+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome I-Partie 2-Chapitre 6
Les passions à régler

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
CHAPITRE VI
Les passions à régler

Il ne peut y avoir de vie intérieure sans une lutte contre soi-même, pour régler et discipliner ses passions, pour faire descendre en ces mouvements de notre sensibilité la lumière de la droite raison et celle même de la foi infuse et de la prudence chrétienne. Il y a beaucoup plus qu'on ne pense en cette expression : « discipliner sa sensibilité », elle doit recevoir une discipline comme un élève docile que l'on forme.

Il convient donc de parler des passions, et pour procéder avec ordre, il faut les considérer au triple point de vue psychologique, moral et proprement ascétique. Nous suivrons l'enseignement de saint Thomas (Ia Hae, q. 22-28).

Les Passions au point de vue psychologique

La passion est définie par saint Thomas, à la suite d'Aristote et de saint Jean Damascène : « Un mouvement de l'appétit sensitif, provenant de la représentation d'un bien sensible ou d'un mal, et s'accompagnant d'un mou­vement corporel de l'organisme, comme le battement du coeur (1). »

Quand il est dit que c'est un mouvement de l'appétit sensitif, commun à l'homme et à l'animal, on distingue la passion d'un mouvement de la volonté spirituelle, appelée appétit rationnel. Et il ne faut pas confondre non plus le mouvement de l'appétit sensitif avec le mouvement corporel, par exemple avec le battement du coeur qui le suit. Ces mouvements de l'appétit sensitif que sont les passions existent déjà manifestement chez l'animal, par exemple lorsqu'il désire sa nourriture, et chez lui la passion est tantôt sous une forme douce, comme chez la colombe ou l'agneau, tantôt sous une forme vi­lente, comme chez le loup, le tigre ou le lion.

Saint Thomas, à la suite d'Aristote, a distingué et classé les diverses passions d'une façon vraiment profonde. Il distingue d'abord l'appétit concupiscible, qui porte à chercher le bien sensible et délectable et à fuir le mal nuisible, et l'appétit irascible, qui incline à résister aux obstacles et obtenir malgré eux un bien difficile. Il y a des animaux et des hommes chez lesquels domine l'irascible, d'autres chez lesquels domine le concupiscible.

Dans l'appétit concupiscible, à l'égard du. bien sensible qui attire, on distingue trois passions : l'amour de ce bien sensible, qu'il soit présent ou absent, le désir de ce bien, s'il est absent, la joie, s'il est présent. On voit ces mouvements de la sensibilité chez l'animal auquel on apporte ou auquel on enlève sa nourriture.

Par opposition, à l'égard du mal à éviter, il y a, dans le concupiscible, la haine, l'aversion, la tristesse. Ainsi l'agneau instinctivement fuit le loup.

Dans l'appétit irascible, à l'égard du bien difficile à obt­nir (bonum arduum), il y a les deux passions de l'espoir et du désespoir ou abattement, suivant que ce bien apparaît accessible ou inaccessible. Et, dans ce même appétit, à l'égard du mal nuisible à repousser, il y a l'audace et la crainte, suivant que ce mal est facile ou difficile à repousser, et aussi la colère, s'il s'agit d'un mal présent à surmonter ou d'une insulte à venger.

Il y a dans la volonté spirituelle des mouvements analogues d'amour, de désir, de joie, d'espérance, etc., mais ceux-ci sont d'ordre immatériel, tandis que la passion s'accompagne toujours d'un mouvement de l'organisme, du fait que l'appétit sensible est uni à un organe.

Parmi toutes les passions, la première de toutes, sup­posées par toutes les autres, est l'amour sensitif; par exemple, chez l'animal, celui de la nourriture dont il a besoin ; de cet amour naît le désir, la joie, l'espoir, l'audace ou la haine de ce qui est contraire, l'aversion, la tristesse, le désespoir, la crainte, la colère (2).

On voit par ce que nous venons de dire, que la passion, telle qu'elle a été définie, n'est pas toujours vive, véhémente et dominatrice. Cependant bien des auteurs modernes appellent passion un mouvement de la sensibilité particulièrement intense et réservent le nom d'émotion aux autres moins forts.

