+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

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Titre de la série :
L'Esprit de Saint François d'Assise
Titre de la page:

Tome 1- Partie 2- Ch-5-B
Pour être essentiellement apostolique,
la pauvreté des frères mineurs comme
celle de Jésus-Christ, va jusqu'à la mendicité

Nom de l'auteur:
P. Bernardin de Paris o.f.m.


CHAPITRE V-B - 5à 9

POUR ÊTRE ESSENTIELLEMENT APOSTOLIQUE , LA PAUVRETÉ
DES FRÈRES MINEURS, COMME CELLE DE JÉSUS-CHRIST, VA JUSQU'A LA MENDICITÉ


V5- Quels sentiments les enfants de saint François, lorsqu'ils vont à la quête, doivent entretenir en leur coeur vis-à-vis de Dieu.

La mendicité étant de précepte aux enfants de saint François, leur vie dépendant de la libéralité des peuples, la quête est la plus familière de toutes les actions où ils s'emploient ; elle doit être dès lors pratiquée avec plus d'application, selon l'esprit de Jésus-Christ qui l'inspire, le dessein de saint François qui l'ordonne, et la sainteté de leur qui les y oblige.

Ceux que l'obéissance destine à ce ministère si humble devant les hommes, si pénible à la nature, mais si élevé devant Dieu, doivent envisager plusieurs objets : Dieu, soi-même, le prochain, leurs Frères, et la pauvreté : Dieu, pour l'honorer ; soi-même, pour s'humilier ; le prochain, pour l'édifier ; les Frères , pour les assister, et la pauvreté, pour la conserver.

Au regard de Dieu , le jour de la quête, votre principale application doit être vers Jésus mendiant, l'observant comme votre exemplaire, le prenant pour votre guide, le suivant comme votre voie. Liez-vous à son esprit; appliquez-vous à son Coeur. Offrez-lui tous les pas que vous ferez, toutes les paroles que vous proférerez, toutes les actions que vous opérerez, tous les mépris que vous souffrirez, toutes les peines que vous porterez : cette offrande les sanctifiera, et Jésus-Christ les recevra comme siennes.

Quand vous prenez la sporte et la besace, pensez à vous revêtir de Jésus-Christ, à vous remplir de son esprit. Entrez dans ses dispositions intérieures ; ayez les vues qu'il avait ; dressez les mêmes intentions que lui, puisque vous allez représenter sa personne, exercer son office, faire ce que sa Majesté a pratiqué.

Souvenez-vous que vous allez être aujourd'hui en spectacle aux yeux de Dieu, des anges et du monde, que de votre action Dieu veut tirer sa gloire, les anges l'admiration , les hommes l'exemple, l'enfer sa confusion.

Entrant dans la ville, mettez-vous en la coal, pagnie de Jésus mendiant. Qu'il marche devant vous, et que vous le suiviez en tous les pas que vous ferez ; ayez dessein d'honorer tous ceux a faits pour votre amour durant sa vie voyagère Tirez vos instructions de ses vertus ; formez vos paroles sur ses discours, vos actions sur ses exemples ; marchez comme il marchait dans les rues, les yeux en terre, la mortification en tous vos sens, l'esprit au ciel, l'amour au coeur, la modestie en l'extérieur, et Dieu en la pensée.

Si les hommes méprisent cette action, estimez-la très haute. Depuis que Jésus l'a consacrée par son exemple, il en a ôté la bassesse, et l'a rendue très noble. Réputez-vous divinement honoré, qu'il vous ait choisi pour exprimer en vous sa vie, et faire voir en vos actions une image de sa servitude, de ses humiliations, de sa pénitence et de ses souffrances.

Pour commencer saintement l'exercice de la quête, que votre intention soit toute pure : dépouillez-la de toute vue humaine, de tout intérêt; demandez l'aumône avec grand dégagement de coeur et liberté d'esprit, sans empressement ni inquiétude, si les choses n'arrivent pas comme vous le désirez. De temps en temps, renouvelez vos intentions, de peur que, par mégarde ou inapplication, elles ne se souillent de quelque poussière et de quelque désir de trop avoir.

