+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome I
Partie -1- chapitre 3
De l'organisme spirituel-2

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
Tome I
Partie -1- chapitre 3
De l'organisme spirituel-2
— Art. IV. Les dons du Saint-Esprit.


ARTICLE IV

LES SEPT DONS DU SAINT—ESPRIT

Rappelons sur ce point ce que nous disent la Révélation divine, l'enseignement traditionnel de l'Église, et l'explication qu'en donnent les théologiens, surtout saint Thomas .

Le témoignage de l'Écriture

La doctrine révélée sur les dons du Saint-Esprit est principalement contenue dans le texte classique d'Isaïe, xi, 2, que les Pères ont souvent commenté, en disant qu'il s'appliquait d'abord au Messie, et ensuite par participation à tous les justes, à qui Jésus a promis d'envoyer l'Esprit-Saint.

En ce texte, Isaïe annonce au sujet du Messie : « Sur lui reposera l'Esprit de Dieu, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de Dieu (1). »

Dans le livre de la Sagesse VII, 7-30, on lit aussi : « J'ai prié, el l'esprit de sagesse est venu en moi. Je l'ai préférée cette sagesse aux sceptres et aux couronnes... L'argent à côté d'elle ne vaut pas plus que de la boue. Je l'ai aimée plus que la santé et la beauté... Avec elle me sont venus tous les biens... J'ignorais pourtant qu'elle était leur mère. Je l'ai apprise sans arrière-pensée, je la communique sans envie... Elle est pour les hommes un trésor inépuisable; ceux qui en jouissent ont part à l'amitié de Dieu... A travers les âges, elle se répand dans tous les les âmes saintes; elle en fait des amis de Dieu et des prophètes. Dieu, en effet, n'aime que celui qui habite avec la sagesse. » On voit déjà ainsi qu'elle est le plus élevé des dons du Saint-Esprit énumérés par Isaïe..

Cette révélation de l'Ancien Testament prend tout son sens à la lumière de ces paroles du Sauveur (Jean, xtv, 16-26) : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements. Et moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu'il demeure toujours avec vous; c'est l'Esprit de vérité... Il sera en vous... L'Esprit- Saint, que môn Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Saint Jean ajoute, pour prémunir les fidèles con­tre les fauteurs d'hérésie, (I Joan., u, 20, 27) : « Pour vous, mes petits enfants, vous avez. reçu l'onction .du Saint- Esprit... L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que personne vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne sur toute chose, cet enseignement est véridique et n'est point un mensonge. » De plus, il y a dans la sainte Ecriture des textes communément cités comme, relatifs à chaque don en particulier (2).


La Tradition

Dans la suite, les Pères de l'Église ont souvent commenté ces paroles de, l'Écriture, et à partir du IIIe siècle la Tradition affirme explicitement .que les sept dons du Saint-Esprit sont en tous les justes (3).

Le Pape saint Damase, en 382, parle de l'Esprit septiforme qui reposa sur le Messie et énumère les dons (4).

Mais c'est surtout saint Augustin' qui explique cette doctrine en commentant le Sermon sur la montagne (5). Il montre la correspondance des béatitudes évangéliques et des sept dons. La crainte représente le premier degré de la vie spirituelle ; la sagesse en est le couronnement. Entre ces deux extrêmes, saint Augustin distingue une double période de préparation purificatrice à la sagesse une préparation lointaine par la pratique active des ver­tus morales correspondant aux dons de piété, de force, de science, de conseil, puis une préparation immédiate dans laquelle l'âme est purifiée grâce à une foi plus éclairée par le don d'intelligence, à une espérance plus ferme soutenue par le don de force, et à une charité plus ardente. La première préparation est dite vie active, la seconde est appelée vie contemplative (6), parce que l'ac­tivité morale est ici toute subordonnée à une foi rendue lumineuse par la contemplation, qui s'achève un jour, chez les âmes pacifiées et dociles, dans la sagesse parfaite (7).

Pour ce qui est de l'enseignement même de l'Église, rappelons que le Concile de Trente, sess. VI, ch. vu, dit : « La cause efficiente de notre justification est Dieu, qui, en sa miséricorde, nous purifie et nous sanctifie (I Cor., v1, 11) par Voiction et le sceau du Saint-Esprit, qui nous a été promis et qui est un gage de notre héritage., (Ephés., t, 13) (1). »

Le catéchisme du Concile de Trente (8) précise ce point en énumérant les sept dons d'après Isaïe, xi, 2, et en ajoutant : « Ces dons du Saint-Esprit sont pour nous comme une source divine où nous puisons la connaissance vivante des préceptes de la vie chrétienne et, par eux encore, nous pouvons connaître si le Saint-Esprit habite, en nous. » Saint Paul a dit, en effet ( Rom. , viII, (9) : « Le Saint-Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de (10).