La passion au point de vue moral

Au point de vue moral, on a beaucoup discuté sur les passions. Les partisans de la morale du plaisir ont dit que toutes les passions sont bonnes, comme la légitime expansion de notre nature; c'est l'apologie des passions, tant dans l'antiquité que chez les modernes.

Au contraire, les stoïciens ont condamné les passions, en disant qu'elles sont un mouvement contraire à la droite raison et qui trouble l'âme. D'après eux, le sage doit supprimer les passions et arriver à l'impassibilité.

Aristote, suivi par saint Thomas, dit plus profondément : les passions ou émotions, prises en soi, ne sont moralement ni bonnes, ni mauvaises, mais elles deviennent moralement bonnes si elles sont suscitées ou réglées par la droite raison et la volonté qui les utilisent comme des forces, ou elles deviennent moralement mauvaises si elles ne sont pas conformes à la droite raison. La moralité dépend de l'intention de la volonté, qui est toujours soit bonne, soit mauvaise, suivant qu'elle se porte ou ne se porte pas vers une fin honnête.

C'est ainsi que la colère peut être une sainte colère ou, au contraire, une colère déraisonnable. Notre-Seigneur a voulu montrer une sainte indignation en chassant les vendeurs du temple et en renversant leurs tables (3). De même à Gethsémani, Jésus, qui allait expier toutes nos fautes, voulut être triste jusqu'à la mort pour nous faire comprendre quelle tristesse nous devrions avoir de nos propres péchés.

Si donc les passions ou émotions sont réglées, modérées par la droite raison, elles sont moralement bonnes, ce sont des forces à utiliser au service de la vertu; par exemple le courage, qu'est une vertu, se sert de l'espoir et de l'audàce en les modérant. De même encore la pudeur, qui est une émotion louable, aide la vertu de chasteté, et cette autre émotion qui est la pitié sensible à l'égard des malheureux facilite en nous l'exercice de la vertu de miséricorde.

L'acte de vertu, dit saint Thomas (4), est même plus méritoire lorsqu'il utilise bien les passions en vue de la fin vertueuse.

Il est clair, en effet, que Dieu nous a donné la sensibilité, l'appétit sensitif, comme il, nous a donné les sens extérieurs et l'imagination, comme il nous a donné nos deux bras pour que nous les utilisions en vue du bien moral. Ainsi utilisées, les passions bien réglées sont des forces. Et, tandis que la passion dite antécédente, qui précède le jugement, obnubile la raison, comme il arrive chez le fanatique ou le sectaire, la passion dite conséquente, qui suit le jugement de la droite raison éclairée par la foi, augmente le mérite et montre la force de la bonne volonté pour une grande cause. En ce sens, Pascal a pu dire : « Rien de grand ne se fait sans passion », sans cette flamme de sensibilité, qui est comme le rayonnement du zèle ou de l'ardeur de l'amour de Dieu et du prochain. Ce zèle dévorait le coeur des saints et se manifestait par leur couracre et leur endurance.

Mais, par contre, les passions déréglées ou indisciplinées par leur dérèglement deviennent des vices; l'amour sensible devient gourmandise ou luxure; l'aversion devient jalousie, envie; l'audace devient témérité; la crainte devient lâcheté ou pusillanimité.

Ces passions déréglées, lorsqu'elles précèdent le jugement de la raison, le troublent et peuvent diminuer la responsabilité, le mérite et le démérite; lorsqu'elles suivent le jugement et sont voulues, elles augmentent la malice de l'acte (5). Alors, au lieu d'être des forces au service de la bonté, elles sont au service de la perversité. Tandis que dans l'âme des saints, des missionnaires, des martyrs, la passion parfaitement réglée est une force qui manifeste et sert l'amour de Dieu et du prochain; dans l'âme du criminel, elle manifeste et sert l'égoïsme le plus effréné.