Dès que votre bouche s'ouvre pour demander aumône, que Dieu soit premièrement sur vos lèvres. Selon les saintes instructions de votre séraphique Père, commencez par ses louanges, disant : « Soit loué et remercié Notre-Seigneur Jésus » Et puis, faites passer sur votre langue la charité qui est dans votre coeur, disant : Donnez-nous l'aumône pour l'amour de Dieu. » Les coeurs de ceux qui quêtent doivent être comme une fournaise, et les paroles qu'ils profèrent comme autant de flammes qui respirent les louanges divines. Demandez donc l'aumône la charité au coeur, l'humilité dans l'esprit, les louanges divines sur les lèvres, l'amour de Dieu en la bouche, et la douceur dans les paroles.

Si vous attendez à une porte, rentrez au fond de votre coeur pour y trouver Dieu ; recueillez-vous avec lui ; entrez en solitude en sa présence ; abaissez-vous devant sa Majesté ; soumettez-vous à ses divines dispositions ; soyez dans l'indiffirence pour le succès de votre demande. C'est à vous de demander, à Dieu de disposer les coeurs des bienfaiteurs, et à vous encore de vous soumettre à sa providence, soit qu'on vous donne ou qu'on vous refuse : le tout sera à sa gloire et à votre profit, si vous voulez vous accorder à ses desseins. Si l'on vous donne, louez son Nom ; si l'on vous refuse, louez encore son saint Nom : tout se fait par ses ordres et par sa conduite. Si l'on ne vous fait point de réponse, ou si l'on vous fait trop attendre, ne vous troublez pas; mais, avec calme, rentrez en vous-même ; occupez-vous et vous étonnez des résistances que vous faites tous les jours aux semonces divines, des refus, à ses amoureuses demandes. Il y a bien plus longtemps que vous le faites attendre à la porte de votre coeur. Dites avec sentiment : « Hélas ! mor; Dieu, combien y a-t-il que votre bonté frappe et je n'ouvre point; vous criez, et je fais la sourde oreille ; vous ne demandez que mon coeur, je vous le refuse. » Acceptez doucement tous ces refus, en satisfaction de ceux que vous avez faits aux inspirations du ciel.

Recevez l'aumône avec grand respect et haute élévation d'esprit. Regardez le pain que l'on vous donne comme un pain sacré : la divine Providence en a disposé le don ; la louange de Dieu le sanctifie; l'amour de Dieu le prépare ; les anges le façonnent, et la charité le présente. C'est de la main de Dieu ou des anges que vous le recevez, plutôt que de celle des hommes, puisque c'est par une inspiration céleste que ceux-ci vous le donnent.

Si vous ouvrez la main pour le recevoir, au même temps ouvrez votre coeur à l'amour de Dieu, et votre bouche à ses louanges. Aussitôt que l'aumône est en votre main , que votre langue en rende action de grâces. En ce pain qui vous est donné, admirez les douces pensées de Dieu sur vous ; soyez ravi des soins charitables de cet amoureux Père, qui vous fait recueillir sans avoir rien semé, et qui dispose si suavement les coeurs des fidèles pour soulager vos nécessités. Quand vous demandez, ne vous appuyez point trop sur votre propre industrie ; jetez toutes vos pensées en Dieu ; confiez-vous sur les soins de sa providence paternelle : le nécessaire à la vie ne manque jamais si l'on recherche premièrement la gloire de Dieu ; sa bonté sait bien suppléer au défaut de votre sollicitude.

Si les hommes vous applaudissent et vous défèrent quelque honneur, humiliez-vous en votre coeur; rapportez-en la gloire à Dieu, qui en est la cause. Ils honorent en vous celui que vous représentez ; en vous donnant, ils prétendent donner à Jésus.


V6- Quels sentiments le Frère mendiant doit entretenir vis-à-vis de soi-même.