Un des plus beaux témoignages de la Tradition sur les sept dons nous est donné par la liturgie de la Pentecôte. En particulier à la messe de ce jour, on lit la séquence

Veni sancle Spiritus,
El enzille millas
Lucis luae radium...

« Venez, ô Saint-Esprit, et envoyez du ciel un rayon de votre lumière. Venez, père des pauvres. Venez, distributeur des grâces. Venez, lumière des coeurs. Consolateur excellent, Hôte très doux de notre,âme, Douceur rafraîchissante, Repos dans le labeur, Calme dans l'ardeur, Soulagement dans les larmes. »

O lux bealissima,
Reple tordis intima
Tuorum fidelzum.

« 0 lumière sbienheureuse, Inondez jusqu'au plus intime le coeur de vos fidèles... Échauffez ce qui est froid, Redressez ce qui dévie... »

Da luis fidelibus,
In le conficlenlibus,
Sacrum sepienarium.

« Donnez à vos fidèles, qui en vous se confient, les sept dons sacrés. Donnez-leur le mérite de la vertu. Donnez une fin heureuse. Donnez l'éternelle joie. »

De même, dans le Veni creator Spiritus, il est dit :

Tu seplitorms munere
Attende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus

« C'est Vous l'Esprit aux sept dons... Éclairez nos esprits de votre lumière, et versez l'amour dans nos coeurs (11). »

Enfin le témoignage de la Tradition s'exprime admirablement par l'Encyclique de Léon XIII sur le Saint-Esprit (12), où il est dit que nous avons besoin, pour compléter notre vie surnaturelle, des sept dons du Saint- Esprit :

« Le juste qui vit de la vie de la grâce et qui agit par les vertus comme par des facultés (nouvelles) a absolument besoin des sept dons qu'on appelle plus particulièrement dons du Saint-Esprit. Par ces dons, l'esprit de l'homme est élevé et rendu apte à obéir plus facilement et plus promptement aux inspirations et impulsions du Saint-Esprit. Aussi ces dons sont d'une telle efficacité qu'ils conduisent l'homme au, plus haut degré de la sainteté; ils sont si excellents qu'ils demeureront les mêmes au ciel, quoique dans un degré plus parfait. Grâce à eux, l'âme est excitée et amenée à obtenir les béatitudes évangéliques, ces fleurs que le printemps voit éclore, signes précurseurs de la béatitude éternelle...

« Puisque les dons sont si grands, continue Léon XIII, et qu'ils montrent si nettement l'immense bonté de l'Esprit-Saint à notre égard, ils nous obligent à lui témoigner la plus grande\piété et soumission. Nous y parviendrons aisément en nias appliquant chaque jour advantage à le connaître, l'aimer, l'invoquer... Il importe de rappeler clairement les bienfaits sans nombre qui ne cessent de découler pour nous de cette source divine... On doit aimer le Saint-Esprit parce qu'il est Dieu... et aussi parce qu'il est l'Amour premier, substantiel, éternel, et rien n'est plus aimable que l'amour... Il nous accordera ses dons célestes en abondance, d'autant plus que, si l'ingratitude ferme la main du bienfaiteur, par contre, la reconnaissance la fait rouvrir... Il faut lui demander assidûment et avec confiance de nous éclairer de plus en plus, de nous brûler des feux de son amour, afin qu'appuyés sur la foi et la charité, nous marchions avec ardeur vers les récompenses éternelles, car il est lé gage de notre héritage. »

Tels sont les principaux témoignages de la Tradition sur les sept dons du Saint-Esprit. Rappelons brièvement les précisions qu'apporte sur ce point la théologie, surtout dans la doctrine de saint Thomas, qui a été en substance approuvée par Léon XIII dans l'Encyclique dont nous venons de rapporter les principales parties et où le Docteur angélique est souvent cité.


Les dons du Saint-Esprit selon saint Thomas (13)

Le saint Docteur nous montre surtout trois choses :
1° que les dons sont des dispositions habituelles permaventes (des habitus) spécifiquement distinctes des vertus;
2° qu'ils sont nécessaires au salut;
3° qu'ils sont connexes avec la charité et grandissent avec elle.

