Nous avons parlé jusqu'ici des trois âges de la vie intérieure en les considérant non pas sous une forme amoindrie, mais selon la description que nous en donnent les plus grands spirituels, en particulier saint Jean de la Croix. Nous avons ainsi parlé de la contemplation infuse des mystères de la foi et de ses degrés sans traiter des grâces extraordinaires qui parfois l'accompagnent, mais en sont fort distinctes . C'est d'elles qu'il faut maintenant nous entretenir.
Pour procéder avec ordre, nous verrons d'abord ce que nous dit saint Paul de ces grâces, qu'il appelle des charismes, et comment son enseignement est expliqué par saint Thomas d'Aquin. Nous parlerons ensuite des révélations privées, des visions, des paroles intérieures, des touches divines, de la stigmatisation et de la suggestion. Nous résumerons sur ces différents sujets l'enseignement classique et trouverons ainsi une confirmation nouvelle de la doctrine traditionnelle exposée plus haut sur l'axe de la vie spirituelle. L'examen des fouis extraordinaires fait mieux ressortir ce qui les distingue de ce qu'il y a de plus élevé dans la voie normale de la sainteté (1).
(i) Nous utilisons en ces derniers chapitres ce que nous avons déjà écrit sur ces questions dans un livre antérieur paru en 1923, Perfection eltréqenne et contemplation, t. II, pp. 536-56t. C'est du reste un simple résumé de ce que (lit saint Jean de la croix sur les gràccs proprement extraordinaires, et les éludes que sons avons faites depuis 1923 n'ont fait que confirmer ce que nous disions alors sur ce sujet