Si la nature ressent de la répugnance à la mendicité ; si l'esprit humain en a de la honte comme d'une action trop vile, pour vous en adoucir la peine, et vous en rendre l'action agréable, pensez que, enfant d'Adam par votre nature, pécheur par vos fautes, enfant de Jésus-Christ par la grâce, et enfant de la Pauvreté par élection, vous demandez l'aumône par l'effet et dans l'esprit de chacun de ces titres.

Adam s'était élevé au-dessus de Dieu par un honteuse mendicité ; il avait reçu l'aumône du démon. Il a été chassé du jardin de délices, condamné à une mendicité laborieuse, et obligé, manger son pain à la sueur de son corps : enfant de cet infortuné père, allez à l'aumône dans un esprit humilié ; abaissez-vous volontiers devant les hommes, qui sont quelquefois moindres que vous ; rendez à Dieu, par une mendicité laborieuse, l'honneur que vous lui aviez ravi par une honteuse mendicité, en la personne de ce premier père des hommes.

Comme pécheur, ayant ôté l'honneur à Dieu votre souverain, vous devez satisfaire sa justice. Puisque vous l'avez offensé devant les hommes, soyez bien aise de paraître pauvre, nu, déchaux, , comme pénitent public. Portez en cet esprit le froid, la chaleur, le travail, les mépris, les refus qui sont inséparables de votre office.

Comme enfant de Jésus-Christ selon la grâce, vous devez l'imiter. Il s'est rendu mendiant pour vous sauver ; rendez-vous aussi mendiant pour l'honorer. Allez à l'aumône dans un esprit d'anéantissement, comme lui ; abaissez courageusement votre coeur à cet exercice, qui lui paraît peut-être trop bas et trop vil ; écrasez toutes les répugnances des sens ; mortifiez les contradictions de la nature ; liez-vous à Jésus-Christ mendiant : il vous donnera des grâces pour faire cette action avec générosité et triompher de vous-même.

Enfant de la sainte Pauvreté par élection, allez à l'exercice de la mendicité avec allégresse. Cette action est d'une dignité royale : Jésus l'a ennoblie par lui-même ; il n'y a point de bassesse à imiter un Dieu. Si elle vous abaisse devant les hommes, elle vous élève devant les anges ; ils comptent tous les pas que vous faites. Vos marches sont autant de semences de gloire : allant par les rues, vous semez en larmes, en peine et en travail ; mais vous recueillerez en joie. Si la gloire est promise à la mendicité, n'ayez point de honte d'une action qui est le gage de votre béatitude. Il n'y a pas loin d'une quête au ciel; on passe facilement, du milieu d'une rue où on demande l'aumône, sur le trône des anges. Souvenez-vous des paroles de votre bienheureux Père ; dites-les dans le même sentiment : « Oh ! que c'est chose douce de mendier sous le titre de Frère Mineur, que Jésus a si bien exprimé en son Évangile ! après avoir été associés à ses abaissements, nous serons participants de ses triomphes »

Puisque votre ministère vous oblige de paraître en public et de converser souvent avec les hommes, faites de votre intérieur une sainte solitude où il n'y ait que Dieu et vous. Que votre coeur s'unisse à son Coeur, et votre esprit à son divin Esprit. Ne permettez pas qu'aucune créature pénètre dans cette retraite ; fermez tous vos sens : ce sont les fenêtres par où les objets créés font couler leurs images dans l'âme.


V
7- Quels sentiments le Frère mendiant doit entretenir à l'égard du prochain.

Soyez animé d'un zèle divin pour le salut des bienfaiteurs. Établissez solidement en vous cette résolution, de rechercher leur profit spirituel plus que leur aumône. Ayez plus de soin de remplir leurs coeurs du saint Amour, que vos mains de leurs largesses. Par un devoir de justice, puisque la pauvreté vous met hors d'état de reconnaître temporellement leurs bienfaits, vous leur devez, et ils demandent de vous l'exemple pour régler leurs moeurs, les dévotes paroles pour se consoler, les prières pour obtenir de Dieu les biens de la grâce.