« Pour distinguer les dons des vertus, dit saint Thomas (14), il faut suivre la manière de parler de l'Écri­ture, qui les appelle non pas précisément des dons, mais des esprits. Ainsi est-il dit dans Isaïe (xi, 2) : « Sur lui reposera l'esprit de sagesse et d'intelligence..., etc. » Ces mots donnent à entendre clairement que les sept esprits énumérés là sont en nous par une inspiration divine ou une motion extérieure (ou supérieure) de l'Esprit-Saint. Il faut considérer, en effet, que l'homme est mû par un double principe moteur (ou directeur) : l'un lui est intérieur, c'est la raison; l'autre lui est extérieur, c'est Dieu, comme il a été dit plus haut (I' Ilae, q. 9, a . 4 et 6), et comme Aristote lui-même l'a dit, dans la Morale à Eudème (1. VII, ch. xiv, de la bonne fortune).

« II est manifeste d'ailleurs que tout ce qui est mû doit être proportionné à son moteur; et la perfection du mobile comme tel est la disposition qui lui permet précisément d'être bien mû par son moteur. Aussi plus le moteur est élevé, plus parfaites doivent être les dispositions qui préparent le mobile à recevoir son influence. Pour recevoir la haute doctrine d'un grand maître, il faut avoir une préparation spéciale, une disposition proportionnée.

.« Il est clair enfin que les vertus humaines perfectionnent l'homme en tant qu'il se dirige par sa raison (15); dans sa vie intérieure et extérieure. Il faut donc qu'il y; ait en lui des perfections supérieures qui le disposent à être mû divinement, et ces perfections sont appelées. dons, non seulement parce qu'elles sont infuses par, Dieu, mais parce que par elles l'homme devient capable de recevoir promptement l'inspiration divine (16), selon le mot d'Isaïe (I, 5) : « Le Seigneur m'a ouvert l'oreille,, « pour me faire entendre sa voix; quoi qu'il me dise, je ne « résiste point, je ne retourne pas en arrière. » Et Aristote lui-même dit, loc. cil., que ceux qui sont mus par un instinct divin n'ont pas besoin de délibérer comme le fait l'humaine raison, mais qu'ils doivent suivre l'inspiration' intérieure, qui est un principe supérieur. Et c'est pourquoill certains disent que les dons perfectionnent l'homme en le disposant à des actes supérieurs à ceux des vertus. »

On voit par là que les dons du Saint-Esprit ne sont pas des actes, ni des motions actuelles ou secours passagers de la grâce, mais bien des qualités ou dispositions infuses permanentes (des habitus) (17), qui rendent l'homme promptement docile aux inspirations divines. Et Léon XIII, dans l'Encyclique Divinum illud munus, que nous avons longuement citée un peu plus haut. a approuvé cette manière de concevoir les dons. Ils disposent l'homme ad prompte obediendum Spiritai Sanclo, à obéir promptement au Saint-Esprit, comme les voiles disposent la barque à suivre l'impulsion du vent favorable, et, par cette docilité passive, ils nous aident à produire ces oeuvres excellentes connues sous le nom de béatitudes (18). Les saints sont, à ce point de vue, comme de grands voiliers, dont toutes les voiles déployées reçoivent comme il faut l'impulsion du vent. L'art de la navigation enseigne à déployer les voiles au moment opportun, et à les tendre comme il convient pour profiter du vent favorable.

Cette image nous est donnée par Notre-Seigneur lui- même lorsqu'il nous dit (Jean, Tu, 8) : « Le vent souffle où il veut, el lu entends sa voix, mais lu ne sais ni d'où il vient, ni où il va ; ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit » et est docile à son inspiration. Nous ne savons pas bien, dit à ce sujet saint Thomas (18), où s'est forméprécisément le vent qui souffle ni jusqu'où il se fera sentir, de même nous ne savons pas où précisément commence une inspiration divine, ni jusqu'à quel degré de perfection elle nous conduirait si nous lui étions pleinement fidèles Ne soyons pas comme des voiliers, qui, par suite de la négligence à observer le vent favorable, tiendraient leurs voiles pliées quand elles doivent être étendues.

D'après ces princip es, la grande majorité des théologiens tient, avec saint Thomas, que les dons sont réellement et spécifiquement distincts des vertus infuses, comme sont distincts les principes qui les dirigent : le Saint-Esprit et la raison éclairée par la foi. Ce sont là deux directions régulatrices, deux règles différentes, qui constituent des motifs formels différents. Or c'est un principe fondamental que les habitudes (habitus) sont spécifiées par leur objet et leur motif formel, comme la vue par la couleur et la lumière, l'ouïe par le son. Le mode humain d'agir résulte de la règle humaine, le mode suprahumain résulte de la règle suprahumaine ou divine, de l'inspiration du Saint-Esprit, « modus a mensura causatur (19) ». C'est ainsi que la prudence même infuse procède par délibération discursive, en quoi elle diffère du don de conseil, qui nous dispose à recevoir une inspiration spéciale d'ordre supradiscursif (20). Devant une question indiscrète, par exemples la prudence même infuse reste hésitante, ne sachant trop comment éviter le mensonge et garder un secret, tandis qu'une inspiration spéciale du Saint-Esprit flous tire d'embarras, comme Jésus l'avait annoncé à ses disciples (Matth., x, 19).

