+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.


Ermite laique consacrée
par voeux publics
  mère et grand-mère.

Dans le diocèse de Rimouski..  Qc.Canada

ermite franciscaine consacrée par voeux  public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous l'obéissance de Mgr Pierre André Fournier et amis de ma famille. 
et ami de ma famille depuis quelques années

Je suis une ermite franciscaine qui a été mariée, séparée, divorcée et mon mariage a été déclarer Nul et Invalide, , et je suis aussi mère et grand-mère. J'ai 2 fils et 3 petits fils.

-Ma consécration est pour:
- Ma famille- et les membres o.f.s.- mes amis (es)
- Mes Fils spirituels
- Mes prêtres vivants ou décèdés du monde
- Toute personne qui fait une demande soit en personne ou @, ou Skype et Nsm



DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À DEVENIR PRÊTRE?

LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE

Visite notre site internet : http://devenirpretre.org/

Titre de la série :
Mes Cloitres dans la tempête
Titre de la page:
La voie douloureuse
Nom de l'auteur:
Frère Martial  Lekeux franciscain

III
La voie douloureuse.

Alors ce fut le douloureux calvaire : traites interminables dans la poussière des routes, de plateau en plateau, et vers des horizons sans cesse reculant, torture des pieds endoloris dans les souliers trop neufs, des épaules laminées sous la sangle des courroies, des gorges qui brûlent, pleines de pous­sière, martyre de la chair vaincue, qui ne peut plus, qui ne veut plus marcher.

Sur les seuils, tout le long du trajet, des regards déçus, chargés de stupeur, d'inquiétude et parfois d'ironie.

— Alors, vous êtes battus?
— Vous les laissez passer?
— Ce sont des lâches...

Et nous baissons la tête... Comme Toi, ô Christ béni, il nous faut, jusqu'au bout, boire le calice pour racheter la terre : l'ignominie après le sacrifice ennemi qui suivait la colonne. Et celle-ci s'étirait, laissant un sillage de tralnards, d'éclopés, de déchets misérables.

Comme un chien de berger, je parcourais la ligne, tournant autour de ce troupeau, cherchant à faire serrer, à empêcher les lâchages, simulant une énergie que je n'avais plus moi-même, aiguillonnant sans relâche ce qu'il y avait encore de volonté là dedans : « Allons, les anciens ! courage !Dans une heure nous sommes à Waremme, où nous coucherons dans la paille. » Alors, les cous se tendaient pour un nouvel effort.
— C'est là, derrière cette crête!  Allons ! En avant ! Les Allemands sont derrière !

Hélas ! la crête atteinte, une autre se présentait, très loin à l'horizon. Waremme, le cantonnement promis, était bien loin encore.

« C'est là ! Ce qu'on va dormir, hein? » — Nouveau coup de collier, puis... nouvelle crête, et devant le regard désespéré, la campagne morne qui fuyait, vers de nouveaux déboires.

Alors on s'arrêtait, dans un gémissement ; les hommes jetaient sur la chaussée leur fourbi, puis leurs armes ; ceux qui étaient au bout de leurs réserves de vie obliquaient vers le talus, roulaient vers le fessé, et là, comme des masses, se laissaient choir, en tas, et ronflaient.
— Allons, les gars ! un petit effort ! Les Prus­siens sont là !
— Ça m'est égal... répondaient les voix douloureuses.

J'en pousse un du pied

— Allons! debout, tonnerre !

L'homme étend ses deux bras en croix sur le galon

—J'peux plus, j'aime mieux crever... j'peux plus, j'peux plus... répète-t-il en balançant la tête, les yeux fermés.
— Laisse-les, me dit le major. Qu'ils tirent leur plan : il n'y a rien à faire.