Quand vous entrez dans le lieu de la quête, pensez que Dieu vous envoie comme un prédicateur, qui doit annoncer Jésus-Christ. Toutes vos actions doivent être autant d'images de ses vertus ; parlez comme s'il parlait par votre bouche ; opérez comme s'il agissait par vous. Quand vous quêtez, il est en vous d'une présence singulière, non seulement par sa grâce, mais par le mystère de sa mendicité, qu'il continue en votre personne: vous devez donc être, comme dit saint Paul, la bonne odeur de Jésus-Christ ; que toutes vos actions, vos oeuvres exhalent le parfum de ses divines vertus.

Votre profession vous ayant fait citoyen du ciel, que votre extérieur en exprime la paix et la joie ; qu'il enseigne les règles de toutes les vertus; que les hommes, en vous voyant, soient édifiés ; qu'ils apprennent de votre composition la modestie, la retenue des sens, la mortification; que votre austérité anime les délicats à la pénitence; que votre pauvreté amène les avares au mépris des richesses.

Quand il est nécessaire, entrez dans les maisons comme un ange de la paix ; dites, selon qu'il a été révélé à votre séraphique Père : « Dieu vous donne sa sainte paix ! o Si la charité demande quelque entretien avec les séculiers, traitez avec eux comme les anges font avec les hommes, sans communiquer à leurs faiblesses. La pauvreté vous ayant rendu héritier de la gloire, parlez-leur un langage du ciel, non pas de la terre. Ayez dessein de toucher le coeur plutôt que de contenter l'oreille ; éloignez de vos paroles celles qui sont étudiées, qui ne ressentent pas la simplicité ; qu'elles soient conformes à votre habit. Efforcez-vous de graver Jésus-Christ dans les coeurs de ceux qui vous écoutent.

Conversez avec les personnes d'un autre sexe comme si elles n'avaient point de corps. Parlez-leur les yeux baissés, la modestie en votre extérieur, la gravité en vos discours. Que vos paroles soient dévotes, courtes et utiles ; consolez-les en  leurs peines ; animez-les en, leurs faiblesses; encouragez -les en leurs craintes ; attachez-les; Dieu en leurs défiances ; faites qu'il vive en leurs coeurs.

Souvenez-vous que les fidèles ne vous donnent que pour recevoir de vous ; s'ils vous secourent de leurs biens temporels, ils espèrent de vous les richesses de la grâce par l'efficacité de vos prières. Si l'aumône passe de leurs mains dans la vôtre, que votre coeur aussitôt monte devant Dieu tout ardent d'amour, afin de leur obtenir les biens de la grâce pour le présent, et ceux de la gloire pour la vie future. L'aumône est un sacrifice : les dons des fidèles sont les victimes ; vous êtes le sacrificateur, et votre coeur est l'autel sur lequel elles doivent être immolées. Offrez-les comme autant d'hosties de bonne odeur à la Majesté divine ; unissez votre amour aux voeux des bienfaiteurs, vos prières à leurs demandes : baignez de vos larmes leurs offrandes, afin qu'elles soient plus agréables à Dieu, et plus puissantes pour obtenir les grâces qu'ils désirent.

Revêtez votre coeur de la charité de Jésus- Christ, et votre corps de sa patience, comme dit saint Paul . Conduisez toutes vos actions et vos paroles selon les règles de ces deux vertus, que ce divin Maître vous enseigne. La charité l'a fait compatir avec amour aux faiblesses des hommes; la patience lui a fait souffrir avec douceur leurs persécutions, leurs mépris et leurs injures. Ayant ,donc à traiter avec toute sorte de personnes, que charité vous rende doux, humble, compatisant à leurs diverses humeurs ; la patience généreux pour supporter les refus ou les rebuts avec joie.


V8- Quels sentiments le Frère mendiant doit entretenir à l'égard de ses Frères.