De même, tandis que la foi adhère simplement aux vérités révélées, le don d'intelligence nous en fait scruter la profondeur, et celui de sagesse nous les fait goûter. Les dons sont ainsi spécifiquement distincts des vertus (21).

Saint Thomas ajoute dans sa Somme théologique (22) ce qu'il n'avait pas encore dit dans son Commentaire sur les sentences, que les dons du Saint-Esprit sont nécessaires au salut. Le livre de la Sagesse (vit, 28) nous dit en effet : « Dieu n'aime que celui qui habite avec la sagesse »; et on lit dans l'Ecclésiastique 1, 28,: «Celui qui n'a pas la crainte de Dieu ne pourra devenir juste. » Or le plus élevé des dons est celui de sagesse, et le dernier celui de crainte.

De plus, remarque saint Thomas, ibid., même les vertus infuses, théologales et morales, qui s'adaptent au mode humain de nos facultés, nous laissent dans un état d'infériorité à l'égard de notre fin surnaturelle qu'il faudrait connaître d'une façon plus vive, plus pénétrante, plus savoureuse, et vers laquelle il faudrait se porter avec plus d'élan (23).

La foi resté essentiellement imparfaite, même lorsqu'elle est élevée, pour 'trois raisons :

1° à cause de l'obscurité de son objet, qu'elle n'atteint pas immédiatement, mais comme dans un miroir et de façon énigmatique, in speculo el in cenigmale (1 Cor., xitr, 12);
2° elle ne l'atteint que par des formules dognzaliques multiples, alors que Dieu est souverainement simple;
3° elle l'atteint de façon abstraite, par des propositions affirmatives et négatives (componendo el dividendo), alors que le Dieu vivant est la lumière de vie, qu'il faudrait pouvoir connaître d'une façon, non pas abstraite, mais quasi expérimentale (24).

L'espérance participe à l'imperfection de la foi, et même la charité, tant que c'est la foi qui lui propose son objet.

A plus forte raison, la prudence, même infuse, est-elle imparfaite, du fait qu'elle doit recourir au raisonnement, à: la recherche des raisons d'agir, pour diriger les vertus morales. Elle reste hésitante assez souvent, par exemple pour répondre comme il convient à une question indiscrète sans livrer un secret, ni manquer à la vérité. Il faudrait parfois pour cela une bonne inspiration; de même pour résister efficacement à certaines tentations ou subtiles, ou violenles et prolongées.

« La raison humaine, dit saint Thomas (25), même lorsqu'elle est perfectionnée par les vertus théologales, ne peut connaître tout ce qu'il importerait de savoir, et se préserver de tout égarement (slultilia). Celui-là seul qui est omniscient et tout-puissant peut remédier à notre ignorance, à l'hébétude ou sottise spirituelle, à la dureté du coeur et autres choses de ce genre. C'est pour nous délivrer de ces défauts que nous sont donnés les dons, qui nous rendent dociles aux inspirations divines. »

En ce sens, ils sont nécessaires au salut, comme les voiles sont nécessaires sur la barque pour qu'elle soit docile au souffle du vent favorable, bien qu'elle puisse avancer aussi à force de rames. Ce sont deux manières très distinctes d'avancer, bien qu'elles puissent être unies ou simultanées.

« Par les vertus théologales et morales, dit saint Thomas, l'homme n'est pas tellement perfectionné en vue de la fin ultime surnaturelle qu'il n'ait toujours besoin d'être mû par une inspiration supérieure du Saint-Esprit (26). »

C'est en lui un besoin permanent, et c'est pourquoi les 'dons sont en nous une disposition infuse permanente (27)

Nous faisons usage des dons un peu comme de la vertu. d'obéissance pour recevoir docilement une direction supé. rieure et agir selon celle direction, mais nous n'avons pas cette inspiration supérieure quand nous voulons (28). En ce sens, par eux nous-sommes passifs à l'égard.du Saint- Esprit, pour agir sous son influencé.

On s'explique mieux ainsi que, comme l'obéissance, lesdons soient dans le juste une disposition permanente (29).
On voit mieux cette grande convenance, et même cette nécessité des dons, en considérant, comme l'indique saint Thomas (la II", q. 68, a . 4, et II' II", q. 8, a . 6), la perfection que chacun d'eux donne soit à l'intelligence, soit à la volonté et à la sensibilité.