On marche ... Mes tempes bourdonnent, une douleur me tenaille les membres ; dans l'ombre envahissante du soir, les campagnes s'écroulent devant mes yeux peuplés de vertiges. Mon Dieu, vais-je moi aussi tomber? Soutiens mes forces, mon Seigneur ! Miles Christi! Les deux lettres dorées brillent sur la poignée... Oh ! oui, souffrir pour Toi... Tu as, ô mon Amour, souffert ainsi pour moi sur la voie douloureuse. Souffrir, et T'offrir ma torture comme un dernier présent de mon être en détresse... En avant ! Non, je ne tomberai pas — je ne veux pas tomber, si ce n'est mort !... Et je répète, les paupières fermées, la parole de l'Apôtre : « J'achève en moi ce qui manque à la passion du Christ ! »

On marche ... La nuit s'est faite. Les arbres noirs défilent lentement dans le gris, comme un roeuiro de douleurs... Je pense : au cantonnement l'officier a droit à un lit... Un lit ! Coucher dans un lit QCette image se fixe comme un mirage devant mes yeux fermés, et je m'en vais maintenant, vers cette basse vision, comme le chien de la caricature qui court après la saucisse. Et — je le confesse à ma honte je me plonge sans vergogne dans l'abjection de cette sensualité, dernière ressource de ma chair aux abois.

Minuit.

—Halte
— Un officier à cheval. Qu'y a-t-il?
— Les Allemands sont à Waremme, dit l'officier. Retraite coupée...

On marchait, un marchait... sans but, droit devant soi, stimulé par le ronronnement d'un avion
— Damnation ! crie le colonel... Alors?...
— Attendez des ordres.

C'est l'effondrement. Le dernier ressort a sauté. Nous ne sommes plus que des ballots inertes.
— N'y a-t-il pas un village par ici?

Rien : la nuit sans lune dans les vergers où court une traînée blanche de brouillard.
— Nous allons crever, fait une voix.

Et l'on attend, le long des haies... une demi-heure mortelle, une heure. Alors un ordre bref se propage, cruel :
— Bivouac dans les vergers.

On n'a plus de couvertures je n'ai pas de manteau. On pousse les hommes, comme un bétail, dans le pré tout humide ; j'installe les miens, au hasard, sous les arbres... Et alors, comme un bloc, je m'écroule dans l'herbe, et le sommeil m'assomme.

Le clairon I Rassemblement 1...

Déjà?... Il n'y a pas deux heures que nous sommes au repos ! Je soulève la loque de mon corps, mes membres craquent, je frissonne, je suis glacé. En me tâtant, je constate que je suis tout mouillé : j'ai dormi dans le ruisseau!

Et l'on recommença à marcher...

L'aube grise se leva sur les colonnes grises qui traînaient sur les routes leur pas ankylosé : longues files indolentes de corps flasques aux yeux rouges, bouffis de sommeil.

Devant nous, des coups de feu : c'était la cavalerie qui déblayait le terrain, dispersant les uhlans qui inondaient le pays.

Nous marchions maintenant dans des traverses caillouteuses où les talons disloqués se blessaient à chaque pas un peu plus, dans des chemins creux surchauffés où les pieds soulevaient des vagues de poussière qui, entre les talus, se condensaient en nuages opaques.

On allait, harcelé par les pointes ennemies, qui surgissaient soudain sur les crêtes, menaçant le flanc des colonnes, envoyant dans nos rangs quelques volées de balles : et à chaque surprise, dans la bande en désarroi, un flottement se faisait, parfois une débandade de troupeau de moutons où l'on jette une pierre. La marche , scindée d'à-coups, devenait irrégulière ; les colonnes s'enchevêtraient dans les villages. Soudain, au milieu d'un hameau, toute la cavalerie du général de Witte nous traversa au galop, dans un tourbillonnement de culottes rouges devenues rose saumon soue leur housse de poussière.

Alors ce fut un beau gâchis. A la sortie, le major se retourna : une cinquantaine d'hommes nous suivaient encore ; nous étions deux mille au départ !
— Sacristi ! dit-il. Où sont les autres?
— Hem !... au diable — je vais voir.
— Non, écoute, c'est inutile : on rassemble tout de même le tout à Hannut où la colonne va se reformer.
— Ah ! On va donc s'arrêter?
— Oui.

