+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

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Titre de la série :
L'Esprit de Saint François d'Assise
Titre de la page:

Tome 2- Partie - 4- Ch-1-

JÉSUS-CHRIST A DONNÉ SON ESPRIT A SAINT FRANÇOIS D'ASSISE  DANS LA VUE DE LE PERPÉTUER EN L'ORDRE DE CE SÉRAPHIQUE PATRIARCHE, POUR L'AVANTAGE DE L'ÉGLISE

Nom de l'auteur:
P. Bernardin de Paris o.f.m.

Tome 2- Partie - 4- Ch-1-

JÉSUS-CHRIST A DONNÉ SON ESPRIT A SAINT FRANÇOIS D'ASSISE  DANS LA VUE DE LE PERPÉTUER EN L'ORDRE
DE CE SÉRAPHIQUE PATRIARCHE, POUR L'AVANTAGE DE L'ÉGLISE

V1-L'Église, en sa durée, est éternelle.

Dès ce premier moment qui devança tous les siècles, Dieu porta l'Église dans son sein; sa science envisagea ceux qui lui appartiendraient; son amour les élut; sa bonté prépara les grâces qui les sanctifieraient, et sa sapience ordonna lute l'économie de cette maison où il voulait ha­biter avec les hommes.

Le monde de la nature ne fut donc pas plus tôt sorti de ses mains, que Dieu fit couler de son sein cette Église, sa céleste épouse. Il lui donna son Fils pour chef, son Esprit pour coeur, sa verité pour doctrine, ses sacrements pour nourriture, son assistance pour sauvegarde, sa droite pour soutien. Comme elle était sa fille non moins que son épouse, il lui communiqua le privilège de son immensité aussi bien que celui de son immutabilité. Illa tira du rang des êtres qui doivent périr, et la dispensa des altérations que souffrent les plus grandes monarchies du monde, qui ont leur naissance, leur progrès et leur chute Il l'établit sur un trône si élevé au-dessous de toutes les vicissitudes, qu'elle n'en peut être touchée; elle voit au-dessus d'elle le changement des empires, les précipices des grandes fortunes, et la diversité des lois. Elle est immuable en son Chef, qui lui sera toujours uni; en son esprit, car l'Esprit de Dieu l'assistera sans relâche; en sa vérité, qui est une et indivisible. Elle est immense, au point, dit saint Augustin (1), de ne pouvoir être ni renfermée dans les espaces, ni limitée par les temps. Elle les embrasse tous, pour contenir en son sein les fidèles qui l'ont remplie et recueillir ceux qui doivent naître, les réunir à leur Chef, et les consommer en sa gloire.

V2-L',ordre des Pauvres évangéliques, contribuant à la ressembiance de l'Église avec son divin Chef, aura une s éale durée.

Si l'Église est le nouveau paradis de la terre, planté de la main du Seigneur, l'ordre des Enfants de la très haute Pauvreté est l'un des fleuves qui coulent de son sein pour porter la fécondité dans tout l'univers. Ayant l'honneur d'être une de ses plus nobles parties, il participe à la faveur de son immutabilité. Dieu, éternel, ne forme que des desseins éternels sur la religion séraphique des Pauvres. En ce divin conseil où se font les décrets de la prédestination des saints, il ordonne les secrètes voies qui les doivent mener à lui; puis il les crée dans le temps par sa puissance, il les appelle par sa vocation, et les sanctifie par ses grâces, pour les conformer à l'image de son Fils.

Ayant dessein d'attirer à soi quelques-uns des élus par les plus étroits sentiers de la loi nouvelle, il les leur marque en son Évangile; l'Église les leur enseigne par l'organe de ses ministres. C'est donc chose digne de suavité, que sa Providence , après la théorie, leur en fasse voir une démonstration sensible. L'état des Pauvres évangéliques est institué pour ce grand effet; il est un des moyens par lesquels Dieu veut exécuter, ses conseils sur la sanctification des prédestiner Cette religion, poursuivant donc un dessein éternel, doit être perpétuelle.