On peut l'exprimer ainsi :

Les dons perfectionnent
L'intelligence éclairée par la foi
Don
Vertus correspondants
Pour la pénétration dela vérité
don d'intelligence
Foi
Pour Juger
-des choses divines
-des choses créées
don de sagesse
don de science
don de conseil
charité
espérance
prudence
Les dons perfectionnent
La volonté et la sensibilité
Don
Vertus correspondants
Relation au culte dû à Dieu
don de piété
religion
 
contre la crainte du danger
don de force
 
contre les concupiscences déréglées
don de crainte
tempérance

On voit que les dons qui dirigent les autres sont supérieurs, parmi eux celui de sagesse est le plus élevé, parce qu'il nous donne une connaissance quasi expérimentale de Dieu, et par là un jugement sur les choses divines qui est supérieur encore à la pénétration du don d'intelligence (qui appartient plutôt à la première appréhension qu'au jugement).

Le don de science correspond à l'espérance en çe sens qu'il nous fait voir le vide des choses créées et des secours humains, et par là la nécessité de mettre notre confiance en Dieu pour arriver à le posséder. Le don de crainte perfectionne aussi l'espérance en nous préservant de la présomption, mais il correspond encore à la tempérance pour nous aider contre les tentations (30). Et à ces sept dons correspondent les béatitudes qui sont leurs actes, comme le montre bien saint Thomas (31).

Enfin il suit de la nécessité des dons pour le salut, qu'ils sont connexes avec la charité, selon la parole de saint Paul aux Romains (v, 5) : La charité de Dieu est répandue dans nos coeurs par l'Esprit-Saint, qui nous a été donné. » L'Esprit-Saint ne vient pas en nous sans ses sept dons, qui accompagnent ainsi la charité et qui, par suite, se perdent comme elle par tout péché mortel.

Ils appartiennent ainsi à l'organisme spirituel de la grâce sanctifiante, qui est appelée pour cette raison «grâce des vertus el des dons (32) ». Et comme toutes les vertus infuses grandissent ensemble ainsi que les cinq doigts de la main (33), il faut en dire autant des sept dons. On ne conçoit donc pas qu'un chrétien ait une haute charité, celle qui convient à la perfection, sans avoir en même temps les dons du Saint-Esprit à un degré proportionné, bien que peut-être, en lui, les dons d'intelligence et de sagesse s'exercent sous une forme moins contemplative que chez d'autres et plus pratique, comme il arrivait chez un saint Vincent de Paul et chez tant d'autres saints appe­lés à se dévouer au prochain dans les oeuvres de la vie active (34).

Nous traiterons plus loin de la docilité au Saint-Esprit et des conditions qu'elle exige (Ille P., ch. xxi), mais nous voyons dès maintenantda valeur de cet organisme spirituel qui est en n( us la vie éternelle commencée, plus précieuse que la vue, que la vie physique, que l'usage de la raison, en ce sens que la perte de l'usage de la raison chez le juste ne lui enlève pas ce trésor, que la mort même ne peut nous arracher. Cette grâce des vertus et des dons est plus précieuse aussi que le don des miracles, que le don des langues, ou la prophétie, car ce sont là seulement des signes surnaturels en quelque sorte extérieurs, qui peu­vent montrer le chemin qui mène à Dieu, mais qui ne peuvent, comme la grâce sanctifiante et la charité, nous unir à lui (35).

Pour mieux voir comment doivent s'exercer les diverses fonctions, de cet organisme spirituel, il nous reste à parler de la grâce actuelle nécessaire à l'exercice des vertus et des dons (36).