Ayez une haute estime de la communauté dont ous avez besoin. Regardez les Frères qui la composent, aussi bien les petits que les grands, avec un oeil de respect. Ne considérez pas en eux les piaillés ou les défauts qu'ils peuvent avoir comme hommes ; voyez ce qu'ils sont par la grâce et la bonté de Dieu. Les uns appartiennent au divin sacerdoce de Jésus-Christ, qui leur donne la atissance de consacrer sur nos autels son corps naturel, et leur confie son corps mystique, c'est­a-dire les fidèles, auxquels ils ont à dispenser les mystères qui les sanctifient et la parole qui les instruit. Les autres lui sont dédiés, comme autant d'anges sur terre, pour publier jour et nuit en son saint Temple ses louanges divines , et faire un concert semblable à celui des anges du ciel ; eltous, aussi bien le dernier que le premier, sont Jésus-Christ comme des membres unis à leur Chef par la Foi, ou comme des enfants à leur Père par la grâce, ou comme saints à leur sanctificateur.

Après, donc, que les hommes vous ont donnée comme à Jésus-Christ, donnez à vos Frères comm à ses membres, ou comme à ses enfants; ou comme à ceux qui sont à lui par consécration. C'est en ceci que votre ministère est très haut. que votre fonction est toute divine, puisqu'elle termine à Dieu. Estimez-vous heureux que la divine Providence vous ait élu, et que Jésus-Christ vous emploie pour nourrir en terre les membres qu'il s'est acquis par son sang, enfants de sa dilection, qu'il a adoptés par sa grâce. Quelle gloire I Votre office est tout céleste vous entretenez des corps qui n'ont de forces que pour en faire un sacrifice à Dieu et porter en leur chair, par leur pénitence, la mortification de Jésus, et représenter au monde sa croix. Quel honneur incomparable, que le pain que vous quêtez soit employé pour conserver la vie à des bouches qui ont pour fonction de publier les louanges divines ; à nourrir des anges terrestres qui font en la terre ce que les anges célestes font dans le çiel ; à donner vigueur aux langues qui annoncent l'Évangile, et aux mains qui dispen­sent les mystères de la grâce I

En cette vue , on peut dire que vous appartenez d'une manière très spéciale à l'Église, qui ne s'occupe qu'à élever, fortifier et conserver le corps de Jésus-Christ L'âme et le corps du chrétien appartiennent également à Jésus-Christ; il les a acquis tous deux par son sang, l'âme pour lui être unie comme son épouse par la grâce, le corps pour être son temple ; il y veut demeurer substantiellement par son divin mystère, et employer ses membres, la bouche et les mains pour être les deux organes de ses deux plus amoureux mystères, l'Eucharistie e la Pénitence. L'âme a sa vie, c'est la grâce; le corps a la sienne, c'est le pain matériel. pieu, se créant des ministres, en a établi de deux sortes. Les premiers sont les prêtres, qui administrent aux âmes l'esprit et la grâce. Vous venez ensuite, vous les ministres du corps, pour entretenir le temple du Dieu vivant.

Puisque le Fils de Dieu vous destine pour nourrir ses membres et les enfants de la grâce, vous êtes leurs mères : c'est la qualité que votre séraphique Père vous donne avec une très haute raison. Sachez que Jésus-Christ a deux sortes de corps , l'un naturel formé au sein de la Vierge, l'autre mystique formé en ses plaies sur le Calvaire : celui-ci est son Église, composée de fidèles. Ces deux corps ont leurs nécessités : le premier a souffert la faim, la soif, la nudité ; le second souffre aussi, dans les pauvres, toutes ces incommodités. Jésus-Christ a voulu avoir deux mères : Marie, sa mère et nourrice, lui a donné d'abord son lait, puis tous les autres aliments jusqu'au temps de la vie apostolique de son Fils ; la Pauvreté a succédé ensuite à cette divine Mère dans ce soin. Or, admirez le conseil de Dieu sur vous, et quelle est votre dignité : vous succédez à Marie au regard au corps mystique du Sauveur ; vous en êtes les mères charitables • su; membres ont faim, et vous les nourrissez ils ont soif, et vous les désaltérez ; ils sont nus, et vous les revêtez.

Étant mères, vous devez avoir pour eux la même tendresse que Marie pour Jésus-Christ. Avec quel amour le préservait-elle de la faim du froid et de la nudité, sachant qu'il était son fils ! Avec quel sentiment de piété le servait-elle sachant par les lumières de foi qu'il était son Dieu!

