| CHAPITRE VI -A
La charité, répandue en saint François par le coeur de Jésus, élève ce saint au rang des séraphins, lui communique les dons
et les caractères de ces esprits célestes, et en ajoute d'autres qui rendent plus haute la gloire de leur Hérarchie
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| V1- La charité est le principal don que Dieu ait fait aux hommes dans la Loi nouvelle. Elle a sa source dans le Coeur de Jésus, et elle s'est répandue sur le monde lorsque ce Coeur a été percé sur le Calvaire. Notre-Seigneur, sur l'Alverne, fait une effusion immédiate de cette charité dans le coeur de saint François, également blessé.
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| Dans le monde nouveau de la grâce, composé des fidèles qui tendent à Dieu, il faut une lumière qui les y conduise, et un feu qui les anime; comme, dans le monde ancien de la nature, il faut un soleil visible qui éclaire nos pas et échauffe la terre. L'ange et l'homme, sortant des mains de leur Créateur, reçurent de lui, avec l'être qui les rendait ses créatures, la charité qui les faisait enfants et leur donnait la faculté de l'aimer ; ce feu divin s'est éteint dans leurs coeurs, et le ciel et la terre sont demeurés sans charité. Le Fils de Dieu a voulu le rallumer, mais du haut de la croix, entre les fers et les épines. C'est le commun sentiment de tous les Pères, que l'Église est née dans les plaies de Jésus-Christ, et que la même puissance qui l'a formée dans un sein si douloureux, y a créé les lumières qui la doivent instruire, les grâces qui la doivent sanctifier, l'amour qui la doit embraser ; et c'est de ces divines fontaines que tous les saints recueillent des dons si précieux, dit le dévot saint Bernardin — (1). Il n'y a donc plus maintenant sur la terre d'autre source du saint amour que le Calvaire ; c'est de là, comme d'une vive fontaine de feu, qu'il veut répandre ses étincelles dans le monde, et il y attire tous les saints pour les en consumer.
Nous voyons , dans l'Église, cette disposition immuable, que les trois sacrements de baptême, de pénitence et d'eucharistie, où les hommes reçoivent la grâce et la charité, sont tous fondés en la croix, et on ne peut communiquer à leur effet sans participer aux souffrances du Fils de Dieu. Cette faveur est commune à tous les justes; mais saint François est prévenu d'un privilège singulier, car le Fils de Dieu, n'étant plus sur le Calvaire, choisit une autre montagne pour continuer son œuvre au coeur du saint. Il apporte sur terne tout l'amour qu'il a reçu de son Père et qu'il a renfermé en ses plaies; il ne veut pas seulement blesser saint François en ses membres, mais faire de lui un parfait holocauste d'amour. Tandis qu'il blesse son corps, il brûle son coeur de ses flammes divines, et il lui communique cet amour dans un très haut degré, par effusion, par impression et par artifice.
Je conçois maintenant pourquoi l'on donne à l'amour divin des flèches, et comment il se plaît à faire des blessures : c'est qu'elles fournissent aux amants les moyens de satisfaire les inclinations de l'amour, qui est libéral pour donner, et généreux pour recevoir. Or, le Coeur de Jésus humanisé est un vase admirable, formé de la main du Très-Haut ; tout le feu qui brûle au sein de la Divinité s'y trouve recueilli. Tant que ce Coeur n'est pas ouvert par sa blessure, il conserve ses divines ardeurs cachées, et ne les répand point; mais aussitôt qu'il est blessé, l'amour en sort pour faire ses effusions avec largesse. Il faut un autre vase pour les recevoir ; la charité blesse donc et entame le Coeur de François ; Jésus-Christ s'approche ensuite de lui, et son très aimable Coeur verse sa flamme en celui du saint , comme dans un vase céleste. François a ainsi le privilège de recevoir le rayon de l'amour immédiatement des mains de la charité.