RÉFÉRENCES

—(1) Le texte hébreu ne mentionne pas le don de piété, mais les Septante et la Vulgate le font, et depuis le Ill° siècle la Tradition affine ce nombre septénaire. De plus, dans le texte hébreu d'Isaïe, au verset 3; la crainte est nommée une seconde fois et dans l'Ancien Testament les, termes « crainte de Dieu » et « piété » ont peu près le même sens.",
—(2) On les Douve cités dans saint Thomas là où il traite de chacun des sept dons.
— (3) Cf. A. OARDEIL, O. P. Dictionnaire. de Théologie catholique, article Dons du Saint-Esprit, t.IV, col. 1728-1781.
—(4) Cf. DENZINGER, Enrichidion, 83.
—(5) De sermone Doinini, 1. I; c. 1-4. — De doctrines ch, istiann, 1.11, C. 7. — Sermo 347
—(6) Cf. De T rinilate, 1. XII-XIV.
—(7) Cf. FULBERT CAYRg, A. A. I,a Contemplation augustinienne, ch.:1 et lu, où il est montré que la contemplation, selon saint Augustin, est une sagesse surnaturelle. Elle a pour principe, ,avec la foi, une action supérfeure de l'Esprit-Saint, qui fait en quelque sorte toucher et goûter Dieu.
—(8) Ibid., n' 799.
—(9) Catéchisme da Concile de Trente, I" P., ch. ts, 4 3 : « Je crois en Saint-Esprit. »
—10) Cf. SAINT TIIOMAS, in Epist. ad Rom. , mi, 16.
—(11) Ce dut être un grand ,Contemplatif qui composa cette très belle prière qui sera dite jusqu'à la fin du monde. Il n'est pas utile de savoir son nom, il fut une voix de Dieu, comme l'inconnu qui composa l'Amen de Dresde, qui se retrouve dans une partition de Wagner et, dans une oeuvre de Mendelssohn.
—(12) Encyclique Divinum illud munus, g mai 1897, circa finem : « Hoc amplius, hornini justo, vitam scilicet viventi divinae gratiae et per con­gruas virtutes tànquam facultates agenti, opus plane est septenis illis guae proprie dicuntur Spiritus Sancti donis. Horum enim beneficio instruitur animus et munitur ut ejus vocibus algue impulsioni facilius promptiusque obsequatur; haec propterea dons tantae sunt efficacitatis ut eum ad fasligiurn sanctimoniae adducant, tantaeque excellentiae ut in cœlesti regno eadem, quanquam perfectius, perseverent. Ipsorumque ope charisrnatura provocatur aplanis et effertur ad appetendas adipiscendasque beatitudtnes evangelicas, quae, perinde ac flores verno tempore erumpentes, indices ac nuntiae sunt beatilatis perpetuo mansurae. .. (Ce texte montre : r° la nécessité des dons : « opus plane est »; 2° leur nature : ils nous rendent dociles au Saint-Esprit; 3° leurs effets . ils peuvent nous conduire au sommet de la sainteté.)

« Haec omnia quurn tanta sint, quumque Spiritus Sancti bonitatem in nos irnmensam luculenter déclarent, omnino postulant a nobis, ut obsequii pielatisque studium in eum quant maxime inlendamus. Id autem christiani homines recte optimeque efficient, si eumdem certaverint majore quo­tidie cura et noscere et amare et exorare.. lllud commemorandum enucleateque explanandum est, quam malta et magna beneficia ab hoc largitore divino et manaverint ad nos et manare non desinant... Spiri­tui Sanaa... debelur amor, quia Deus est... Amandusque idem est, quippe substantialis, aeternus, primus amor; amorce alitent nihil est amabilius Coeles­tium doporum copiam nobis conciliabit largiorem (hic amor), eo quod donantis manum ut angustus animus contrahit, ita gratus et memor dilatat... Demum hoc est fidenter assidueque supplicandum, ut nos quotidie mugis et lute sua illustret et caritalis suae quasi facibus incendat; sic enim fide et aurore freti acriter enitamur ad praemia seterna, quoniam ipse est pignus hereditalis nostrae. »
— (13) Cf. SAINT THOMAS, In III Sent., dist. 34-35; P II" q. 68; Il' II", qq. 8, 9, 19, 45, 52, 121, 539; voir ses commentateurs, surtout CAJÉTAN et JEAN DE SAINT-THOMAS, in P II", q- 68. On consultera aussi utilement saint Bonaventure. dont la doctrine diffère sur certains points secondaires de celle de saint Thomas; cf. Breviloquium, pars V, c. v et vr, et J. FR. BONNEFOY : Le Saint-Esprit et ses dons selon saint Bonaventure. Paris, Vrin, 1929, et Dict de Speri,ualité, art. Bonaventure.
— (14) Voir aussi DENYS LE CHARTREUX, De donis Spiritus Sancli (excellent traité); J.-B. DE SAINT-JURE, S. J., L'homme spirituel, 1" Partie, ch. iv Des sept dons; L. LALLEMANT, S .1., La doctrine spirituelle, IV' Principe , La docilité à la conduite du Saint-Esprit. — FROGET, O. P., De l'habita­tion du Saint-Esprit, Paris , 1900, pp. 378-424. — GARDEIL, O. P., Dons du Saint-Esprit (Dict. Théol. cath., t. IV, col. 1728-1781); La structure de Udine et l'expérience mystique, Paris, 1927, t Il, pp. 192-281. Du même auteur : Les dons du Saint-Esprit dans les saints dominicains (y voir' surtout l'in­troduction), 1903, — et plusieurs articles du même théologien, Sur divers dons en particulier, parus dans La Vie Spirituelle, en 1932, 1933.D. JORET, O. P., La contemplation mystique d'après saint Thomas d'Aquin, 1927, pp. 36-62. Nous avons aussi traité ailleurs plus longuement çe sujet important, cf. Perfection chrétienne et contemplation, 1023, t. I, ch. 1v, , a. 5 et 6, PP. 338-417, et t. Il, pp. 769-776; et 7' édition du même ouvrage, 1929, ibid., et t. Il, pp. [52] à: [63] et [841 à [12o]. Item, La Vie Spirituelle, nov. 1932, suppl. : Les dons ont-ils un mode humain; et ibid., oct. 1933, sup­plément : A propos du mode supra-humain des dons du Saint-Esprit, repro­duit ici plus loin, p. 104-113.s) P q. 68, a . 1.