Pesez bien cette grande vérité, publiée par le Fils de Dieu, que, de Marie où il est né, il passe en la personne des Pauvres, et que la faim et les autres incommodités qu'il a eues en sa vie mortelle, il continue de les avoir en eux. Quel amour devez-vous avoir pour vos Frères ! Jésus est pauvre en eux ; ils sont ses membres ; et vous êtes leur mère ! Quelle compassion ! c'est lui qui souffre en eux.

Ayez une grande ouverture de coeur pour eux tous ; qu'ils viennent à vous sans peine, et vous découvrent leurs besoins avec la confiance des enfants qui manifestent leurs infirmités à leurs chères mères. Ce qu'ils ont laissé dans le monde pour l'amour de Dieu, faites-le-leur rencontrer dans votre coeur ; c'est- à-dire, qu'ils y trouvent l'affection d'un père, la tendresse d'une mère, et l'amour d'un frère. Or, « si la mère doit aimer, nourrir et servir son enfant charnel , avec combien plus dé diligence chacun doit -il aimer et servir son frère spirituel! » dit notre Père saint François.

Concevez bien cette haute instruction de votre père séraphique : les mères ne sont liées à leurs enfants que par un lien de sang ; leur amour n'est fondé que sur la chair. Les liens qui vous unissent à vos Frères sont d'un ordre bien plus élevé ; ce sont les liens de l'esprit et de la grâce, et c'est le sang de Jésus-Christ qui les a formés. Si donc la grâce est au-dessus de la nature, si la charité est un principe plus puissant que le sang et la chair dans les mères, elle vous doit inspirer plus de tendresse et plus d'amour pour vos Frères, que la nature n'en impose aux mères charnelles pour leurs enfants.

Que votre charité redouble ses ardeurs pour les faibles, les infirmes et les malades ; revêtez- vous à leur égard des entrailles de Jésus-Christ, qui sont celles de la miséricorde.

Ne sortez point du couvent sans que la charité vous ait fait faire un petit voyage de piété aux infirmeries. Entrez dans les chambres comme en un petit Calvaire : la couche en est la croix, et Jésus-Christ souffre en celui qui est malade. Toutes les plaies que cet infirme porte en son corps, et les douleurs qu'il ressent en sa chair, sont autant de bouches par lesquelles le Fils de Dieu demande secours. Donnez-lui audience avec patience ; écoutez avec douceur ses demandes ; ouvrez votre coeur à ses prières ; promettez-lui votre assistance. Si la pauvreté vous met dans l'impuissance de donner ce que l'on vous dans mande, l'amour qui brûle en votre coeur doit passer sur vos lèvres : contentez votre Frère Par vos paroles ; montrez qu'il y a impossibilité, et non pas défaut de volonté. Assurez-le que la charité vous donnera assez d'inventions pour trouver les moyens de le satisfaire.

Si la charité vous sépare pour longtemps de la chère présence de vos Frères, rappelez-vous que l'âme est là où elle aime, et que la charité peut réunir ce que la charité divise. En conséquence, soyez présent d'esprit au choeur avec vos Frères, si vous n'y pouvez pas être de corps ; unissez- vous à leur piété qui prie, à leurs coeurs qui aiment, à leurs bouches qui chantent les louanges divines.

Ce n'est pas sans un combat d'amour, selon saint Bernard, que les âmes épouses du Verbe et les bons religieux quittent les saints entretiens de leur Bien-Aimé pour entrer dans la conversation des hommes (3). Si donc il semble que la charité vous fasse vous oublier vous-même pour servir les autres, ne craignez point : cette divine vertu, qui est prodigue de ses intérêts, saura bien vous rendre avec usure ce que vous paraissez perdre. Ne composant qu'un corps avec vos Frères, et ne travaillant que pour le soutien de leur vie, il se fait une mutuelle communication entre vous et eue; ils vous transmettent quelque chose de leur lustre et de leur grâce, pour compenser par un équitable retour les avantages qu'ils tirent de votre assistance ; ayant des soins pour eux, vous pure fonctions : vous prêchez dans les prédicateurs, vous chantez en ceux qui psalmodient, vous opérez en ceux qui travaillent, et, par un miracle de la charité, vous êtes tout en tous , puisque vous travaillez pour tous.