Jamais le soleil n'échauffe plus la terre que dans son midi, lorsqu'il est en la majesté de ses lumières, et que, tout éclatant de flammes, ta regardant à plomb, il verse de son sein des rayons si ardents qu'il la met tout en feu. De la même sorte, il y a longtemps que le Fils de Dieu, s'étant rendu maître du coeur de notre grand saint, y a produit des effets dignes de sa dilection ; néanmoins, il n'a jamais tant et si divinement opéré en son coeur, que lorsque, descendant du ciel sous la figure d'un séraphin étincelant de lumières et de flammes, il l'a regardé à ses pieds. Il y a long. temps que la miséricorde divine a choisi ce coeur, l'a retiré du milieu des péchés, l'a comblé de ses grâces comme un vaisseau d'élection; il y a longtemps que l'amour l'a réduit sous son pouvoir; mais tout ce qui s'est passé jusqu'à présent, n'a été qu'une suite d'essais pour le disposer à porter les grandes opérations de sa souveraine charité. Maintenant, Jésus-Christ est en son trône d'amour, et François est au-dessous de lui comme une glace qui en recueille toutes les flammes; Jésus, de son sein comme d'une fournaise , jette tant d'étincelles dans le coeur de François, qu'il le met tout en feu.
Le Fils de Dieu ne se contente pas de lui communiquer son amour par effusion et par impression; il use encore d'artifice. Il lui découvre la source de la charité par les ouvertures de ses plaies ; il lui fait voir à vue d'oeil l'amour séant en son trône, et il lui permet de lire dans ce Coeur combien il est aimé; car l'amour y est écrit en caractères de sang et de feu. En même temps, de ce Coeur sacré qui s'épuise volontiers pour ceux qu'il aime, l'amour se répand en celui de François l'embrase et déborde en se faisant jour par s'es plaies. Et ne croyez pas que ce soit seulement du sang qui sort de celles-ci : ce sont les flammes de l'amour. Comme les glaces de ces miroirs qu'on appelle ardents, ramassant en leur centre les rayons du soleil sous un petit point , causent de grandes ardeurs, François, aux pieds de Jésus-Christ en croix, allait recueillant au fond de son coeur toutes les lumières, les flammes, les ardeurs et les étincelles qui jaillissaient de ce grand Astre du Calvaire. Elles s'y trouvaient toutes réunies comme dans un centre, et y excitaient un admirable incendie. 0 Dieu! qui pourrait concevoir les ardeurs divines de ce coeur d'homme! Celui qui les a causées peut seul les comprendre; c'est à nous à les admirer, en publiant que Dieu véritablement est admirable dans ses saints.
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| V2- Les opérations de Dieu dans les âmes des saints nous s manifestées au moins un peu par les figures sensibl l'aide desquelles il les exécute. Ainsi, la figure d'un séraphin , revêtue par Jésus- Christ pour stigmatiser saint François, révèle son intention de faire de ce saint séraphin. Les ordres célestes doivent être représe dans l'Église; or, les séraphins sont les créatures les plus rapprochées de Dieu, par la communication que le Saint-Esprit leur fait de lui-même et de ses fonctions. Mais, ciel, le Saint-Esprit est l'amour jouissant , tandis que la terre et l'Église sont le séjour de l'amour souffrant. Les séraphins de la terre doivent donc être embrasés de ce double amour : c'est ce qui a lieu en saint François
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Ce que Dieu opère en ses saints est aussi incompréhensible à nos esprits qu'invisible à nos sens. Il est un agent tout spirituel; ce qu'il produit aux coeurs des justes, lorsque la créature n'a point d'entrée, les lumières qu'il y verse, les grâces qu'il leur communique, l'amour qu'il y répand, ne peuvent être aperçus par des yeux humains. Pour en manifester quelque chose au monde, sa sagesse se sert souvent de figures sensibles.
C'est à ce dessein que le Fils de Dieu, voulant imprimer ses stigmates, parut sous la forme d'un séraphin ; par là, le monde pouvait être amené à comprendre que son amour opérait au cœur de François ce qu'il fait dans les séraphins, en sorte que la terre eût son séraphin en amour, comme le ciel a ses séraphins en charité. Car, depuis que les hommes et les anges ne font qu'une même Église et appartiennent à un même Chef, le Fils de Dieu , qui a créé des séraphins dans le ciel , descend en notre terre , dit un Père de l'Église, pour en susciter d'autres par l'efficacité de sa grace. François est un des plus illustres, et, entre tous les saints, l'Église lui attribue ce magnifique sa grâce.