—(15) Il s'agit, dans l'ordre surnaturel, de la raison éclairée, par la foi; • c'est ainsi, en particulier, que la prudence infuse dirige les vertus mora• les infuses.
— (16) « Secnndum ea homo disponitur, ut efficiatur prompte mobtlts ab, inspiratione divina. »(OP q. 68, a . 3, et III Sent., d. 34, q.1,. a. 1.
— (17) 1' II", q. 68, a . 3 : « Doria Spiritus Sancti sunt quidam habitus quibus homo perficitur aci prompte obediendum Spiritui Sancto. »— P IL'' q. 70, a . 2 « Beatitudines dicuntur solum perfecla opera, quae etiam ratione suae perfectionis magis attribuuntur donis quam virtutibus.»
— (18) Cf. Saint Thomas in Joannen, III, 8 : « Scitur u nde ventus veniat in generati, non veto in speciali, id est in qua plaga determinate aut quo vadat, id est ubi determinate cesset... Ita Spiritus Sanctus perducit ad occultum finem, scilicet ad beatitudinem aeternam;... et nescimus ad quamnam perfectionem hominem adducat... In viro spiri­tuali sont proprietates Spiritus Sancti, sicut in carbone succenso sunt proprietates ignis. »
—(19) Ce principe, contenu dans le Commentaire de saint Thomas sur les Sentences et dans sa Somme Théologique, marque la continuité de ces deux ouvrages. Cf. Hl, d. 34; q. 2, a . i, qc. 3; — q, 3, a . I, cic• el I' q. 68, a . i, et a. 2, ad c`''. Nous avons étudié ce point particulier dans Perfection chrétienne a contemplation, 7' éd., t. Il, pp. [52]-[611].
—(20)Cf. SAINT THOMAS IV 11", q. 52, a . I, ad t"
—(21) D'autres graves inconvénients suivraient de la négation de la dis­tinction st écifique des vertus et des dons. On n'expliquerait pas pour­quoi certains dons, comme la crainte, ne figurent pas au nombre des vertus, ni pourquoi le Christ a possédé les sept dons, comme nous l'ap­prend Isaïe, xi, a, sans avoir certaines vertus infuses qui supposent une Imperfection, comme la foi, l'espérance et la pénitence.
—(22) ll", q. 68, a . a.
—(23) Cf. ibidem.

—(24) C'est ce que permet le don de sagesse.
—(25) l' II q. 68, a . 9, ad
—(26) Ibid., ad 2°. Quelques théologiens, comme l'abbé Perriot (Ami du Clergé, i8g2, p.3p), s'appuyant sur le texte de saint Thomas que nous venons de citer, ont' pensé que pour lui les dons interviennent dans toute oeuvre méritoire. Le P. B. Froget, O. P., L'habitation du Saint- Esprit dans les dues justes, Ir P., ch. vt, pp. 407-424, et le P. Gardeil (Dia. Théol., art. Dons, fin, col. 1779), ont montré que ce n'est point la vraie pensée de saint Thomas. Dire que les dons du Saint-Esprit doivent intervenir en tout acte méritoire, même imparfait Vernissas et quantumvis remissus), ce serait confondre la grâce actuelle commune avec l'inspiration spéciale à laquelle les dons nous rendent dociles. Saint Thomas, dans le texte que nous venons de citer, veut dire : L'homme n'est pas tellement perfectionné par les vertus théologales qu'il n'ait toujours besoin d'être inspiré par le maître intérieur (semper, non prosemper), comme nous disons : « J'ai toujours besoin de ce chapeau », non pas pourtant du matin au soir, ni du soir au matin; de même l'étudiant en médecine n'est pas tellement instruit qu'il n'ait toujours besoin de l'assistance de son maitre pour certaines opérations. C'est un besoin non pas transitoire, mais permanent; c'est ce qui montre que les dons doivent être non pas des inspirations transitoires, comme la grâce de la prophétie, mais des dispositions infuses permanentes.