Les passions au point de vue ascétique

D'après les principes que nous venons de rappeler, que faut-il dire, au point de vue ascétique, pour la vie intérieure? — II suit de ces principes que les passions, n'étant en elles-mêmes ni bonnes ni mauvaises, ne doivent pas être extirpées comme des vices, mais elles doivent être modérées, réglées, à proprement parler disciplinées par la droite raison éclairée par la foi. Si elles sont immodérées, elles deviennent les racines des vices, — si elles sont disciplinées, elles sont mises au service des vertus. Il ne faut être ni inerte et comme empaillé, ni violent et emporté.

Il fa.ut que peu à peu la lumière de la raison et celle supérieure de la foi infuse descendent en notre sensibilité pour qu'elle ne soit pas comme celle d'un animal privé de 'raison, mais celle d'un être raisonnable, et celle d'un enfant de Dieu, qui participe à la vie intime du Très-Haut. Pensons à la sensibilité de Notre-Seigneur, si pure et si forte, par les vertus de virginité, de patience et de constance jusqu'à la mort de la croix (6). Pensons aussi à la sensibilité de Marie, Vierge très pure et Mère des douleurs, corédemptrice du genre humain. Nous verrons ainsi comment notre sensibilité doit être de plus en plus soumise à l'intelligence éclairée par la foi, à la volonté vivifiée par la charité, et comment la lumière et la vive flamme de l'esprit doivent rayonner sur nos émotions pour les sanctifier et les mettre elles-mêmes au service de Dieu et du prochain. Saint Paul nous dit (Rom., xil, 15): « Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie; pleurez avec ceux qui pleurent. » Les saints sont ainsi, ils ont la plus admirable délicatesse de sentiments cour les affligés. Ils sont parfois les seuls à trouver les paroles qui relèvent et fortifient.

De ce point de vue, la modération des passions doit se faire, non pas matériellement, mais proportionnellement à ce qu'exige la raison par rapport à telle fin plus ou moins haute à obtenir et en telles circonstances. C'est ainsi que l'on peut, sans pécher, éprouver une grande tristesse, une grande crainte ou une vive indignation, en certaines circonstances graves. Nous lisons dans l'Exode, xxxii, 19, que Moïse, voyant les Israélites adorer le veau d'or, se mit en colère, broya ce veau d'or jusqu'à le réduire en poussière et punit très sévèrement les plus coupables ; tandis que, au. livre I des Rois, ii, le prêtre Héli est réprimandé pour n'avoir pas su s'indigner de la mauvaise conduite de ses fils. Dans la marche vers la perfection, ceux qui sont naturellement doux doivent devenir forts, et ceux qui sont naturellement inclinés à la force doivent aussi devenir doux. Les uns et les autres montent vers le mème sommet par des versants différents.

Pour bien conduire un cheval, il faut user tantôt du frein, tantôt du fouet; de même pour diriger les passions, il faut tantôt les réfréner et tantôt les éveiller, se secouer, pour réagir contre la paresse, l'inertie, la timidité ou la peur.

Il en coûte parfois beaucoup pour dresser un cheval impétueux, de même pour discipliner certains tempéraments capables de grandes choses. Et qu'il est beau de voir après dix ou quinze ans de travail sur soi-même ces tempéraments transformés par la profonde empreinte d'un caractère chrétien.

Pour la vie intérieure, il faut être particulièrement attentif, surtout au début, à un point spécial : à veiller sur la précipitation, et aussi sur la passion dominante pour qu'elle ne devienne pas un défaut dominant. Comme nous avons déjà parlé de ce dernier, nous insisterons ici sur la précipitation à éviter, ou, comme on dit, sur l'impulsivité, qui porte à agir d'une façon irréfléchie.

La précipitation se remarque chez bien des commençants, par ailleurs très bons; ils veulent parfois aller trop vite, plus viteque la grâce; ils veulent brûler les étapes par suite d'une certaine présomption inconsciente; puis, lorsque l'épreuve arrive, il n'est pas rare qu'ils se laissent abattre au moins un moment. Il arrive ici ce qui se produit aussi chez les jeunes étudiants, au début de la curiosité dans le travail, et, lorsque celle-ci est satisfaite ou lorsqu'elle trouve l'application trop pénible, elle est suivie de négligence et de paresse. On n'arrive pas tout de suite, en effet, au juste milieu de la vertu, qui est en même temps un sommet au-dessus de deux vices contraires, comme la force, au-dessus de la témérité et de la lâcheté.