Ne vous étonnez pas qu'un homme soit séraphin; souvenez-vous que le Créateur et le Dieu des séraphins s'est fait homme, dit saint Bernard. Si, selon saint Bonaventure, les noms que l'on impose aux anges signifient ce qu'ils sont, ce qu'ils opèrent, leur nature, leur dignité et l'excellence de leur exercice, le nom de séraphin, qui exprime l'amour, nous découvre que ces esprits bienheureux sont tout feu, tout ardeur, tout brasier, et que leur exercice est d'aimer Dieu d'une manière suréminente. Ainsi, entre les hiérarchies célestes, ils sont les esprits les plus ardents et les plus brûlants d'amour.
L'Église militante, qui regarde la triomphante comme son exemplaire, a ses différentes hiérarchies de saints , qui sont les anges de la grâce, comme le ciel a ses hiérarchies d'anges , qui sont les saints de la gloire. On tire la distinction des hiérarchies célestes des différentes manières dont elles participent aux communications divines; c'est de la même sorte que, dans l'Église , il y a différentes hiérarchies de saints, selon le degré dans lequel Dieu se communique à eux : les uns sont de la première hiérarchie, les autres de la tonde; mais il y en a qui appartiennent à la troisième, où sont rangés les séraphins. Ceux-là sont éminents en amour par-dessus les autres.
L'Église donne cette haute séance à l'humble François; le nom de séraphique, qu'elle lui attribue, nous découvre que l'amour a fait une admirable transformation en son coeur, et que, sur cette sainte montagne de l'Alverne, entre les feus et les flammes du séraphin qui lui est apparu, a reçu un être nouveau, non seulement en son corps par les plaies, mais en son coeur par les ardeurs de l'amour. Il a été fait tout feu, tout ardeur, tout chaleur ; et il n'est point sorti d'entre les bras de ce séraphin sans que l'on puisse dire de lui, comme d'Élie , qu'il est tout feu (2) .et qu'entre les divins amants il a une éminence d'amour en l'ordre de la charité.
Saint Thomas fait cette admirable observation, que, le monde étant partagé par une distinction de créatures rangées sous des ordres différents les uns des autres, le premier d'un ordre inférieur a toujours une très étroite affinité avec le dernier de l'ordre supérieur (3) Entre les plantes, il y en a qui semblent avoir du sentiment; entre les animaux, les plus nobles semblent être quelque peu raisonnables ; et entre les hommes , il s'en ren-contre qui paraissent comme s'ils étaient de pures intelligences. Ainsi, depuis la plus basse des créatures, il se fait une chaîne qui s'élève jusqu'à créatures, source de tout Ordre. L'adorable Trinité tommence; les divines personnes font un Ordre divin; il se termine en celle du Saint-Esprit, qui est l'amour personnel. Au- dessous de cet Ordre incompréhensible, suit la première hiérarchie des anges, entre lesquels les premiers sont appelés d'un nom qui signifie ardeur, chaleur, amour, brasier, parce qu'ils conviennent le plus hautement en être, en propriété et en exercice avec le Saint-Esprit, qui est tout amour.
Selon cette céleste doctrine, nous pouvons dire qu'entre les plus éminents saints qui composent la première hiérarchie du saint amour, François porte en l'Église la qualité de séraphin, parce qu'il est au nombre de ces divins amants qui ont le plus hautement participé aux propriétés du Saint-Esprit, et il a une très étroite liaison à cette divine personne. Si le Saint-Esprit est nommé feu et amour, François est appelé séraphin, c'est- à-dire feu et amour ; si les exercices du Saint- Esprit sont d'aimer le Père et le Fils et d'en être aimé, mais d'un amour infini, les entretiens de François sur cette montagne sont d'aimer et d'être aimé, toutefois avec cette différence, que sa ressemblance avec le Saint- Esprit n'est pas d'égalité, mais seulement de proportion, et infiniment au-dessous de cette divine personne, qui est amour par nature, tandis que François et par grâce et par privilège.