S'arrêter I Enfin le cantonnement ! ... Ne plus marcher I quel rêve !

Voici Hannut... Dans une large vallée, la grosse bourgade étale ses maisons accueillantes. Jérusalem ! ... Un lit !

Dans les rues c'est un tohu-bohu. Les chariots du corps de transport obstruent tous les passages, la place est un campement, bourré d'autos, de camions, de fourragères ; les chevaux à l'anneau mâchent l'avoine, goulûment, les hommes dorment sur la paille entre les véhicules, les patates cuisent dans les gamelles sur des foyers improvisés.

J'aperçois le commandant Raulier, des listes dans la main gauche, la craie à la main droite, occupé à marquer des chiffres sur les portes.
— Tu es indécent, Lekeux, me dit-il.
— Qu'y a-t-il, commandant?
— Viens ici.

Très sérieusement, de son bout de craie, il marque sur mon collet les étoiles qui lui manquent.

— Ah te voilà habillé maintenant. Va te balader, et puis nous prendrons une grande goutte ensemble.

Jusqu'au soir on fut sur les dents, à rassembler le personnel qui affluait de partout, attiré vers le bourg par l'appât du mot magique : « On cantonne ! s, à chercher des locaux, à acheter de la paille, à caser tout ce monde hébété.

Une fusillade éclate. « Les Allemands I » Débâcle générale : les hommes tourbillonnent, les conducteurs sautent en selle, bousculent les fantassins, les voitures s'enchevêtrent, se calent par blocs entiers, embouteillent toutes les voies... Des pa­trouilles partent en courant.

Au bout de cinq minutes c'est fini : trois uhlans ont voulu faire le malin — on les a abattus.

Et enfin je pus songer au lit tant convoité. Muni de mon billet de logement que je serre comme un talisman, je m'en vais frapper à une proprette maison.
—Une chambre disponible?
— Oui, monsieur.

Je pique dret vers le lit, et, tout habillé, me jette dans les draps. Je ferme les yeux — détente.

J'y suis à peine qu'on frappe. Je grogne.

— Y a pas une place ici pour dormir? fait une grosse voix vannée.
— Non.
— M... ! alors.

C'est un piotte (1), qui titube harassé, courbé sous le havresac.
— M... ! répète la voix, d'un accent de désespoir... Est-ce que j'peux pas me met' sur le tapis?
— Mais allez donc voir au bureau de cantonnement.
— Y a pus une place à. trouver ! Misère de misère! Voilà quat' jours qu'on s'bat et qu'on s'balade, et j'peux pas encore avoir un coin pour dormir. Sacré milliard de m... !

J'ai pitié de sa détresse.
— Allez, viens mon vieux, y aura bien place pour deux.

Le havresac vole dans un coin, et, sans un mot, l'homme se coule près de moi.
— Dominique, fait une voix dans l'escalier.
— Ouais !
— T'as trouvé qué'qu' chose?
— J' t'écoute, y a du bon.

L'autre entre.

— Y a d'la place ? C'est plein, mon vieux.
— Ah ! m ..., alors !
— Allons, dis-je, amusé, viens par ici, il y a encore un coin.

Il jette son fourbi, enjambe nos deux corps, et m'écrase de sa masse.

Tous deux ronflent maintenant comme des contrebasses. La chaleur devient intense ; je suis dans un étau, je suffoque... Non, ce n'est pas tenable. Doucement, je saute du lit et m'étends sur le tapis, les yeux ouverts dans l'ombre...

L'excès de la fatigue m'empêche de dormir, mais j'ai l'âme tout heureuse d'avoir fait ces heureux, et, dans le ronronnement énergique de ces corps satisfaits, tandis que je me retourne sur mon ingrat sommier, je me surprends à rire de me trouver si bête !

Je m'éclipsai de bonne heure, pour n'avoir pas l'air idiot devant mes deux gaillards, et j'allai à l'église.

Jamais la caresse mystique ne me parut plus douce.