Qu'est à proprement parler la précipitation?

— Saint Thomas (7) la définit : une manière d'agir par impulsion de la volonté ou de la passion, sans prudence, sans précaution, sans considération suffisante. C'est un péché qui est directement contre la prudence et le don de conseil.

Elle conduit à la témérité dans le jugement et est comparable à l'empressement de celui qui descend trop vite un escalier et qui tombe, au lieu de marcher posément. Il faudrait, au point de vue moral, descendre de façon réfléchie de la raison, qui détermine la fin à atteindre, à l'opération à accomplir, sans négliger les intermédiaires, c'est-à-dire la mémoire des choses passées, l'attention intelligente aux circonstances présentes, l'habileté à prévoir les obstacles qui peuvent surgir, la docilité à suivre les conseils autorisés. Il faut prendre le temps de délibérer avant d'agir ; « oportet consiliari lente et tarde », disait Aristote. Après, il faut parfois agir avec une grande promptitude.

Si, au contraire, on se porte à l'action par impulsion de la volonté ou de la passion, en négligeant tous les intermédiaires dont nous venons de parler : mémoire du passé; attention au présent, prévoyance de l'avenir, docilité, alors on trébuche et on tombe; c'est inévitable.

Quelles sont les causes de la précipitation? — Comme te disent les auteurs spirituels, ce défaut vient de ce que nous substituons notre propre activité naturelle à l'action divine; nous agissons avec une ardeur fébrile, sans réflexion suffisante, sans prier pour demander la lumière au Saint-Esprit, sans consulter notre directeur de conscience. Cet empressement naturel est cause parfois de grandes imprudences fort dommageables par leurs résultats.

Souvent cet empressement naturel provient de ce que nous considérons seulement le but prochain à atteindre aujourd'hui sans voir son rapport avec le but suprême vers lequel nous devons marcher ; et, ne voyant plus alors que cette fin humaine immédiate, nous nous y portons de façon humaine par activité naturelle, sans assez demander le secours de Dieu.

On voit, par la formation que Notre-Seigneur a donner à ses apôtres, combien il les a prévenus contre cette précipitation ou empressement naturel, qui fait agir de façon inconsidérée et sans assez d'esprit de foi. Nous rappelions plus haut que Jean et Jacques, après leur premier apostolat, pendant lequel une bourgade refusa de recevoir leur prédication, demandèrent à Notre-Seigneur de faire tomber le feu du ciel sur cette bourgade. Jésus les appela alors avec une divine ironie Boanergès (8), ou fils du tonnerre, pour leur rappeler qu'ils devaient être des fils de Dieu et être, comme lui, plus patient à attendre le retour des pécheurs. Jean et Jacques comprirent, si bien même qu'à la fin de sa vie, Jean ne savait plus dire qu'une chose : « Aimez-vous les uns les autres, c'est le précepte du Seigneur. » A l'école de Notre-Seigneur, les boanergès deviennent des doux, ils ne perdent pas pour cela leur ardeur ou leur zèle, mais ce zèle devenu moins fougueux, devenu patient et doux, porte des fruits durables, les fruits de l'éternité.

Rappelons-nous aussi comment Pierre appelé à une si haute sainteté, fut guéri de sa précipitation et de sa présomption; il avait dit à Notre-Seigneur, qui annonçait sa Passion : « Quand vous seriez pour tous une occasion de chute, vous ne le serez jamais pour moi. » Jésus lui dit : « Je te dis, en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois (9). »

Pierre, humilié par sa faute, fut guéri de sa présomption, il ne compta plus sur lui-même, mais sur la grâce divine en demandant d'y être fidèle, et la grâce le conduisit ainsi jusqu'à la plus haute sainteté par la voie du martyre.