On peut ajouter que, si le Saint-Esprit est l'amour jouissant du ciel, le Fils de Dieu est l'amour; souffrant sur le Calvaire; si l'un n'a que des suavités pour couronner François, l'autre n'a des souffrances à lui communiquer. Il est donc en l'Église le séraphin de ce double amour, l'amour jouissant par les ardeurs de son coeur, de l'amour souffrant par les plaies de son corps, il est semblable à cet ange que saint Jean vit s'élever de l'Orient, marqué du sceau du Dieu vivant par l'amour de son coeur, et du Dieu mourant les plaies de sa chair. Ayant donc reçu le nom, la qualité et l'exercice des séraphins, il doit en avoir les propriétés, que je trouve être au nombre de six, se rapportant aux six ailes du divin séraphin qui parut sur l'Alverne.
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V3-Les séraphins, étant les créatures les plus rapprochées de Dieu, reçoivent immédiatement de lui la charité dont ils brûlent :
c'est aussi la grâce de saint François stigmatisé.
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En la naissance du monde, Dieu fit couler de son sein toutes les créatures comme de leur source. Principe de leur être, il les conduit à leurs fins seulement par lui-même, mais par l'entremise des causes secondes; parce que, les choses inférieures ayant trop de faiblesse pour recevoir son action immédiatement, il emploie ce secours comme plus proportionné à leur condition : c'est comme par une chaîne que Dieu descend jusqu'aux plus petites créatures. Ainsi, les choses sublunaires sont soumises aux influences des cieux; les cieux reçoivent le mouvement des intelligences, et les intelligences suivent la direction des hiérarchies supérieures, qui touchent immédiatement à Dieu (4).
Les séraphins étant le premier écoulement de la Divinité, la première sortie de Dieu hors de lui-même, sont les plus nobles de toutes les créatures en la dignité de leur être et en l'excellence de leur fin. Dieu les régit immédiatement : c'est la grandeur de ces premiers esprits du ciel, qu'il a point de milieu entre eux et lui, et qu'ils aiment leur souverain bien d'un amour émané de lui-même, ou plutôt d'un amour-Dieu, pour parler selon les termes de saint Bernard. Les séraphins, dit ce grand Père, brûlent non seulement d'un feu de Dieu, mais d'un feu-Dieu (5)
Saint François, sur l'Alverne, a reçu le nom et l'amour des séraphins; il est entré avec eux en communauté de grâce et de privilège. Dans sacré désert, rien de créé n'est interposé entre Dieu et lui ; toutes les communications de Jésus à son coeur se font à la manière des séraphins s'applique immédiatement à son corps , comme amour crucifié par ses plaies, et à son coeur comme amour délicieux par sa charité. François souffre parles souffrances de Jésus, et il aime de Painour de Jésus; toutefois avec une différence qui rend son coeur plus heureux que son corps ; c'est que s'il éprouve en sa chair des souffrances, à la vérité , divines, elles ne sont pas néanmoins Dieu tandis que son coeur aime d'un amour-Dieu.
Une communication si haute et si divine ne doit pas paraître impossible, puisque Dieu en honore les bienheureux dans le ciel ; il leur est tout en toute chose, dit saint Paul : il est la vérité qui éclaire leur entendement et l'amour qui embrase leur coeur. En cette douce région du saint amour, Dieu sera aimé par lui-même, dit saint Thomas, c'est-à-dire par le Saint-Esprit, qui est l'amour personnel du Ciel ; élevant la volonté de l'âme glorifiée, il s'appliquera immédiatement à elle pour être le principe intime de tous ses amours.