Il est important à la gloire de Dieu, à la beaué de l'Église et au salut du monde, que cet ordre soit exempt des lois des choses mortelles, ci semblent ne commencer que pour bientôt finie Si Dieu le laissait s'éteindre, après une naissance si éclatante en miracles, ce serait un motif de reprocher à sa puissance qu'elle est trop faible pour conserver les ouvrages de sa droite. L'Église litante étant le corps mystique de Jésus-Christ sa beauté consiste en ce qu'elle soit conforme d ce divin exemplaire : elle serait défectueuse, si parmi ses membres on n'apercevait point les livrées de son Prince souffrant et pauvre.

La nature a tant d'amour pour ses productions, qu'elle ne les abandonne jamais; elle s'efforce de les conserver par les principes qui leur ont donné naissance. La chaleur est la source de la vie de l'animal; elle entretient au fond de son coeur un feu éternel, qui repousse le froid comme l'ennemi qui peut éteindre cette vie. Dieu a bien d'autres tendresses pour les ouvrages de sa charité, qui sont les saints : tout ce qui est admirable en la nature, et tout ce qui est divin en la grâce, est créé pour leur service, dit saint Paul.

Deux choses doivent concourir à leur sanctification : la vérité, en instruisant leurs esprits; la sainteté, en réglant leurs moeurs. Pour les leur le Fils de Dieu, selon la puissance d'excellence qu'il a reçue de son Père, a établi en sen Église une céleste hiérarchie, composée de sinistres, dont les uns s'emploient à publier les vérités chrétiennes, et les autres ont pour étude principale de représenter, aux hommes, par l'intérité de leurs actions et les rigueurs par de leur vie, la sainteté du christianisme. Les prédestinés apprennent ainsi ce qu'ils doivent savoir et ce qu'ils doivent faire. Et, comme tous les siècles auront des élus, la Providence leur offrira dans tous les âges de vifs exemples de sainteté.

C'est la grande promesse que le Fils de Dieu a faite au séraphique saint François, qui se troublait un jour à la vue des mauvais exemples de quelques-uns de ses Frères : « Pourquoi te troubles-tu, petit homme? T'ai-je tellement établi le chef de mon Ordre, que je ne m'en sois pas réservé la principale conduite? Lui ai-je donné l'être pour l'abandonner comme une production avortée que je dédaigne? N'est-il pas un ouvrage aussi bien de mon amour que de ma puissance? Mon oeil sera toujours tellement ouvert à sa conservation, que ceux qui doivent y entrer, s'ils ne sont pas nés, je les ferai naître par ma puissance. »

Dieu, qui voit dans le présent les choses futures a eu dessein, sur la fin des siècles, de combattre le dernier des ennemis de sa gloire et de ses élus, l'homme d'iniquité, le fils de perditiont par les mêmes armes, qui, sur le Calvaire, ont déjà triomphé du démon. Comme il avait enlevé Énoch et Élie dans le paradis terrestre, il a réservé en son Église, qui est le paradis de la grâce, François avec ses stigmates, et il lui révélé que dans les derniers temps, et en ces jours jours de tribulation, plusieurs de ses enfants pa raîtraient couverts des mêmes plaies, pour s'opposer aux entreprises de cet impie, et par leurs exemples empêcher les dégâts que cet enfant de péché voudrait exercer en la maison de Dieu sur ses saints (2)

Les familles de la terre , composées d'enfants sortis des hommes, souffrent, en la mort de leurs pères charnels, les mêmes défaillances que l'univers sous les éclipses du soleil : car, une fois sans vie au fond de leurs tombeaux, les pères ne peuvent plus assister de leurs conseils ceux qu'ils ont été contraints d'abandonner pour jamais par leur mort. Mais les pères spirituels, qui ont donné naissance aux générations admirables de ceux qui cherchent le Seigneur, aux enfants de Dieu selon la grâce, font rejaillir sur leur famille la gloire qu'ils possèdent au ciel, et affermissent ainsi leur race en mourant.