V9-Quels sentiments le Frère mendiant doit entretenir au sujet  de la très sainte Pauvreté.

La Pauvreté est la mère qui vous a donné l'être et la reine qui vous doit régir. Fils et serviteur, vous lui devez amour et obéissance. '

Comme fils, aimez-la d'un amour tendre, cordial et filial ; tâchez de lui être semblable en toute chose ; ne faites rien qui dégénère du caractère le ses enfants ; ne lui donnez pas sujet de se plaindre de vous et de dire : J'ai donné le jour à des enfants qui me méprisent, me déshonorent, et sont honteux de me suivre.

Comme serviteur, vous devez obéir à ses lois, suivre ses règles , exécuter ses ordres. Considérez cette importante vérité : La Pauvreté confie tous ses intérêts aux mains des quêteurs ; vous êtes dépositaire de son état et de ses droits : il dépend de votre fidélité de conserver son empire ou de le ruiner. Soyez donc animé d'un saint zèle pour la conservation de ses intérêts ; suivez exactement sa règle ; restez ferme en la vigueur de son esprit. Elle vous demandera quelque jour compte de tous les relâchements, si vous en ètes la cause. Que la charité et la pauvreté s'unissent donc en toutes vos demandes : la charité demandera le nécessaire ; la pauvreté retranchera le superflu.

Puisque le Fils de Dieu vous a fait cet honneur, de vous admettre dans la famille des Pauvre; volontaires ; puisqu'il vous a chargé du soin de pourvoir à ses besoins, concevez bien derechef cette vérité : Que la religion des Frères Mineurs est singulièrement fondée sur la charité et la pauvreté; sa prospérité dépend de l'état de ces deux vertus : la charité est un fonds d'or, la pauvreté est la pierre angulaire établie sur ce fonds ; le temple des Pauvres volontaires n'a que ces deux appuis ; s'ils tombent, il faut que la religion périsse.

Si la charité est la mère de toutes les vertus, la pauvreté est sa fille aînée. L'une dépend de l'autre : si la charité meurt, la pauvreté perd la vie. Dès que la charité se relâchera, la pauvreté s'affaiblira ; du moment où la charité ne donnera plus le nécessaire, la pauvreté deviendra propriétaire. Ne divisez donc jamais ces deux vertus : leur bonne intelligence assurera l'éternelle fermeté de la religion.

Votre quête est-elle achevée, rendez aussitôt vos actions de grâces à Dieu; remettez-vous en la compagnie de Jésus pour retourner en votre monastère. Durant le chemin, admirez les douces pensées de la Providence sur vous ; aimez une bonté si aimable, qui a eu pour vous en ce jour tant de soins paternels.

Entrant au couvent, que votre bouche éclate en bénédictions : « Soit loué et remercié Notre-Seigneur Jésus-Christ » Incontinent après avoir déposé la besace, allez, comme enfant du Très- Haut, adorer votre céleste Père en son trône d'amour, qui est l'Eucharistie. Là, remplissez-vous de ses dons autant que vous avez pu vous en épuiser dans les divertissements de la quête ; attachez-vous derechef à ses divines mamelles ; rentrez par l'oraison dans l'union de son Coeur, si vous sentez qu'elle se soit affaiblie ; tâchez de l'honorer autant que vous l'avez offensé dans la ville ; acquittez-vous des promesses faites aux bienfaiteurs ; offrez à la bonté divine leurs voeux et leurs besoins. De ce trône d'amour où Dieu vous entend, il vous embrassera et vous recevra en son sein comme son enfant, et il couronnera vos travaux de ses grâces, qui sont le gage de la gloire future.

— (3)
RÉFÉRENCES
— (1) Ego autem mendicus sum et pauper. (Psalm. xxxix, 18.)
— (2) Propter vos mendicus factus est. (II Cor., vin , 9; Ter­)
— (3) Bern., serra. ult. super Gant.

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre

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