Qui doute que Dieu ne puisse opérer dans les saints de lâ grâce, dès cette vie, ce qu'il fait dans les saints de la gloire? Dieu peut tout ce qu'il veut, et il a dessein de se montrer admirable en ses saints ; pourquoi ne dirons-nous pas qu'il a fait ce miracle en la personne du séraphique saint François? S'il lui est apparu en séraphin, ç'a été Peur publier qu'il se communiquait à lui en la terre comme il fait aux séraphins du ciel. sortes d'amour, grand saint a donc aimé Dieu de deux or l'amour, selon ses deux états de juste et de séraphin. Comme juste, il l'a aimé d'un amour créé et en vertu de la charité infuse en son coeur ar le Saint-Esprit; mais, comme séraphin, il l'a aimé d'un amour conforme à ce titre, c'est-à-dire de l'amour même de Dieu.
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V4-En adorant Dieu , les séraphins volent et cependant restent immobiles, parce qu'un mouvement irrésistible
les entraîne vers l'objet de leur amour, et tout à la fois le respect les ravit. Saint François leur ressemble en cette seconde grâce.
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L'Écriture sainte nous représente les séraphins en même temps dans le mouvement et le repos ; ils volent avec des ailes déployées, et néanmoins demeurent dans une posture fixe et arrêtée : « J'ai vu, » dit Isaïe, « deux séraphins qui étaient debout, et qui néanmoins volaient. » Voyez, dit saint Bernard, la flamme voler dans le même lieu où elle est arrêtée, et vous cesserez de vous étonner que les séraphins volent et demeurent fixes et immobiles. Cela marque le mouvement continuel de leurs esprits vers Dieu comme vers leur sauverain bien, et leur attention pleine d'amour et le respect vers le même terme : leur amour, dit l divin saint Denis, ne se donne jamais de relâche et leur attention vers l'objet de leur dilection continuelle (6)
Mais ce qui est admirable, c'est que, pour êt l'objet de leur amour et de leur centemplation Dieu se présente à eux sous deux différences tables : comme glorieux sur le trône de sa gloi et comme crucifié sur le trône de ses souffrant Ce trône si auguste que vit Isaïe était, selon pensée d'un Père, la croix où le Fils de Dieu avait voulu se faire voir aux séraphins qui assistaie devant sa face, et ces esprits étaient plus ravis le contempler en ses abaissements qu'en grandeurs; ses humiliations les élevaient davantage que sa gloire.
Depuis que la montagne d'Alverne, par la présente du Fils de Dieu, est devenue un ciel, et François en est le séraphin, il est devant la de son Seigneur, comme une flamme sacrée, dans le mouvement et dans le repos ; ses ailes, agit par un feu divin, lui donnent un mouvement s relâche vers l'objet qu'il aime, et néanmoins respectueuse et profonde attention.
Le Fils de Dieu se présente à lui sous la même forme qu'aux séraphins des cieux, comme glorieux et crucifié tout ensemble. Pour mettre son coeur en feu , il unit en soi l'amour et les plaies : comme dans le ciel il n'y a rien de si aimable te bienheureux que de contempler leur Dieu en la majesté de sa gloire, sur la terre il n'y a point objet qui enflamme plus vivement le coeur que Jésus sur le trône de ses souffrances. Après que les séraphins se sont ravis d'amour à la vue de Jésus en sa gloire, ils viennent puiser dans ses plaies de nouvelles flammes
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RÉFÉRENCES |
— (1) ardor Spiritus sancti in œternum diffundendus super humanam naturam, de ardore crucis, et de immensurabilis Christi amoris plagis hahet originem. (Bernardinus, de Stig. Franc.)
— (2) Surrexit Elias tanquam ignis. (Eccli., xLviii, 1.)
— (3) Primus inferioris ordinis habet affinitatem cum ultimo superioris ordinis. (1. p., q. 108, a . 6.)
— (4) Corpora quodam ordine reguntur, inferiora per supenora, et omnis per spiritualem creaturam. (Aug., in III de Trin., cap. rv. )
— (5) I Igne non solum Dei vel potius igne Deo. (Bern., de Consid., lib.. V, cap. v.)
— (6) mobilis et incessabilis. ( S. Dion. ; Beni., dglsa., serm. 4.) |
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