L'Église, oeuvre de Jésus-Christ, ne s'est affermie que par sa mort. Quoique le Fils de Dieu soit caché, par sa retraite dans le ciel et par la disposition des mystères qui le voilent à nos yeux, il ne l'a jamis plus assistée de sa puissance, ni plus éclairée de ses lumières. Réuni à on père, il a commencé une nouvelle conduite : sur elle par son Ascension, les Apôtres ont reçu en esprit nouveau, qui les a rendus constants dans les souffrances.

François est mort : il ne paraît plus aux yeux de ses enfants; mais, depuis que son âme est unie dans le ciel à son principe, et que son corps en terre est près de celui de Jésus-Christ résidant sur nos autels, il entre, par un surcroît de vertu, en communication de puissance avec son Maître. Il est plus utile à son Ordre que durant sa vie; il l'assiste sans relâche ; car il est devant Dieu, comme les séraphins, avec un coeur tout brûlant d'amour pour ses chers enfants, toujours prêt à agir invisiblement pour leur service; et, par l'efficacité de sa médiation, il obtient pour eux une rénovation perpétuelle de son esprit.

V3- L'intention de Dieu est que saint François se survive à lui-même, en ce que son esprit subsiste en son Ordre.

Nous voyons, en la nature, que les sociétés humaines, les villes et les empires, s'entretiennent par la suite des générations et par la chaîne continuelle des naissances. Les pères engendrent les enfants, qui leur succèdent et les représentent; et c'est une merveille que Dieu ayant condamné l'homme au supplice de la mort fasse trouver une espèce de résurrection à ce criminel dans les enfants qui sortent de lui.

Toute nativité se fait par voie de ressemblance: la perfection du fils est de ressembler à celui qui lui a donné l'être; et la gloire du père est fie mettre au monde des enfants qui portent les traits de son visage en leur corps, et le caractère de ses vertus en leurs âmes. Ainsi, par les générations, il se fait une transfusion d'esprits, d'humeur, de vie, de qualités : le père, dans ses entants , jouit d'une nouvelle vie après sa mort, parce qu'il laisse une famille qui lui est toute semblable, dit le Saint-Esprit (3).

Le monde nouveau de la grâce, qui comprend les fidèles, imite en ceci celui de la nature; il ne commence et ne se conserve que par une renaissance continuelle d'enfants selon l'esprit, et, dans la pensée de saint Paul, ceux qui forment les coeurs à Jésus-Christ, sont des pères. Ce grand Apôtre se donne cette qualité au regard des fidèles, au coeur desquels il s'efforce de graver Jésus-Christ. La raison de cela consiste en ce que la grâce est une imitation de la Divinité; or, nous adorons en celle-ci une génération éternelle : le Père produit un Fils tout semblable à lui-même, image de ses grandeurs, figure de substance. La vie que ce divin Père possède, il la communique à ce bien-aimé Fils: « C'est de là. dit saint Paul, « que toute paternité, au ciel et en terre, tire son nom (4), » et que ceux que i3 divine Providence destine pour la sanctification des autres s'appellent pères, et ceux qui les Suivent sont nommés leurs enfants.

Dieu, donc, disposant en son divin conseil cnonorer sa maison, qui est son Église, d'une nouvelle famille de Pauvres évangéliques, il lui plaît de la mettre au monde par l'entremise de François, et ce grand saint peut à juste titre porter la qualité de patriarche. Il nous a engendrés à Jésus-Christ; il nous a donné la vie des enfants de la Pauvreté : il est notre Père. Mais , comme il n'est ni un Dieu par sa nature, ni un ange par sa condition, il a dû mourir comme le reste des hommes, et, par son Testament, il nous a laissé son esprit. Nous le devons recevoir avec le même respect que les enfants recueillent la succession qu'un amoureux père leur a acquise au prix de son sang, de ses travaux et de ses veilles.