III

8 août.
— Et de bonne heure, on se remit en marche .

Une sourde révolte fermentait.
— On nous a expulsés du cantonnement, pour les piottes...
— J'ai roupillé su' l'trottoir !
— On s'fout de nous !
— Pas reçu un quart de pain depuis qu'c'est la guerre !
— J'marche plus, nom de bougre !
— Les officiers, ils pioncent dans des lits
— N'ont qu à faire la guerre tout seuls.
— Ce sont des traîtres !...

Des désertions se produisaient, des groupes s'arrêtaient, refusant d'obéir.

On dépassa les bivouacs de l'armée de campagne, qui, le long de la Gette, attendait le choc. Ils avaient leurs cuisines, ceux-là, leurs patates chaudes, leur paille, leurs couvertures. Et nous, les misérables, nous regardions pleins d'envie cette abondance.

Dans les villages, les rangs se débandaient ; ces affamés se répandaient dans les maisons pour trouver à manger, et beaucoup y restaient, vautrés dans les lits ou la paille.

Enfin on s'arrêta au bourg de L'Écluse. Trois heures d'attente dans les rangs achevèrent de démoraliser les troupes.

On me donna six cents hommes à loger dans un hameau de huit maisons, à un kilomètre du village.
— Encore marcher ! grommellent les voix... Comme je formais les groupes, le chef d'installation revint.
— Lieutenant, il y a à peine place pour cent hommes dans ce trou.
— On s'fout de nous ! mille tonnerres ! grognent les rangs, qui s'agitent...

Le fourrier apparaît.
— Lieutenant, le ravitaillement n'arrivera que demain.

Alors la révolte éclata.
— À bas l'armée ! On fout le camp !

La troupe se disloque, on jette les armes... Je sens le moment critique.

Je lève mon âme vers Dieu, et, tendant tous les ressorts de mon énergie, les poings serrés, brutal, dressé, impérieux, je hurle :
— Halte !

Un instant d'interdiction... J'en profite, dégaine mon browning, et, d'une voix cassante, je commande :
— A vos rangs! Le premier qui dit un mot, je lui brûle la cervelle !
— Sacré mille nom de..., vocifère un colosse ; menaçant, l'arme au poing, il fait deux pas, épaule, me met en joue.

J'avance droit sur lui, le pistolet braqué ; j'appuie sur la détente... Une seconde... Avant que le coup ne parte, nomme a reculé dans le rang. A deux pas, devant lui, je le regarde dans les yeux son regard soutient le mien, haineux, pendant deux secondes, puis se dérobe... J'ai gagné. Un silence mortel s'est fait le long de la ligne.
— Les gradés !
— Premier chef, prenez le premier peloton : cent vingt hommes, ferme L... Maréchal des logis, deuxième peloton, quatre-vingts hommes, ferme N...

La répartition achevée :

— Maintenant, écoutez. S'il n'y a pas de place, vous en ferez : vous prendrez toute la paille, vous en mettrez au besoin dans les chambres, les cuisines, les greniers, partout. Vous réquisitionnerez tout ce que vous trouverez de nourriture chez l'habitant. S'il en manque, vous tuerez des cochons. Je passerai tout à l'heure pour payer. Et si le paysan refuse, vous l'enfermerez dans la cave, compris?

Des sourires s'allument sur les visages...

J'accompagne moi-même le plus fort peloton . Un fermier madré me reçoit.
— Cent cinquante hommes à loger, lui dis-je.
— Y a place pour trente, dans la grange .
— Et cette remise?
— Ah ça ! mes chariots sont dedans.
— Sortez vos chariots.
— Impossible.
— Nom de diable ! Sortez vos chariots ! et tout de suite !

Cela fait trente places de gagnées.
— Le grenier?
— Mais toutes mes provisions sont dedans !...
— Ouvrez !
— ... Je n'ai pas la clef.
— Maréchal des logis, vous enfoncerez à coups de ciroaae tous les locaux qui ne vous seront pas ouverts de bon gré, jusqu'à ce que tous vos hommes soient logés... Et si ce saligaud rouspète, vous le flanquerez dans son puits, la tête en avant. — Compris? dis-je en lançant au bonhomme un regard de Bédouin.