La précipitation dont nous parlons porte parfois certains jeunes, généreux et ardents, à vouloir arriver au sommet de la perfection, plus vite que la grâce, en brùlant les étapes, sans tenir compte des degrés intermédiaires, de la mortification nécessaire pour discipliner les passions, comme s'ils étaient déjà arrivés à l'union divine. Ils lisent parfois avidement, avec curiosité, les ouvrages mystiques et cueillent trop tôt ces belles fleurs avant que le fruit ait eu le temps de se former. Ils s'exposent ainsi à bien des illusions et, la désillusion venue, à tomber dans la paresse spirituelle et la pusillanimité. Il faut marcher d'un bon pas, même d'un pas toujours plus ferme et plus rapide au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Dieu qui nous attire davantage, mais il faut éviter ce que saint Augustin appelle magni passas extra viam, de grands pas en dehors du droit chemin.

Les effets de cette précipitation et du contentement de soi-même, qui l'accompagne, sont la perte du recueillement intérieur, le trouble et l'agitation stérile, qui n'a de l'action féconde que le dehors, comme la verroterie imite Ie diamant.

Les remèdes à cette précipitation sont faciles à indiquer. Puisque ce défaut provient de ce que nous substituons notre action naturelle empressée à celle de Dieu, le principal remède est dans une pleine dépendance à l'égard de Dieu et dans la conformité de notre volonté à la sienne. Pour cela il faut réfléchir mûrement avant d'agir, demander la lumière au Saint-Esprit, écouter aussi les conseils du directeur spirituel qui a grâce d'état pour nous guider, et peu à peu, à la place de la precipitation viendra la docilité habituelle à l'action de Dieu en nous. Nous serons un peu moins contents de nous-mêmes et nous trouverons une plus grande paix et, de temps en temps, une véritable joie en Dieu.

Pour discipliner les passions, il faut donc être attentif à combattre d'une part et la vivacité de tempérament unie à la présomption qui provient d'une trop grande estime de nous-mêmes, et aussi la mollesse, la paresse qui serait encore plus nuisible à la vie intérieure. Par ce travail lent, mais persévérant, sur lequel nous devons nous examiner tous les jours, il faut que les ardents, les boanergès, deviennent des doux, sans perdre la véritable ardeur spirituelle, qui est le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Et il faut aussi que les doux, peut- être portés par nature à la mollesse et à l'insouciance, à la négligence, deviennent des forts.

Les uns ei les autres s'élèveront ainsi par des versants différents vers le sommet de la perfection et ils verront que c'est une grande chose de savoir peu à peu se discipliner, se bien conduire, ou mieux, de savoir rester habituellement fidèle à la grâce « sans laquelle, dans l'ordre du salut, nous ne pouvons rien faire ».

Alors les passions, non plus déréglées, mais disciplinées, deviendront des forces vraiment utiles pour le bien de notre âme et pour le bien à faire aux autres. Alors l'audace sera au service de la force qui dominera la crainte irréfléchie quand il s'agira, par exemple, de venir rapidement au secours du prochain en détresse. De même la mansuétude, qui suppose une très grande maîtrise de soi, reprimera la colère pour qu'elle ne soit jamais que la sainte indignation du zèle, d'un zèle qui, sans rien perdre de son ardeur, reste patient et doux, et qui est le signe de la sainteté.

RÉFÉRENCES
—(1) l• II•, q. 22, a . 3.
(2) Cf. BOSSUET, De la connaissance de Dieu et de soi-même, ch. T, 6.
— (3) Jean, if, 15.
— (4) I° II•°, q. 2 4 , a. 3.
— (5) S. Thomas, l,IIq. 24, a . 3
(6) Cf. saint Thomas, q. 15, a. 4, 5, 6, 7, 9
(7) 11' q 53, a 3; q 54, a I, ad 2.
— (8)Marc, lu, 17
— (9) 'Matth , xivr, 33

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre

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12
2
13
3
14
4
15
5
16
6
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10
21
11