La nature s'est trouvée trop faible pour dispenser saint. François des lois communes de la mortalité; mais la grâce s'est rendue assez puissante pour lui faire trouver en sa mort une fécondité admirable. Jésus-Christ meurt sur le Calvaire : sa mort, par une puissance divin l'engendre à la vie de son Père; la croix, où perd une vie humaine, lui est un lieu de naissance. Il entre dans la plénitude de la vie divine de de son Père, et il vit d'une vie immortelle dans les fidèles, par une transfusion qu'il leur fait de son esprit. Après les avoir engendrés sur la croix il veut devenir en quelque manière leur enfant: il ne dédaigne point de les appeler ses pères et ses mères (5), puisqu'ils lui donnent une nouvelle vie en leur esprit par la foi, et en leur coeur par la charité.

François meurt, comme homme, à la vie de la nature; comme saint, sa mort l'engendre à Dieu, et le fait vivant plus que jamais en la présence du Dieu vivant, par la nouvelle vie de son âme, qui a reçu sa seconde immortalité, celle de la gloire. Mais, comme Père selon la grâce, il veut vivre en ses enfants , et ceux qui se glorifient de cette honorable qualité lui doivent cette reconnaissance : sans recourir aux miracles, ils peuvent ressusciter l'esprit de leur Père, et lui donner une vie immortelle en leur esprit par la pensée, en leur coeur par l'amour, et en leurs actions par une fidèle imitation.

Si la piété a inspiré aux enfants de ce céleste Père de dresser un magnifique monument pour conserver un corps marqué des plaies de notre salut, elle doit leur suggérer de lui en élever un bien plus illustre dans leur esprit. C'est une admirable puissance de l'entendement humain, de donner un être vivant et intelligible aux choses qu'il connaît : comme elles sont reçues en lui, et y deviennent le terme de sa connaissance, il les revêt de, sa vie ; en quoi il est l'image de la Divinité, où tout ce que Dieu connaît est vivant en sa connaissance vivifiante.

C'est donc l'étude principale où les enfants de ce bienheureux saint doivent plus s'occuper, de lui donner une vie immortelle en leur esprit par une mémoire continuelle de ses vertus. Ce n'est pas assez satisfaire aux devoirs de la piété, que d'exposer tous les jours à leurs yeux des peintures mortes qui le représentent; l'amour leur doit inspirer d'en former une image vivante en leur pensée, pour en faire le plus familier de leurs entretiens.

Si ce grand saint a écrit sa Règle sur le papier d'un doigt de chair, avec une encre que l'invention des hommes a trouvée, le Saint-Esprit l'avait déjà imprimée en son cœur avec un doigt de feu et un caractère d'amour. Il regarde le coeur de ses enfants, pour y graver la même Règle avec le même doigt. La grâce qui a sanctifié cet homme céleste ne lui ayant rien donné de plus divin que sa Règle, ses disciples ne doivent pas se contenter de la porter en leurs mains ; leur coeur est le lieu où elle mérite d'être gravée d'un caractère éternel. Étant un abrégé de l'Évangile, elle doit être placée dans le coeur comme au vrai lieu où, selon saint Paul, doivent être principalement écrits les Évangiles et les Épîtres de la Loi nouvelle. Comme cette Règle est encore vie, elle doit être imprimée au fond de nos coeurs où Dieu a recueilli les sources de la vie de nature et de la vie de grâce : la chaleur naturelle la charité.

