnaturel qui domine, on peut a conserver en l'épurant par la garde et la mortification des sens et du coeur; si, au contraire, c'est l'élément sensible qui prédomine, ièil faut, pendant un temps notable, renoncer à toute relation particulre In dehors des rencontres nécessaires. C'est l'enseignement de tous les maîtres.
— (10) Si la gourmandise ordinaire porte, dit saint Grégoire, aux plaisanteries déplacées, à la bouffonnerie, aux discours insensés, à ta stupidité et à l'impureté (Cf S. Thomas, I• II•, q 148, a . 5 et 61, la gourmandise spirituelle, comme le remarque saint Jean de la Croix, Nuit obscure, I. I, ch. vi, a des effets analogues dans un ordre moins inférieur. Elle est, dit-il, très fréquente chez les commençants : « Ils désirent plus la jouissance de l'esprit que sa pureté et la vraie dévotion. » Pour se procurer des consolations sensibles, il font parfois contre l'obéissance, des pénitences indiscrètes qui ruinent lcursanté.les énervent. Par là le démon les trompe. Ils s'affligent de n'être pas approuvés par leur directeur et sont semblables à des enfants guidés par leurs goûts, leur sensibilité, et non par leur raison ; ils sont peu attentifs à leurs misères et perdent de vue la crainte de Dieu. Ms ont par suite besoin d'être sevrés de ces consolations sensibles auxquelles ils s'arrètent trop; il faut que leur sensibilité soit purgée, purifiée pour qu'ils soient aptes à une vraie vie spirituelle, où l'esprit domine incontestablement. La vraie dévotion est la promptitude de la volonté au service de Dieu (cf. saint Thomas , IP II•, ci. Sa, a. i); la dévotion sensible est accidentelle nu accessoire, elle est utile, à condition de ne pas s'y attarder; et le Seigneur nous en prive pour nous purifier. si nous y prenons trop de complaisance. « Comment, dit saint Jean de la Croix, ibid , ne pas comprendre que l'effet sensible de la communion eucharistique est celui qui importe le moins; c'est pour forcer les communiants à le considérer avec les yeux de la foi que Dieu les dépouille souvent de toute, saveur sensible. »

— (11) A ce sujet, saint Jean de la Croix, Nuit obscure, 1.1, ch. iv, parle de ce qu'il appelle « la luxure spirituelle », c'est-à-dire de mouvements impurs involontaires qui se produisent chez des commençants, à l'occasion de, l'oraison affective ou de la réception des sacrements. D'ordinaire, ils viennent de la joie intérieure qui rejaillit sur la sensibilité qui n'est pas encore assez soumise et purifiée. Ces rébellions, dit le saint, viennent parfois aussi dit démon, qui veut inquiéter et troubler l'âme pour lui faire abandonner les exercices spirituels. Il ajoute que la crainte du retour de ces mouvements peut en devenir la cause, et que les tempéraments très délicats les subissent sous l'influence de diverses émotions. Selon saint Jean de la Croix, ces mouvements involontaires de sensualité ne sont pas des péchés, tant que la volonté, loin d'y consentir, résiste. Ils sont une imperfection des commençants. Mais il ne faut pas les confondre avec des mouvements de sensualité indirectement volantaries, qui proviendraient, par exemple, d'une trop grande farnilia• rité qui altérerait une amitié spirituelle.

—
(12) Saint Jean de la Croix remarque, ibidem : « Ce mouvement d'irritation, s'il vient de la nature, est exempt de faute, pourvu que la volonté ne se laisse pas entrainer par la déception; mais il y a là une imperfection qui trouvera sa guérison dans la sécheresse et la mortification de la Nuit obscure. » Le texte espagnol porte : « no hay culpa, sino imperfeccidn ». Cela montre, comme ce qui est dit, ch. iv, de certains mouvements involontaires de sensualité, que saint Jean de la Croix distinguait l'imperfection du péché véniel, qui suppose au moins la négligence à réprimer le désordre de la sensibilité. Pour que ce désordre soit un péché, il faut qu'il soit volontaire,. au moins de façon indirecte, c'est-à-dire il faut au moins qu'on ait pu et dû le prévoir et l'empêcher. Saint Thomas avait dit de même, P Il", q. 8o, a. 3, ad 3- : « Concupiscentia carnis contra spiritum, quando ratio ei actualiter resistit, non est peccatum, sed maleria exercendae virtutis. » Item, II' Il", q. 154, a . 5; de Mato, q. 7. a . 6, ad 6-.

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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