Le ladre, atterré, capitule sur toute la ligne.

Je fais le tour des logis : grâce à d'énergiques mesures, tout le monde a son coin, les repas se préparent. Alors je vais au mien : une petite ferme château à l'entrée du hameau.

Une vieille dame me reçoit en souriant.
— Auriez-vous où me loger, madame?
— Oh! certainement, entrez done, lieutenant.

Elle m'introduit, je m'affale sur une chaise... -- Madame, excusez-moi... je suis brisé.
— Pauvre! Pauvre! fait-elle, d'une voix qui gémit.

Vite, elle sort, et revient portant des œufs, des biscuits, une bouteille de vieux Bourgogne .

— Prenez cela, cela vous remettra...

Maternelle, elle s'assied près de moi, prend ma main et murmure comme dans un rêve :

— Pauvre enfant... oh ! pauvre enfant !...

Alors, dans la tendresse de ce regard, dans la larme qui perle au coin de la paupière, je vois... je comprends.

— Vous avez des fils à l'armée, madame?

— Mon fils Maurice est officier comme vous, dit-elle... Il vous ressemble.

Une larme coule sur la joue ridée... Elle me montre le portrait de Maurice.

— Pourvu qu'il ne souffre pas trop, le chéri... Mon Dieu! pourvu qu'il en revienne au moins. Je la console comme je peux :

— Soyez sans crainte, madame. La guerre, ce n'est pas si terrible que ça, voyez-vous... seulement un peu fatigant.

Je retourne à mes hommes, ravigoté par les cor­diaux de ma « mère ». La moitié ronflent dans le foin, les autres, attablés dans les cuisines avec les paysans, s'empiffrent à coeur joie, chantent et font la fête. On crie : « Vive le lieutenant ! Dans une maison; les soldats m'invitent à leur table, et je bouffe une monstrueuse tranche de lard sur un bloc de pain bis. Mens sana in corpore sano. Que l'homme est donc un être misérable !

Rentré à la maison, j'y trouvai la table dressée.
— Oh Madame, veuillez m'excuser... Je viens de dîner à table d'hôtes... Pardonnez-moi, mais... j'aurais tant besoin de dormir.
— Pauvre enfant !
— Je suis désolée de ne pouvoir vous offrir de chambre : trois officiers supérieurs viennent d'arriver, ils ont tout retenu... Mais j'ai pris les meilleurs coussins, poursuit-elle tout bas, ét j'ai dressé un lit au salon pour vous : j'ai mis deux matelas l'un sur l'autre, pour que vous soyez bien...

— Vous êtes une mère pour moi, madame. Elle sourit. Une chose pourtant lui reste sur le coeur.
— Vous ne dînerez donc pas?
— Madame...
— Dites, faites-moi le plaisir de prendre au moins ceci : c'est une crème que j'ai faite moi- même pour vous... C'était son dessert favori, ajoute-t-elle en confidence.

Je compris que je lui ferais une grande peine en ne mangeant pas sa crème.

Je me mis à table ; et alors, en me regardant, elle commença à sangloter, doucement... Et moi aussi, ma foi, je pleurai, tout en mangeant la crème de Maurice encore chaude, car je pensais à un autre foyer où une tête chère, à cette heure, pleurait aussi peut-être...

Elle me conduisit au salon,
— Dormez bien, mon enfant, me dit-elle en se retirant.
— Merci, madame, bonsoir. Bonsoir,... maman, repris-je en baisant sa main parcheminée.

Et ce soir-là, très sage, je me couchai avec un baiser de mère au front...

Références

(1) Piotte est le nom du fenteeein belge

1
11
2
12
3

Martial-Lekeux-o.f.m.-L-agonie-de-Liege.html

13
4
14
5
15
6
16
7
17
8
18
9
19
10
20