Puisque la vie est pour l'action, et qu'elle en s'entretient que par l'exercice de nos puissances, n'est pas assez que nous ayons reçu l'esprit de notre saint Père en notre pensée par le souvenir en notre coeur par l'amour : il est digne le rendions éternel, et que, par une espèce de résurrection, il soit toujours vivant en nous c'est-à-dire que, par une imitation continuelle de ses vertus, nous soyons comme autant d'images  vivantes qui le représentent au monde. Que l'on voie donc en ses célestes enfants renouveler ce miracle dont parle le Saint-Esprit : « Ce saint Père est mort, et pourtant n'est pas mort: les enfants qu'il a engendrés à Jésus-Christ ont une si parfaite ressemblance avec lui, que dans leurs vertus on voit imprimée la vie de leur Patriarche. » Il peut bien s'écrier avec saint Paul: « Quand mon humilité cacherait aux yeux des hommes ce que la puissance de la grâce a secrètement opéré en mon coeur, la sainteté de vos mœurs le publie assez hautement. Vous êtes à mon regard comme autant de lettres de recommandation écrites de Jésus-Christ, qui peuvent  être lues de tout le monde; vos exemples en sent les caractères; vos vertus sont une expression si parfaite de mes actions, que ma vie ne peut plus être ignorée. Je vis derechef en vous, comme un père ressuscite en des enfants qui le représentent, ou comme un maître en des disciples qui l'imtent. Ce que vous pratiquez montre assez qui j'ai fait : vous êtes l'ouvrage de la grâce et de mes mains ; vous êtes le sceau de ma ernission, qui exprime comme au naturel mon image »

V4- L'esprit de saint François n'est autre que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ; par conséquent, il s'impose à tous les enfants du séraphique Patriarche comme une loi imprescriptible.

L'élection éternelle avait choisi François pour être le père des enfants de la Pauvreté évangélique. Comme il n'avait rien de lui-même, il reçut tout de Jésus-Christ; il fut saint par sa sainteté, et juste par sa grâce. Chef primitif de cette nouvelle famille, il recueillit d'abord en soi tout l'esprit vivifiant qui devait l'animer, et le lui transmit comme un feu sacré, dont la source est en Jésus- Christ.

Nous avons donc une solide raison de concevoir un très haut sentiment de notre état; il ne le faut pas considérer comme un effet de la nature, ou une invention de l'esprit humain : la nature est trop faible pour nous élever à ce point au-dessus d'elle-même, et l'esprit humain a des lumières trop petites pour former le dessein d'une vie qu'il ne goûte pas. Il nous est donc permis de le regarder avec respect, comme une effusion de l'esprit de Jésus-Christ, descendue jusqu'à nous par nos célestes Fondateurs comme par des mains sacrées.

De là on peut inférer que l'esprit de notre Ordre, étant si divin en son principe, doit être perpétuel, soit au regard de tout l'Ordre, soit dans les coeurs de ses membres : comme l'esprit de l'Église sera éternel, parce qu'il est l'esprit de Jésus-Christ, qui est éternel. Les ordres religieux, en effet, faisant une très noble partie de l'Église, et ayant reçu le même esprit qu'elle, doivent partager sa durée.

Contre cet esprit de vérité il n'y a point de prescription, dit Tertullien (6). C'est-à-dire, les lois civiles souffrent des prescriptions pour les biens temporels; mais cela n'a pas lieu pour les biens qui relèvent de Jésus-Christ. Aucune autorité ne peut introduire des coutumes ou des traditions contraires aux institutions divines : la condition des personnes, quoique éminente; la longueur des siècles, quoique très ancienne ; et les privilèges des nations, quoique établis depuis un temps immémorial, ne peuvent donner un droit légitime d e se dispenser de ces lois originaires de l'Évangile. C'est de ces trois principes, la qualité des personnes, l'espace des temps, et les libertés des pleuples, que les abus découlent, et les mauvaises idoles se forment, lesquelles entreprennent enfin contre la vérité. C'est-à-dire, soit par oubli, soit par lâcheté, les hommes cessent de pratiquer les actions saintes marquées dans l'Évangile; puis ils commencent peu à peu à contester la vérité, et à vouloir même substituer à sa place un autra esprit. Or, Jésus-Christ n'a pas dit qu'il était coutume; mais il s'est nommé Vérité. Si Jésus est éternel, et si sa naissance a devancé rexistence de tous les êtres créés, la vérité, qui est son essence, est éternelle; il faut donc que le temps cède à l'éternité, et que les coutumes des hommes, qui ont commencé dans le temps, se soumettent aux institutions divines et éternelles, conclut cet ancien Père.

