(1) Dans l'ouvrage Perfection chrétienne et contemplation, 1, p. 1-40, nous avons plus longuement parlé de l'objet et de la méthode de la théologie ascétique et mystique (méthode descriptive, méthode déductive, union des deux) et nous avons examiné d'après divers auteurs anciens et modernes la position du problème relatif à la distinction de l'ascétique et de la mystique.
(2) On pourrait aussi ne pas assez distinguer, cet appel général et éloigné de l'appel individuel et prochain.
(3) Quelques auteurs, en procédant ainsi trop à priori, ont soutenu que l'influence actuelle des dons du Saint-Esprit est nécessaire même pour qu'il y ait un acte faible (remissus) des vertus infuses, par exemple pour un acte de foi, où il n'y a encore aucune pénétration, ni aucun goût du mystère auquel on croit.
(4). Pour résoudre la question:« Est-il légitime de désirer humblement la contemplation infuse des mystères de la foi et l'union à Dieu qui en résulte? » il est clair qu'il ne suffit pas de connaître du dehors par des signes cette contemplation et cette union. Il faut connaître leur nature, et savoir si elles sont de soi quelque chose d'exiraordinaire, ou quelque chose d'éminent, mais de normal. L'usage presque exclusif de la méthode descriptive conduirait à considérer cette question de nature comme une question presque insoluble, dont n dit quelques mots à la fin d'un traité. C'est, au contraire, une question importante qui doit être traitée ex professo.
(5) Philippe de la Sainte-Trinité expose les mêmes idées dans le prologue de sa Summa Theologicae mysticae, édition 1874, P. 17•
Si nous citons ici Vallgornera plutôt que Philippe de la Sainte-Trinité, c'est parce que la division dont nous parlons apparaît plus clairement dans le premier. Quant au mérite de ces deux auteurs, celui de Philippe est notamment supérieur : Vallgornera l'a très souvent copié ad tillerara, comme II a copié les belles pages de Jean de Saint-Thomas sur les dons du Saint-Esprit. En ce sens l'ouvrage de Vallgprnera est supérieur à ce théologien, qui a su copier les bons endroits dans les meilleurs auteurs.
(6) Philippe de la Sainte-Trinité, avant Vallgornera, l'avait affirmé dans les mêmes termes, là où il parle de la contemplation infuse; c'est le même enseignement qui se trouve aussi chez les carmes Antoine du Saint-Esprit, Joseph du Saint-Esprit, ét chez bien d'autres que nous citerons plus loin, en traitant ce sujet.
(7) Un autre dominicain, Giov. MARIA ni Lnuno, dans sa Theologia Mystica, parue à Naples en 1743, divise de même son ouvrage, en plaçant au même endroit la purification passive des sens comme transition à la voie illuminative (p. 1 13), et la purification passive de l'esprit comme disposition à la vie unitive parfaite (p. 30,3), selon la doctrine de saint Jean de la Croix.
(8) Pratique de l'oraison mentale, 2' traité : Oraison extraordinaire, 8 éd., G. Beauchesne, Paris , 1911.
(9)Les Phénomènes mystiques (Traité de théologie-mystique). Paris , 1920
(10) La Evolucion mistica, Salamanca , 1908. Cuestiones misticas, 2° éd., Salamanca ; 1920.
(11) La Vie d'union à Dieu, 3° éd., 1921; Les Degrés de la vie spirituelle, 2 vol., 5' éd., 1Q2o; L'État mystique, sa nature, ses phases, a° éd., 1921.
(12) La Contemplation (prindipes de théologie mystique). Paris, Téqui, 1912.
(13) L'Oraison contemplative, Paris, Beauchesne, 1921, opuscule, voir aussi LOUIS PEETERS, S. J., Vers l'union divine par les exercices de saint Ignace (Museum Lessianum), 2° éd., 1931.
(13) La Structure de l'âme et l'expérience mystique, 2 vol., Paris, Gabalda, 1927 Voir aussi le livre posthume du même auteur : La vraie vie chrétienne. Paris , 1935.
(14) La Contemplation mystique d'après S. Thomas d'Aquin. Paris , 1923.
(15) Memenlo de vie spirituelle, 1923.
(16) P. GABRIEL De SA INTE•NIADELEINE, carme déchaussé, La contemplation acquise chez les théologiens carmes déchaussés, article paru dans La Vie Spirituelle et reproduit dans notre ouvrage : Perfection chrétienne et contemplation, t. II, p. 745-769.
(17) Cf. L'Enquête sur 'ce point parue dans La Vie Spirituelle, supplément de septembre 192g jusqu'à mai 1931.
(18)Y lire en particulier le témoignage des MI PP. Maréchal, S. J., Alb. Valensin, S. J., de la Taille, S. J., Cayré, assomptioniste, Jérôme de la Mère do Dieu, carme, Schryvers, rédemptoriste.
19) Perfection „chrétienne et contemplation, 1" éd., 1923, t. I, introduction, ch. I et in, a. 3 et 4, ch. iv, a. 3, 4, 5; t. II, ch. v, a. 1, 2, 3, 4,- 5, 7' éd., 1929, ibid. et appendices. — L'Amour de Dieu et la Croix de Jésus, 1929, t. Il, IV' et V' parties.
Les trois conversions et les trois voies, 1932, ch. tv et appendice.
(20) Cf, SAINT THOMAS, l' II", q.68, a. t, 2, 5.
(21) Nuit obscure, 1.1, ch. v111
(22r) Ibid , 1.1, ch. an,
(23) Amour de Dieu, I. VI, ch. ut. « L'oraison s'appelle méditation jusqu'à ce qu'elle ait, produit le miel de la dévotion; après cela elle se convertit en contemplation. » Voir les chapitres suivants sur la contemplation.
(24) Cf. SAINT THOMAS, III', q. 62, a. « Utrum gratis. sacrarneritaIii aliquid, addat super gratiam virtutum et- donorum ». où il est rappelé que la grâce habituelle ou sanctifiante perfectionne l'essence de l'âme, et que d'elle dérivent, dans les facultés, les vertus infuses (théologales et morales) et les sept dons du Saint-Esprit.
(25) Vie, ch. xxxi ; Obrce, t. I, p. 257.
(26) De ce point de vue, qui est le nôtre, la mystique proprement dite commence avec l'âge des progressants lorsque apparaissent les trots signes de la purification passive des sens notés par saint Jean de la Croix (Nuit obscure, 1 1, ch. ix.) C'est alors, en effet, que commence dans l'aridité prolongée, accompagnée d'une générosité vraie, la contemplation infuse des mystères du salut, contemplation qui conduit à l'intimité de l'union à Dieu. Nous verrons que ces trois signes de la purification passive des sens sont : i° l'aridité sensible prolongée, a° un vif désir de la perfection et de Dieu, 3° la quasi incapacité de s'appliquer à la méditation discursive, et l'inclination à considérer Dieu d'un simple regard avec attention aimante. Ces trois signes doivent être réunis. Un seul ne suffirait pas.
(27) Stun'Tnomas, II' q, 034, a . 3.
( 28) Cf. Perjeclton chrétienne et contemplation, L. t.11, p. 662-713g.
(29) Voir la table analytique des t. I et Il de cet ouvrage, et t. Il, p. 256. |