De plus, il,est sûr qu'on peut faire un acte surnaturel de foi, avec une grâce actuelle, sans aucun concours des dons du Saint-Esprit, sans pénétrer ni goûter les mystères auxquels on adhère. C'est le cas du fidèle qui est èn état de péché mortel, et qui, en perdant la charité, a perdu les sept dons. Mais, par contre, on admet communément que les dons du Saint- Esprit influent fréquemment d'une façon latente, sans que nous en ayons conscience, pour donner à nos actes méritoires une perfection qu'ils n'auraient pas sans cela. Ainsi une brise favorable facilite le travail des rameurs.

De la sorte, comme l'enseigne saint Thomas , P q. 68, a . 8, les dons sont supérieurs aux vertus morales infuses. Et bien qu'ils soient moins élerés que les vertus théologales, ils leur apportent une perfection de plus, celle par exemple de pénétrer et de goûter les mystères de la foi.

—(27) P IN, q. 68, a . 3.
—(28) Cf. JEAN DE SAINT-THOMAS, De donis, disp. i8, a. 2, n° 31.
—(29) SAINT THOMAS (I' [1", q. 6f , a. 3) et ses commentateurs, en particulier Jean de Saint-Thomas, montrent bien qu'il convient hautement que les dons soient en nous des dispositions permanentes (des habitus), peur nous rendre habituellement dociles au Saint-Esprit, qui reste toujours dans le juste, comme les vertus morales sont des dispositions permanentes pour rendre la volonté et la sensibilité habituellement dociles à la direction de la droite raison.

S'il en était autrement, l'organisme de la vie de la grâce, qui est le plus grand des dons de Dieu, resterait imparfait. Il ne convient pas que, selon le plan de la Providence , qui dispose tout suariter et fortiter, l'organisme de la vie surnaturelle dans le juste soit à ce point de vue moins parfait que celui des vertus acquises dirigées par la raison. Enfin, selon la tradition, la grâce habituelle est appelée « grâce des vertus et des dons ». Cf. SAINT THOMAS , IIP, q. 62, a . 2.
—(30) II' II" q. 141, a . i, 3°.
—(31) 1' 11", q. 69, a . 3, c. et ad 3; II' Il", q. 8, a . 7 ; q. g, a. 4 ; q. 45, a . 6;a.12; q. 121, a . 2; q. 139, a .2.A la suite de saint Augustin, saint Thomas montre que le don de 'nesse correspond à la béatitude des pacifiques, car il donne la paix et Permet de la donner aux autres, même parfois aux plus troublés. Celui d'intelligence correspond à la béatitude des coeurs purs, car ce sont ceux qui ont le coeur pur qui commencent dès ici-bas, d'une certaine façon. à voir Dieu en tout ce qui nous arrive. Le don de science, qui nous montre la gravité du péché, correspond à la béatitude de ceux qui pleurent leurs fautes. Le don de conseil, qui incline à la miséricorde, à celle des miséricordieux. Le don de piété, qui nous fait voir dans les hommes, non pas des rivaux, mais des enfants de Dieu et nos frères, correspond à la béatitude des doux. Le don de force à celle de ceux qui ont faim et soif de justice et ne se découragent jamais. Enfin le don de crainte à celle des pauvres en esprit, ils ont la sainte crainte du Seigneur, commencement de la sagesse.

—(32) Cf. SAINT THOMAS , Ill ', q. 62, a . a : « Utrum gratia sacramentalis aliquid addat super gratiam virtutum et donorum. » Saint Thomas dit ici que la grâce habituelle est ainsi appelée parce que d'elle procèdent . les vertus infuses et les dons, comme autant de fonctions d'un raine organisme.
—(33) Cf. I' II", q. 66, a ,,a. LES DONS DU SAINT-ESPRIT to3
—(34) De même, pour suivre la comparaison reçue, parmi les voiliers également dociles au souille du vent, le brick diffère de la goélette; la forme et la disposition des voiles varient; et en tels parages telle voilure convient mieux que telle autre. Il y a quelque chose de sem­blable dans l'ordre de la navigation spirituelle vers le port du salut.
—(35) Cf. SAINT THOMAS , P Il", q. I I 1, a . 5 : « Utrum gratia grà.tum faciens sit dignior quam gratia gratis data. » Saint Thomas répond, avec saint Paul (I Cor., mu, 1), que la grâce sanctifiante inséparable de la charité est beaucoup plus excellente, multo excellentior, que les grâces gratis daine.
—(36) Les vertus théologales, qui nous unissent au Saint-Esprit, sont supérieures aux sept dons, bien qu'elles reçoivent d'eux une perfection nouvelle; ainsi l'arbre est plus parfait que ses fruits. Ces vertus sont la règle des dons, en ce sens que les dons nous font mieux pénétrer et savourer les mystères auxquels nous adhérons par la foi; mais la règle Immédiate de l'acte des dons est l'inspiration spéciale du Saint-Esprit.


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