Ni la dignité des personnes ni la grandeur dela naissance ne donne de prescription contre l'esprit de Jésus-Christ, et il n'est jamais licite d'établir des lois contraires à ses ordonnances. Il est Fils du Dieu très haut, par conséquent d'une extraction bien plus illustre que celle des princes et des princesses de la terre; les privilèges des nations n'ont point de droit contre la vérité :Jésus- Christ est le souverain des peuples; ilsdoivent se soumettre à ses lois et suivre ses ordres.

C'est donc une très froide raison que quelques âmes lâches et tièdes apportent pour couvrir leur lâcheté , en prétendant n'être pas obligées rentrer dans le premier esprit de leur Ordre mais seulement de garder ce qu'ils y ont trouvé ets la coutume, le temps et la qualité des personre y ont introduit. C'est en vain qu'elles nous apportent cette excuse de leur relâchement, comme si elle était plus forte que la Vérité, et comme cette Princesse se devait soumettre à la tyrannie d'une mauvaise coutume que la malice ou la là cheté des hommes a introduite, dit saint Cyprien. L'esprit d'un Ordre ne doit pas se régler par les coutumes, mais les coutumes doivent être réglées par l'esprit de l'Ordre, qui est toujours manifesté par la vie des saints, comme par les organes de Jésus-Christ.

C'est le privilège de la règle de la Foi, d'être seule immobile et invariable (7), et de ne pouvoir souffrir de réforme, parce que l'Esprit, qui en est l'auteur, étant éternel, enseigne à son Église, dans les différences des temps, les mêmes vérités. La Foi demeurant incorruptible en elle-même, tout ce qui regarde la discipline des moeurs est sujet à la réforme : c'est à quoi la grâce travaille sans cesse, en s'opposant aux abus qui s'introduisent par le relâchement des hommes ou par la malice du démon. Celui-ci fait tous les jours naître des esprits d'iniquité, qui travaillent sans relâche à détruire les oeuvres de Dieu ou à les nterrompre. Le Saint-Esprit est donc envoyé pour lever ce qui tombe, réformer ce qui se corrompt, corriger le dérèglement des hommes. Ceux qui eÇorvent cet Esprit, et. qui en sont remplis , doivent tenir ferme contre les abus que les relâchés introduisent, et ne se laisser point emporter àla violence des mauvaises coutumes. Qu'ils suivent, invariablement les lumières de la vérité, conne leur Reine; qu'ils marchent sous sa conduite, et soumettent toutes leurs actions à ses ordres, parce que son Esprit est toujours aussi saint, et il est toujours aussi nécessaire de le suivre.


RÉFÉRENCES

(1) Aug., in Psalm. xc, cone. 2.
— (2) In die judicii apparebunt Fratres cum stigmatibus, et in fine sœculi , scilicet tempore antichristi , habebunt Fratres quam plurimi stigmata. (Ha Franc. revelavit Fratri Rufino. Pisan., Conf., 'ib. I, fruct. 9.)
— (3) Mortuus est pater ejus et quasi non mortuus, similem enim reliquit sibi post se. (Eccli., xxx, 4.)
— (4) Ex quo omnis paternitas in coelo et in terra nominatur. 'EPh., ni, 15. )
— (5) Marc., in, 31 et seqq.
— (6) Tertull., de veland. Virg., cap. i.
— (7) Regula fidei una omnino est, sola immobilis et irrefor­mabilis. (Tertull., de veland. Virg., cap. r.)

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre